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Pour l'amour du Québec... et pourquoi pas de Dieu pendant qu'on y est!

25/03/2014 01:12 EDT | Actualisé 25/05/2014 05:12 EDT

Au mois de février, divers articles indiquaient que 50% des non-francophones avaient songé à quitter le Québec. Les raisons étaient multiples: la langue, l'économie, les tensions politiques, etc. Et là, de nouveau, c'est la victoire de l'amour pour le Québec: allophones et anglophones veulent voter!

Une situation « anormale »

Le journal Le Devoir a dénoncé la situation comme suit : « Des directeurs de scrutin de la région de Montréal sont préoccupés par le flot "inquiétant" et "anormal" d'individus qui tentent d'obtenir le droit de vote depuis une semaine pour le 7 avril. »

Cette situation en rappelle une autre: le référendum de 1995. Une autre victoire de l'amour sur la haine dans les annales historiques du Québec. Celle où l'heureux hasard voulut que nombre d'immigrants et de Canadiens d'autres provinces devinrent des électeurs affectueux du Québec : We love you, Quebec! [lire Qwebec] Amour qui, une fois le référendum terminé, a disparu aussi rapidement qu'il était « spontané ».

Selon le directeur de scrutin du comté de Sainte-Marie-Saint-Jacques, la situation est particulièrement alarmante. Elle l'est tellement qu'il a préféré démissionner plutôt que de la cautionner. Encore plus alarmant, c'est l'absence de réactions des différents partis pour qui la démocratie semble vide!

Il y a-t-il un « deal » entre les partis pour favoriser la chute des députés péquistes et plus spécifiquement à Sainte-Marie-Saint-Jacques? Je laisse à chacun le soin de juger. En tout cas, le slogan de Québec solidaire dans ce comté converge avec l'histoire. Ils s'inscrivent en nombre « Pour l'amour de Sainte-Marie-Saint-Jacques. »

Un « amour » conditionnel

Souverainiste ou non, il appert un amour du Canada, comme celui du Québec, par des crises. Et de plus en plus souvent, c'est un amour de circonstance, un amour conditionnel voire du chantage.

Souvenez-vous de ces néo-Québécoises pancartes à la main « Mon voile ou l'avion »? Elles auraient pu écrire, « Québec, je t'aime si... ». C'est pareil! Quel choix laissaient-elles aux interlocuteurs? Aucun! Ce chantage est un mépris de la démocratie ou une maladresse d'immigrantes ne la connaissant pas.

Bref! La démocratie ce n'est pas du chantage communautariste! Ça apparaît évident pour chacun, mais pas forcément dans un multiculturalisme d'État .

J'ose dire aux immigrants comme moi: si un choix de société me déplaît, je me plie à l'exercice démocratique ou je m'engage en politique. Je ne fais pas du chantage. Mon départ ou mes échecs, jamais je ne le rejetterais sur les autres. Autant je suis heureux d'avoir immigré au Canada et au Québec, autant je devrais regretter d'avoir à partir de mon pays d'accueil, sinon, c'est que mon pays d'origine n'était pas si mal!

Personnellement, je n'aimerais pas moins le Canada avec ou sans le Québec? Je n'aimerais pas moins le Québec qu'il soit indépendant ou non? Je me suis installé au Canada et au Québec, car j'y aime les conditions de vie, la vitalité économique, la proximité avec les États-Unis et les gens! Infoman l'exprime en ses mots!

Une structure électorale à réviser

Cet amour conditionnel vient avant tout d'une structure électorale qui favorise le vote communautariste et décourage les citoyens du Québec - ceux qui ne sont pas de passage uniquement dans la province. Notre démocratie en est malade.

La preuve, le maire de Montréal est élu avec 32 % des votes avec un maigre taux de 42% de participation des inscrits? Et on trouve le moyen de se féliciter! On vote aux élections municipales avec un taux de participation de 50% à travers le Québec. Là encore, personne ne trouve à redire. On devrait crier au scandale, mais tout le monde semble blasé.

Dernièrement, j'ai découvert une initiative intéressante. Des « Maghrébins » ont lancé l'initiative Inchallah j'vote . J'apprécie l'idée de motiver les immigrants à voter et favoriser l'exercice citoyen, surtout quand ils viennent de pays à la démocratie chancelante. Par contre, la démarche est exclusive. Elle sous-entend que tous les Maghrébins seraient musulmans et pratiquants (Inch'allah), et s'ils ne le sont pas : sont-ils maghrébins? Personne là encore ne s'offusque de la manière.

Par-delà, le communautarisme et l'indifférence électorale le déclenchement irrégulier des élections ne favorise pas non plus l'exercice démocratique. Pour le Directeur général des élections le travail est encore plus ardu. Il faut s'assurer que tous les citoyens qui se présentent sont bien résidents du Québec.

Alors! Je suis d'avis que nous révisions la structure électorale au grand complet.

(1) Que les élections se fassent à date fixe.

(2) Généraliser le vote électronique.

(3) Instaurer une carte électorale individuelle renouvelable à chaque élection. Comment se fait-il que des étudiants ontariens puissent voter au Québec quand on sait que la majorité vient au Québec pour des frais de scolarité moins élevés et qu'ils repartiront? Nous éviterons ainsi l'électorat de passage.

(4) Enfin, il serait temps de mettre fin au système un jour de vote, un député. Pourquoi ne pas voter en deux tours? Au premier tour, ce serait la sélection des candidats. Au second tour ne pourrait rester que les candidats ayant obtenu 10% des votes exprimés des inscrits de la liste électorale. [Cela signifierait qu'un député ne pourrait être élu s'il y un grand nombre de non-votants ou d'abstentionnistes dans son comté]. Au second tour serait élu le candidat ayant obtenu la majorité simple 50% des votes exprimés + 1 vote ou le plus de votes exprimés en sa faveur.

J'insiste pour que nous nous engagions vers une réforme électorale au Québec. Au risque sinon d'avoir un amour conditionnel s'afficher régulièrement pour le Québec et que les politiciens fassent appel à l'amour des citoyens avec des slogans proto-religieux : Pour l'amour du Québec [et pourquoi pas de Dieu?]

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