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N'en déplaise à ses opposants, le PQ est toujours vivant

Il a aujourd'hui la meilleure équipe et un plan solide pour le Québec, ce qui le met en excellente position pour former le gouvernement le 1er octobre 2018.

28/09/2017 09:00 EDT | Actualisé 28/09/2017 09:00 EDT
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La vision du monde du Parti Québécois, qui croit que le nationalisme peut et doit être un vecteur de progrès pour le Québec, ne se retrouve nulle part ailleurs, mais elle est partagée par bon nombre de Québécois.

« Le séparatisme est mort », c'est ce que Pierre Trudeau affirmait avec conviction à peine trois mois avant le raz-de-marée péquiste qui a balayé le Québec le 15 novembre 1976. Depuis, cette manie de ses adversaires que de prédire la mort du mouvement indépendantiste et du Parti Québécois n'a jamais vraiment cessée : ce printemps justement, les prophètes de malheur s'en donnaient à cœur joie vu les sondages peu favorables qu'obtenait le parti de Jean-François Lisée. Ils ont dû être fort déçus de constater, dans le dernier sondage Mainstreet Research, le retour en deuxième place au Québec du Parti Québécois ainsi qu'en première place chez les électeurs francophones. Pourtant, ils ne devraient pas être surpris, puisque même quarante-neuf ans après sa fondation, le PQ n'est pas près de rendre l'âme.

La vision du monde du Parti Québécois, qui croit que le nationalisme peut et doit être un vecteur de progrès pour le Québec, ne se retrouve nulle part ailleurs, mais elle est partagée par bon nombre de Québécois. Amalgamant des mesures progressistes et des actions fortes pour renforcer la situation du français et pour affirmer la laïcité de l'État québécois, son programme est au diapason des préoccupations des habitants du Québec. Chez Québec Solidaire et le Parti libéral, on assimile tout sentiment de fierté nationale à « l'intolérance » la plus crasse. La CAQ, de son côté, commence à réaliser que son « virage nationaliste » est tout à fait incompatible avec sa nouvelle position de « fédéraliste dur » sans tomber dans un double discours des plus changeants. Bref, pour les électeurs qui aiment le Québec et qui n'en ont pas honte ainsi que pour ceux qui veulent enfin un gouvernement progressiste à l'Assemblée nationale, le PQ demeure incontestablement la meilleure option.

Une autre des forces du Parti Québécois, c'est l'enracinement véritable de ses députés dans leurs circonscriptions électorales. Des gens comme Pascal Bérubé, Agnès Maltais et François Gendron, pour ne nommer que ceux-là, ont une excellente connexion avec leur comté et travaillent tellement pour leur région qu'ils ont pleinement la confiance de leurs électeurs et avec raison. Ce lien de confiance est parfois bien plus fort que toutes les tendances nationales et c'est d'ailleurs ce qui empêchera toujours les tiers partis comme la CAQ ou QS d'accéder au pouvoir de façon majoritaire au Québec si vous voulez mon avis. Ainsi, ceux qui espèrent voir le PQ rayé de la carte dans un avenir prévisible vont être déçus, très très déçus, puisque cette « prédiction » tient plus du fantasme que de l'analyse cohérente.

Si tant de gens souhaitent et ne cessent de prédire la mort imminente du PQ, ce n'est pas pour rien: même cinquante ans (ou presque) après sa création, le Parti Québécois est toujours un parti qui dérange.

Si tant de gens souhaitent et ne cessent de prédire la mort imminente du PQ, ce n'est pas pour rien: même cinquante ans (ou presque) après sa création, le Parti Québécois est toujours un parti qui dérange. Il a gardé son esprit réformateur et ose parler d'identité sans complexe, ce qui choque plus d'un multiculturaliste bien-pensant. Alors qu'on sait qu'un gouvernement de la Coalition Avenir Québec ressemblerait étrangement à un gouvernement libéral à une baisse d'impôts près, un gouvernement du PQ en 2018 sonnerait le glas du statu quo si cher à bon nombre de fédéralistes immobilistes à grands coups de réformes, comme l'ont fait par le passé les gouvernements Lévesque, Parizeau, Bouchard, etc.

« Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. » Cette citation du poète Gaston Miron illustre parfaitement une autre raison garantissant la survie du Parti Québécois : le projet de souveraineté du Québec, même lorsqu'il a moins la cote dans la population, est trop mobilisateur, trop passionnant et trop important pour que les Québécois le laissent collectivement tomber. En tant que porte-étendard du projet depuis sa création, le PQ est inconditionnellement LE parti souverainiste au Québec et ses militants continuent d'investir temps et effort année après année afin que les Québécois prennent enfin en main leur destinée. Ceux qui voient le Québec de demain dominé par deux partis fédéralistes, le Parti libéral et son club-école bleu poudre, la CAQ, oublient de prendre en compte cette passion qui anime les indépendantistes depuis le tout début du mouvement.

Bref, le Parti Québécois de 2017 est vivant comme jamais, quoi qu'en disent certains sondeurs ou adversaires. Il a aujourd'hui la meilleure équipe et un plan solide pour le Québec, ce qui le met en excellente position pour former le gouvernement le 1er octobre 2018, car les Québécois sont prêts pour un changement intègre, progressiste et nationaliste à la tête de l'État québécois. Comme toujours, ses adversaires continueront de prophétiser sa mort, mais cela ne veut pas dire qu'elle se produira pour autant.