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Valérie Plante et la politique positive

Aujourd'hui, Valérie Plante incarne la politique moderne, celle qui sait faire rêver plutôt que de rabaisser le débat à un vulgaire combat de boxe oratoire.

06/11/2017 09:00 EST | Actualisé 06/11/2017 10:01 EST
PC
La plus grande ville du Québec est désormais dirigée par une femme, Valérie Plante.

Lors des élections municipales à Montréal le 5 novembre dernier, l'impensable s'est produit : le maire Denis Coderre, que tous croyaient invincible, a mangé une volée électorale aux mains de Projet Montréal et sa cheffe Valérie Plante, pourtant inconnue de tous il y a quelques semaines. Cette victoire de Mme Plante, tout sourire, est un véritable pied de nez au maire bougon et arrogant qu'incarnait Denis Coderre, prouvant une fois de plus que ça paye de faire de la politique positive.

Contrairement à Denis Coderre, qui menait une campagne confiante, à défaut d'être inspirante, Valérie Plante a fait les choses différemment : le sourire aux lèvres, elle a arpenté les rues de la métropole avec un projet bien clair pour Montréal. Entre autres, sa nouvelle ligne rose, un projet de mobilité concret, a visiblement séduit bon nombre de Montréalais, puisque plus de la moitié d'entre eux ont choisi de lui accorder leur confiance. Comme jamais, elle a prouvé qu'une campagne positive, qui met de l'avant un projet structurant et concret sait inspirer les électeurs beaucoup plus qu'une série d'attaques personnelles. Aujourd'hui, Valérie Plante incarne la politique moderne, celle qui sait faire rêver plutôt que de rabaisser le débat à un vulgaire combat de boxe oratoire.

En effet, ce qui a dominé la campagne de Projet Montréal et sa candidate à la mairie, ce n'est pas leur hargne envers Denis Coderre, mais bien leur intention de changer Montréal pour le mieux. Cette attitude positive et cette manière de faire de la politique sont séduisantes pour beaucoup d'électeurs, sans surprise : quand un(e) candidat(e) sait inspirer par sa vision inspirante de l'avenir et faire rêver ses concitoyens, il saura mobiliser beaucoup plus qu'un candidat qui fait campagne principalement en attaquant ses adversaires. C'est ce que Mme Plante a fait à Montréal et elle en récolte présentement les fruits.

Il est également pertinent de mentionner que 375 ans après sa fondation par Maisonneuve et Jeanne Mance, Montréal a choisi pour la première fois de se doter d'une mairesse.

Il est également pertinent de mentionner que 375 ans après sa fondation par Maisonneuve et Jeanne Mance, Montréal a choisi pour la première fois de se doter d'une mairesse. Un pas de géant pour la cause des femmes en politique, puisque la plus grande ville du Québec est désormais dirigée par une femme.

Un autre constat à formuler après la victoire surprise de Valérie Plante est que les trente jours de campagne électorale sont plus importants à eux seuls que les quatre années de mandat d'un gouvernement, quel qu'il soit. Avant sa publicité-choc affirmant qu'elle était « l'homme de la situation », très peu de gens connaissaient la candidate à la mairie de Projet Montréal. Tout au long de la campagne, elle s'est fait connaître et son taux d'appui a augmenté en conséquence, au fur et à mesure que son discours rassembleur et porteur d'espoir se propageait. Comme lors de la campagne fédérale de 2015, celui qui a commencé premier a subi une défaite épique et celui qu'on donnait battu a su triompher, prouvant que la campagne électorale compte plus que jamais.

Visiblement, il y a de nouveau un appétit au Québec pour les grands projets inspirants et les campagnes positives.

Visiblement, il y a de nouveau un appétit au Québec pour les grands projets inspirants et les campagnes positives. C'est inconditionnellement une bonne nouvelle pour les Québécois : nous pouvons nous remettre à rêver d'un Québec meilleur, d'un projet de société emballant, plutôt que de simplement voter contre tel parti ou tel projet. À l'heure où la CAQ tente de se faire du capital politique sur le dos des soi-disant « vieux partis » et depuis le temps que le PLQ fait campagne contre les « méchants séparatistes », il y a de la place sur la scène politique québécoise pour un parti qui mise sur des grands projets de société pour faire rêver les Québécois. Comme disait l'autre : « N'est-ce pas dans le rêve cependant que naissent la plupart des projets qui en valent la peine ? »