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Top 20 des films de 2014

15/01/2015 12:02 EST | Actualisé 16/03/2015 05:12 EDT

L'année 2014 fut le théâtre d'excellents films. En voici 20 qui m'ont particulièrement marqués (sans ordre particulier). Il s'agit bien sûr d'un top personnel qui ne prétend pas à l'objectivité.

Bon cinéma à tous!

1- Birdman de Alejandro González Iñárritu

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Absolument irrésistible. Une ambiance bouillonnante, ludique et hallucinée. Par des percussions enlevantes d'abord, puis des plans-séquences endiablés, qui offrent proximité, ampleur et vivacité à l'ensemble. Il y a aussi cet humour grinçant, ces élans poétiques et « héroïques », ces personnages si attachants, ce 4e mur qu'on taquine, cet angle caricatural assumé, cette réflexion sur le monde du théâtre-cinéma, mais également sur l'Art, la critique, le « buzz », le succès, la famille... Voici venir un grand film populaire; animé d'un esprit pop et gentiment punk. Du bonbon.

2- Predestination de Peter Spierig et Michael Spierig

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Très belle surprise que ce film de science-fiction sortit directement en DVD. De la SF intimiste et classieuse qui fait de petites merveilles. Belle photo, interprétation très juste (Sarah Snook, splendide), réalisation qui fait beaucoup avec peu, montage malin. À la fois long métrage ultime sur le voyage dans le temps -avec Primer?- et réflexion passionnante sur l'identité, la psychologie humaine et la féminité. À voir d'urgence. Et quelle honte que ce film n'est pas bénéficié d'une sortie en salle.

3- Whiplash de Damien Chazelle

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Un duel élève-maître endiablé servi par un montage frénétique et une écriture précise. C'est du sec, de l'incisif. Un rythme enlevant, des névroses exacerbées, un jeu pervers, mais passionnant, des sacres à la tonne. Et une magnifique finale, de nervosité et d'extase. Sous le couvert d'un film sur la musique, c'est presque un thriller qu'on nous sert. Bref, que ce film fait du bien : pas de mélo, pas le prêchi-prêcha usuel, on se centre sur l'essentiel, soit les deux protagonistes et des enjeux simples. Seul bémol, parfois c'est un peu trop plan-plan et on nous sert trop de travelling propret. Cela aurait pu être davantage baroque. Quoi qu'il en soit, le film est réglé au quart de tour et aspire à la virtuosité autant que son personnage principal. Autre réjouissance, on « coupe » souvent là où il faut, pour ne garder que l'effet voulu, sans gras.

4- Under The Skin de Jonathan Glazer

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Étrange objet filmique que voilà. Une espèce de thriller SF à la sombre et glaçante beauté. Également, une expérience de cinéma pure qui hante longuement (positivement) le spectateur. Au-delà de la forme, il y a ce touchant regard de « l'extérieur » qui vient témoigner de ce qu'il reste de l'humanité.

5- Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch 

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Ambiance pesante, sensuelle et mystique qui prend tout son temps à s'installer. Quoi d'autre ? Le mythe du vampire magnifié par Jarmusch, en grande forme.

6- La danza de la realidad de Alejandro Jodorowsky

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Film somme d'un immense cinéaste. La belle folie de Jodorowsky toujours au rendez-vous.

7- Gone Girl de David Fincher

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Thriller formidable en première partie, puis farce grinçante en second acte; dans tous les cas, il s'agit d'un film d'une efficacité redoutable (Fincher poursuivant son travail chirurgical à la mise en scène) et follement de son temps, notamment parce qu'il témoigne habilement « des apparences » des contemporains. Thématiquement, tout y passe: le rêve américain, les médias, le mariage, le couple, la famille, le patriarcat, les masques qu'ont portent...

8-Interstellar de Christopher Nolan

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Malgré une foutue tendance nolanienne à tout verbaliser se qui ce passe à l'écran et un compositeur qui en fait parfois des tonnes, le film est traversé d'une virtuosité formelle et sensorielle évidente. Des effets spéciaux anti-spectaculaire bien dosés, un amour fille-père spielberien qui porte sur ses épaules le film, une photo de toute beauté, une incursion couillue dans la 4e dimension, et vous avez là une excursion spatiale qui n'est pas sans intérêt et qui renoue même avec une certaine ambition d'autrefois. Lumineuse pour le coup.

