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Déconstruire le wahhabisme pour libérer les musulmans des extrémismes

Les musulmans veulent être des citoyens réguliers et considérés comme tels.

06/11/2017 08:00 EST | Actualisé 06/11/2017 15:32 EST
Getty Images

Encore un autre radicalisé qui commet l'innommable en plein cœur de New York en faisant huit victimes et des dizaines de blessés. Il semble qu'il a été radicalisé dans son pays d'accueil, les États-Unis. Dans les années 90, ils avaient accueilli des leaders islamistes algériens, l'un d'entre eux a fait des aveux publics et pourtant les Américains continuaient à le protéger.

Ce qu'il faut rappeler, c'est que durant les années 80, l'Arabie Saoudite, avec le soutien des États-Unis, «libère» le wahhabisme pour s'opposer à l'Iran qui avait lancé sa révolution verte au moment où Khomeyni prenait le pouvoir dans son pays et s'installait à Qom, la deuxième ville sainte du pays.

Dès lors, qui ignorait que l'Arabie Saoudite a déclenché avec le «silence» approbateur des É.-U. et de la Grande-Bretagne l'une des plus meurtrières et des plus vastes idéologies que le 19e et le 20e siècle aient connues, le Wahhabosalafisme?

Religion ou idéologie?

Au Canada et au Québec, le wahhabisme et sa jumelle, la fraternité islamiste, sont comme partout ailleurs, aussi perfides que l'Albion et l'Oncle Sam qui l'ont aidée à naître et à s'étendre.

Sous couvert d'alliances et de coalitions de soutien qui ciblent les groupes sociaux originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, ainsi que tous ceux qui se déclarent musulmans, il vise en particulier les plus vulnérables en raison de leurs difficultés de s'adapter et de s'intégrer aux sociétés d'accueil. Leurs émules partent souvent de la déculturation qu'ils ont vécue dans leur pays d'origine pour offrir une identité fondée sur une idéologie meurtrière plutôt que sur la citoyenneté.

Heureusement que quelques faiseurs d'opinions considèrent que pour contrecarrer cette idéologie, les politiciens et les gouvernants doivent faire la démonstration qu'elle n'est pas privilégiée au détriment de la citoyenneté.

La seule dimension qui compte et dont il faut maintenir la portée - contre vents et marées - est de continuer à expliquer que le Wahhabosalafisme et sa jumelle la fraternité islamiste, sont des fléaux destructeurs de ce que la civilisation occidentale apporte à l'humanité ; ils remettent en question toutes les valeurs universelles acquises de haute lutte contre l'obscurantisme et la régression. Il est essentiel de toujours rappeler que les libertés individuelles, la liberté de conscience, l'égalité de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes, l'accès équitable aux mêmes chances de développement humain et de droits sociaux sont des fondements immuables des sociétés modernes.

Les lois civiles c. Les lois islamistes

Comme partout ailleurs, les porteurs de l'islamisme savent que leur idéologie est devenue un mal nécessaire. Il infeste toutes les institutions politiques, éducationnelles et sociales et malheureusement les gouvernants ne veulent pas admettre qu'il est un mal dans la société et que leur diagnostic est erroné. « Ce n'est qu'une tumeur qui ressemble à une greffe qui a mal pris et avec laquelle les Québécois s'habitueront à vivre... grâce à leurs politiques inclusives », m'avait dit un influent faiseur d'opinions.

Les gouvernements du Canada et du Québec doivent passer des intentions aux actes pour mettre un terme au terrorisme islamiste en agissant sur l'idéologie, le wahhabosalafisme et la fraternité islamiste, que ce soit celui qui s'en prend à l'intégrité morale et physique des personnes ou à leur statut juridique.

Les gouvernements du Canada et du Québec doivent passer des intentions aux actes pour mettre un terme au terrorisme islamiste en agissant sur l'idéologie, le wahhabosalafisme et la fraternité islamiste, que ce soit celui qui s'en prend à l'intégrité morale et physique des personnes ou à leur statut juridique. Ils doivent aussi mettre un terme à la création des associations, qui se déclarent caritatives, mais œuvrent sous couvert de centres communautaires culturels et autres associations de rapprochement communautaire et d'inclusion toutes menées par des ''influenceurs'' et de militants hyperactifs.

Les musulmans dénoncent ce qui est fait en leur nom...

Certains analystes, observateurs et faiseurs d'opinions privilégiés par les médias n'ont pas changé leurs grilles de lectures des organisations islamistes depuis le milieu des années 90. Leurs avis et commentaires sont de ce fait biaisés et discutables. À titre indicatif, aujourd'hui, les Wahhabosalafistes, et leurs alliés de circonstance, les frères musulmans, exigent que leur idéologie soit la seule qui représente tous les musulmans.

Ils exigent aussi que leurs revendications, même si elles sont déraisonnables, contraires aux principes de « l'islam du Juste Milieu », soient prises en considération, malgré le fait intangible qu'elles mettent à mal le bon vivre d'abord entre les musulmans et entre les Canadiens en général, les Québécois en particulier et un nombre de plus en plus croissant d'immigrants de provenances diverses.

C'est là que les musulmans sont interpelés pour dénoncer ce qui est fait au nom de leur religion, pour changer une image ternie par des pratiques et des comportements contraires avec ceux des pays d'accueil.

De grands pans des sociétés musulmanes ne veulent plus que le port du voile - hijab, djilbab, niqab, burqa - soit le vêtement d'exhibition de leurs femmes qualifiées de soumises et d'endoctrinées. Ils ne veulent plus que la question de l'halal qui revient souvent après celle du Hijab soit évoquée dans l'espace commercial et public. Ils ne veulent plus que la séparation des hommes et des femmes soit imposée dans les espaces publics. Ils ne veulent plus que l'égalité des droits entre les hommes et les femmes soit une raison qui les stigmatisent. Ils ne veulent plus que des individus sortis du néant s'autoproclament leurs représentants. Ils veulent être des citoyens réguliers et considérés comme tels.

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