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Quelle retraite? Les jeunes attendent avec impatience le rapport D'Amours

16/04/2013 11:45 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT
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Nous attendons avec impatience le dévoilement, d'ici quelques jours, du rapport D'Amours qui doit livrer un examen du système de retraite québécois et proposer des pistes d'action. Nous espérons que le rapport fera de l'équité intergénérationnelle une considération majeure et qu'il établira des bases solides pour un débat de société, urgent, sur l'avenir de nos régimes de retraite.

Les jeunes prennent actuellement conscience de l'importance de l'enjeu; il est primordial qu'ils s'impliquent de plus en plus dans ce débat et ils devront nécessairement être parties prenantes des décisions qui toucheront de façon considérable leurs revenus présents et futurs.

Ce blogue est co-signé par:

- Philippe-Olivier Giroux, président de Force Jeunesse

- Christian Bélair, Directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce

- Martin Boire, président de ENvironnement JEUnesse

- Élise-Ariane Cabirol, présidente de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec

- Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec

- Ginette Renaud, présidente du comité des jeunes de la FTQ

En effet, pièce majeure de notre filet de sécurité sociale, les régimes de retraite publics et complémentaires offrent aux Québécois des outils indispensables pour préparer une retraite décente. Or, les générations entrées sur le marché du travail au cours des deux dernières décennies voient ce système d'une importance capitale s'effriter lentement sous leurs yeux. Mis sous pression par la mauvaise performance des marchés financiers, les erreurs de gestion et l'augmentation de l'espérance de vie, plusieurs régimes de retraite voient leur cagnotte fondre alors qu'ils doivent verser des prestations pendant plus longtemps, à plus de retraités. Les jeunes sont les premières victimes de cette situation.

D'abord, ils doivent désormais débourser davantage pour bénéficier d'une couverture similaire à celle de leurs aînés. Par exemple, le taux de cotisation au Régime des rentes du Québec (RRQ) a plus que doublé depuis sa création, alors que la prestation est demeurée inchangée.

En second lieu, la couverture de retraite offerte aux jeunes est moins sécuritaire que celle de leurs aînés. De moins en moins de jeunes ont accès à des régimes de retraite complémentaires et souvent ce sont des régimes à cotisations déterminées plutôt qu'à prestations déterminées, c'est-à-dire où le risque repose sur l'individu plutôt que d'être partagé avec l'employeur et l'ensemble des cotisants.

De plus, un encadrement légal déficient permet la prolifération de clauses de disparités en fonction de la date d'embauche (dites clauses « orphelin »). En effet, là où de bons régimes de retraite complémentaires existaient, les nouveaux venus se voient maintenant proposer une alternative beaucoup moins sécuritaire et généreuse. Il s'agit d'une iniquité injustifiable qui, nous l'espérons, sera abordée par le rapport D'Amours.

Enfin, une part grandissante de la couverture de retraite repose sur l'épargne individuelle des Québécois. Le fameux REER, par exemple, offre une couverture de retraite beaucoup plus risquée qu'un régime de retraite collectif, en particulier qu'un régime à prestations garanties. Cette dépendance accrue sur l'épargne individuelle représente une perte significative de sécurité financière pour les jeunes générations.

En somme, le recul général de notre système de retraite constitue une iniquité intergénérationnelle flagrante et compromet la possibilité, pour les jeunes, de disposer d'un revenu convenable leur retraite venue. Nous espérons que le dépôt du rapport D'Amours le soulignera abondamment et donnera à ces constats la visibilité qu'ils méritent auprès des jeunes et de l'ensemble de la population.

Nous espérons, en terminant, que le rapport D'Amours ne scelle pas en vitesse un enjeu de société aussi important que l'avenir de notre système de retraite, mais marque plutôt le début d'un large débat social auquel nous nous ferons un devoir de contribuer.

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