9- The raid 2 de Gareth Evans

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Le plus bel exemple d'une mise en scène au service de l'action. Et quelle action! Les « batailles » ne sont rien de moins que de majestueux et violents ballets parfaitement orchestrés. The raid 2 ou le film qui envoie balader la vaste majorité des films d'action actuels. Chapeau.

10- The Great Beauty de Paolo Sorrentino

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Très bon souvenir que cette incursion dans les cercles de la haute société romaine (le monde de l'écriture, de l'art). Côtoyant le beau et le tragique, le film est d'un pessimiste intellectuel qui pointe du doigt une déchéance moderne généralisée, le tout en épousant les splendeurs de Rome. À la lisière de la branlette intello et du chef-d'œuvre.

11- Nymphomaniac 1 et 2 de Lars von Trier

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Il ose, encore et toujours ce Lars. Que c'est réjouissant! Avec ce film-somme, il repousse les limites et nous offre peut-être le film le plus ambitieux de l'année. Beaucoup de cinéma, d'audaces et d'idées.

12- The Double de Richard Ayoade

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Une ambiance kafkaïenne et lynchienne particulièrement réussie. Un beau mélange de références (Brazil, etc.).

13- Ennemy de Denis Villeneuve

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Une ambiance semblable à The Double (sujet semblable également), mais en plus maitrisé encore.

14- The Rover de David Michôd

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Western post-apocalyptique fort intéressant planté dans les décors d'Australie. Scénario un peu faible, mais il y a de ces prises de vues, de ces regards désespérés et déshumanisés, de ces élans vers le néant à couper le souffre. Il y a aussi Guy Pearce, troublant, et Robert Pattinson, méconnaissable.

15- L'Étrange couleur des larmes de ton corps de Hélène Cattet et Bruno Forzani

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Après le fascinant Amer, voici un deuxième film tout aussi sensoriel et visuellement bluffant du couple Cattet-Forzani. Cette fois-ci, la réalisation gagne en maturité et en liberté; et toujours ce flamboyant hommage au gothique italien et au giallo. Peut-être bien simplement un formidable exercice de style, mais c'est avant tout une réelle proposition de cinéma qui est proposé. Ce qui arrive que trop rarement.

16- Nightcrawler de Dan Gilroy

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Quand un film donne envie de revoir le Crash de Cronenberg, c'est toujours bon signe.

17- Edge of tomorrow de Doug Liman

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Blockbuster décomplexé qui convie Call of duty et Le jour de la marmotte. Très bien, si ce n'est sa conclusion plutôt conventionnelle.

18- La Vénus à la Fourrure de Roman Polanski

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C'était assez beau ce méta-moment offert par Polanski; cette mise à nu de l'auteur, ce regard porté sur le travail du metteur en scène et du comédien. Et que dire de cette « mise en scène » prenant corps devant nos yeux. Oui, c'était beau.

19- Mommy de Xavier Dolan

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Si on peut avoir été légitiment déçu par les deux premiers longs métrages du monsieur, difficile de faire maintenant la sourde oreille devant le talent et l'audace de Dolan. Si Mommy n'est pas à la hauteur de son chef-d'oeuvre Laurence Anyways, nous sommes bel et bien dans le haut du panier.

20- The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

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Pas mon préféré de Wes, mais il atteint ici une perfection artistique (ou plutôt de coquetterie et de dandynisme) et d'animation de « tableaux » qu'ont ne peut ignorer. Il y a une aisance à raconter, présenter, découper et faire valser diverses petites histoires. De même qu'à en mettre visuellement plein la vue et à diriger ses acteurs. Malheureusement, vient avec cette perfection un manque de cassure, de hasard, de cœur au ventre. D'âme? Bref, un film savant, mais poussiéreux, qui aurait pu être un chef d'oeuvre.

Mentions:Calvary, The Guest, Maps to the Stars, X-Men: Days of Future Past, Winter Sleep, The machine, Her, Lucy, Blue Ruin, Boyhood, The Babadook, Snowpiecer, Stranger by the lake, Anchorman 2: The Legend Continues, Foxcatcher, The Wolf of Wall Street, The Zero Theorem, Ida, etc.

Pas vu :Pigeon Sat On a Branch Reflecting On Existence, Citizenfour, The Tribe,  Tokyo Tribe, The imitation game, Leviathan, Jauja, La marche à suivre, Tu dors Nicole , White god, Borgman, Le Conte de la Princesse Kaguya. Locke,  Love Is Strange, A Touch of Sin, Jauja, Force Majeure, Inherent Vice, Jodorowsky's Dune, Deux jours, une nuit, night moves, The guest, etc.

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