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Manque de volonté flagrant d'application des lois en matière de bien-être animal au Québec

Le Québec a longtemps été un cancre en matière de bien-être animal.

17/11/2017 09:00 EST | Actualisé 17/11/2017 09:52 EST
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Le Québec a longtemps été un cancre en matière de bien-être animal. Pendant des années, la province se classait presque au dernier rang, tout juste devant le Nunavut, dans le classement canadien annuel des lois sur la protection des animaux de la Animal Legal Defense Fund. En 2015, le gouvernement a tenté de se défaire de cette mauvaise réputation en apportant des changements majeurs à la législation et en donnant aux animaux un statut d'êtres doués de sensibilité. Les choses semblaient finalement commencer à changer. Malheureusement, l'on constate rapidement que cette modification importante est en décalage avec la réalité du terrain. En effet, toutes les améliorations apportées aux lois qui visaient à protéger plus efficacement les animaux de la négligence et de la cruauté sont peu appliquées et les contrevenants peu sanctionnés.

Le mois dernier, des documents découverts par le FM 93 ont révélé que des problèmes de salubrité, de moisissures, d'aliments périmés, de contamination, de pièces défectueuses et plusieurs autres infractions aux lois ont été constatés chez Boucherie Richard Morin inc. Les quelque 160 avis d'infraction n'auraient abouti qu'à deux amendes mineures de la part du MAPAQ. Ce que la couverture médiatique jusqu'à présent semble ignorer, ce sont les graves manquements au bien-être animal que révèlent les constats obtenus dans le cadre de cette enquête et l'absence totale de sanctions à ces infractions.

En effet, plusieurs rapports d'inspection sont troublants. On peut y lire notamment que des animaux se réveillent et montrent des signes de conscience pendant la saignée, car les méthodes d'insensibilisation sont inadéquates. Des faits d'autant plus troublants qu'ils ont eu lieu dans une entreprise appartenant au député libéral Norbert Morin. Morin était président de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN) lors de l'étude du projet de loi 54, qui visait à améliorer le traitement des animaux au Québec.

En effet, plusieurs rapports d'inspection sont troublants. On peut y lire notamment que des animaux se réveillent et montrent des signes de conscience pendant la saignée, car les méthodes d'insensibilisation sont inadéquates.

Force est de constater qu'il y a un sérieux manquement quant à l'application des lois en matière de bien-être animal au Québec. Plusieurs cas problématiques ont été exposés au fil du temps et ont témoigné de l'approche laxiste du MAPAQ envers les contrevenants. Le mois dernier, ce n'est que par hasard qu'un élevage insalubre dans Lanaudière, une usine à chiots, a été découvert par la police et a forcé les autorités à intervenir et à retirer les chiens gardés dans de piètres conditions. Quatre chiens morts ont été retrouvés dans le sous-sol. Combien d'élevages similaires sont en fonction au Québec parce qu'il n'y a pas assez de ressources investies dans les inspections et les saisies d'animaux?

Pour ce qui est des animaux d'élevage, la situation est encore pire. Par exemple, ce n'est que grâce à une enquête de caméra cachée que les abus perpétrés sur des veaux dans une ferme de Pont-Rouge ont été exposés en 2014. Le cas de la Boucherie Richard Morin inc. est un autre rappel du manque de ressources et de volonté du MAPAQ d'appliquer les lois en vigueur. Il est inacceptable que ce commerce aux nombreuses infractions répétées continue d'opérer.

En attendant le rapport du sous-ministre sur la situation de la Boucherie Richard Morin inc. qui a été demandé par le ministre Laurent Lessard, d'innombrables animaux continueront de souffrir derrière des portes closes et attendent toujours d'être traités comme de véritables êtres sensibles, pas seulement sur papier.

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