Fabien Major

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Il faut réformer les régimes de retraite

Publication: 23/02/2012 01:40

Ça presse, il faut débuter la réflexion sur l'admissibilité de l'âge de la retraite au Canada, mais surtout sur l'universalité des prestations de vieillesse et l'admissibilité à la retraite anticipée. Partout sur la planète, les régimes de retraite craquent sous la pression. La faiblesse des taux d'intérêt, la grande volatilité des marchés financiers et le vieillissement des populations font dire que nous sommes arrivés devant un mur. On doit faire des changements. On ne peut plus pelleter en avant.

Les régimes de prestations déterminées qui garantissent une rente viagère devront sans doute laisser la place à des régimes (à cotisations déterminées) où les travailleurs devront s'impliquer dans les choix d'investissements et VIVRE selon leurs moyens avec les résultats et conséquences.

Force d'admettre qu'une fois de plus, Stephen Harper est très malhabile pour démarrer les discussions sur un sujet qui demande l'implication des provinces. La retraite, c'est l'affaire de TOUS les Canadiens et ça regarde aussi les gouvernements provinciaux et municipaux.

Le bruit, la rumeur qu'Harper laisse courir, fait état du report de la date des prestations de la sécurité de vieillesse de 65 à 67 ans. Il faut rappeler que lorsque la SV a été mise en place au Canada, on pouvait espérer vivre jusqu'à ... 68 ans. Le Canada finançait donc en moyenne 36 mois. En 2012, l'espérance de vie dépasse 81 ans. Il faut donc financer 13 ans de plus et ... les baby-boomers se bousculent dans le tourniquet.

Voici de bonnes questions que nous pouvons nous poser:

-Pourrait-on repousser l'âge de l'admissibilité pour les citoyens de moins de 50 ans?

-Peut-on bonifier légèrement les prestations pour ceux qui repoussent volontairement le début des versements?

-Peut-on exclure du régime les Canadiens qui gagnent, disons plus de 75 000$ et bonifier la rente des plus pauvres?

-Doit-on exclure du régime de SV (ou diminuer les prestations) des Canadiens ayant une double citoyenneté et qui touchent déjà une pension d'un autre état?

Quant aux régimes des employés de l'état, des provinces et des municipalités, l'admissibilité à une pleine pension avant 60 ans équivaut parfois à la roulette russe. Ces pensionnés font définitivement partie des 1%* pointés du doigt par les indignés du mouvement «Occupy Wall Street». Mieux, contrairement à un propriétaire d'entreprise ou à un retraité aisé qui administre sa fortune, le retraité de l'état aura sa prestation, peu importe les conditions du marché. En général, les contribuables de la classe moyenne avec qui j'ai discuté souhaitent une réforme des retraites. Ne serait-ce que pour rétablir un peu d'équité. Le système actuel est intenable. Ni pour les gouvernements, ni pour les entreprises. Il engendre deux classes de citoyens; les «gagnants à vie» et les «débrouillards». Évidemment, la chance doit être du côté des débrouillards pour qu'ils puissent espérer survivre à leurs économies.

Je ne suis pas de ceux qui considèrent qu'on doit mettre la hache dans le système et couper immédiatement. On doit faire, il faut faire des changements graduels. L'heure des choix est arrivée. Par où on commence?

*Les ultra-riches seraient plutôt dans les 0,1% de la population.

 

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