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Comment gérer sa colère?

La colère est une émotion à gérer, car elle peut devenir une souffrance, un étouffement et parfois même une douleur en elle-même, c’est aussi un pont vers l’angoisse.

01/08/2017 09:49 EDT | Actualisé 01/08/2017 09:49 EDT
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Les émotions sont des signaux que quelque chose se passe en nous. Nous ne sommes pas tous des êtres colériques.

La colère est une émotion qui exprime un état de tension voire de frustration. Le corps et l'âme dans un même mouvement expriment un mécontentement qui inhibe le raisonnement, la concentration et l'instinct. D'où l'importance d'apprendre à la gérer.

Les émotions sont des signaux que quelque chose se passe en nous. Nous ne sommes pas tous des êtres colériques. Chaque réponse émotionnelle est prise dans une histoire. Notre corps a appris à réagir face aux sensations de l'âme. Certains réagissent plus par les larmes que par la colère, d'autres gardent tout pour eux et finissent par exprimer toutes les émotions par le langage du corps. Nos réponses émotionnelles expriment notre singularité. Dis-moi si tu cries ou si tu pleures, si tu es bouleversé par les angoisses ou par un manque de concentration et je te dirai ce que tu as traversé. Nos états émotionnels parlent de nous et de notre chemin. Ainsi, un des premiers pas pour gérer la colère est d'en comprendre la source et ce qu'elle signifie.

Comprendre sa colère

La colère est une réponse émotionnelle à une douleur psychique ou physique, à un sentiment de frustration ou d'insatisfaction. Les modifications du corps qu'entraine la colère sont une accélération des mouvements cardiaques, une certaine sudation et une crispation du corps un peu comme si tout devenait plus rapide et moins contrôlé. La colère mène à la non-maîtrise, cette réponse émotionnelle est à prendre et à vivre comme un signal. Il y a quelque chose à comprendre de soi face à la réalité qui nous entoure. La colère se suffit rarement à elle-même, elle mène souvent aux larmes ou à une certaine forme de violence.

Comprendre son histoire, ses ''comment'' et ses ''pourquoi'' est le premier pas dans la gestion de la colère.

Ainsi l'apaisement passe par la compréhension, c'est le premier pas pour en sortir. Alors, cherchez. Qu'est-ce qui vous a connecté à l'émotion ? Qui ou qu'est-ce qui vous a touché? Pourquoi cela a-t-il rencontré un terrain fragile? Car cette réponse émotionnelle qu'est la colère vous indique qu'il y a une douleur ou une cicatrice à l'intérieur de vous. La paix indique la guérison, la colère parle des douleurs. Ainsi comprendre où nous avons mal, et pourquoi, permet de se distancier. Si vous recevez mal un mot de votre conjoint et que cela vous met dans une colère profonde, ne cherchez pas la réponse en lui ou elle, mais en vous. Autre piste de compréhension : la transmission et nos environnements premiers. Nous nous construisons en tant qu'êtres émotionnels depuis que notre vie d'âme a commencé sur la terre. Si nous ne sommes pas tous égaux dans la gestion de nos émotions, c'est que nous avons appris dès la petite enfance à prendre certains chemins émotionnels. La colère par exemple nous vient parfois par transmission. Avoir eu un parent colérique ou avoir grandi dans un univers où l'expression des émotions était peu développée peut amener à un profil plutôt colérique par exemple. Comprendre son histoire, ses ''comment'' et ses ''pourquoi'' est le premier pas dans la gestion de la colère. Connaitre ses zones de tensions permet de s'en distancier.

Verbaliser

Pour comprendre, il faut verbaliser. La parole mène à la paix, car le langage fait sortir de soi des émotions qui tournent parfois en rond à l'intérieur de nous. Plus vous verbaliserez ce que vous vivez ou ce que vous ressentez, moins votre corps éprouvera le besoin de parler à votre place. Ce qui ne se verbalise pas finit par créer un destin écrivait Jung. Il s'agit bien de cela. Lorsque l'on ne verbalise pas, il y a une partie de nous non sue, que nous ne pouvons donc pas maîtriser. Nos actions deviennent alors esclaves de la perception erronée qu'amène la colère.

Effectivement, dans certaines situations il est dur, voire impossible, d'exprimer sa colère à l'autre et ce n'est pas forcément utile non plus. La colère engendre la colère. Par contre, l'on peut toujours prendre le temps du silence. Et dans le silence, chercher ses réponses. Le silence est un sas. Silence avec l'objet de la colère, mais verbalisation avec soi ou avec un autre au sujet de l'état émotionnel. Toutes les façons qui permettent de poser des mots sont bonnes pour gérer sa propre colère : écriture, discussion, dessin, cris... Trouvez votre langage d'expression et libérez-vous. Il ne faut pas verbaliser contre l'autre, mais avec soi-même. L'apaisement ne doit pas dépendre de l'autre, mais de soi.

Apprenez à votre corps d'autres réponses émotionnelles

Si vous avez tendance à répondre par la colère, c'est que votre corps a cette pente en lui et la prend et la reprend comme une vieille habitude routinière. Vous pouvez apprendre d'autres réponses émotionnelles à votre corps. Car ici il s'agit bien du corps. Quand vous commencez à sentir la colère submerger votre être, c'est avant tout le corps qui change. C'est donc par le corps que vous pouvez calmer l'âme dans un effet inverse. Là aussi, plusieurs outils et techniques : prenez l'habitude de respirer une dizaine de fois en cherchant à vous concentrer sur le corps et le mouvement du souffle qui entre et sort par exemple. La visualisation peut aussi vous aider. En effet, notre comportement se base sur les apprentissages, la mémoire et les possibilités que le corps connait pour réagir. Si vous vous créez par exemple une image positive qui vous apaise, vous pouvez à l'aide de votre mémoire la faire venir pour calmer votre esprit jusqu'à ce que le corps s'apaise, puis verbaliser. Pour sortir de la colère, il faut arriver à disperser la concentration de l'objet déclencheur de l'émotion. Une image ou une visualisation peut jouer ce rôle.

Plus vite vous laisserez les larmes, les mots ou les cris sortir, plus vite vous accèderez à la sérénité.

Vous pouvez aussi laisser venir les autres émotions. Comme nous vous le disions, la colère se suffit rarement à elle-même. Elle mène souvent aux larmes ou à un état de plus en plus tendu, parfois à la somatisation et finit par s'éteindre progressivement lorsque le corps a pu évacuer la tension. Ainsi, acceptez le cycle des émotions comme un chemin qui mène à la paix. Plus vite vous laisserez les larmes, les mots ou les cris sortir, plus vite vous accèderez à la sérénité. Acceptez vos émotions pour vous en libérer. Ne pas lutter, mais traverser.

La colère est une émotion à gérer, car elle peut devenir une souffrance, un étouffement et parfois même une douleur en elle-même, c'est aussi un pont vers l'angoisse. Mais plus vous comprendrez de quelle source votre colère est faite, moins cette source aura besoin de s'exprimer. Pour Jung, nous sommes tous autant constitués d'ombre que de lumière, la paix intérieure passe par la connaissance de vos propres zones d'ombre.

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