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À la découverte de l'Éthiopie

Publication: 21/12/2012 10:42

L'Éthiopie : famine, désert, misère et guerre! C'est ce quatuor qui dans la majorité des esprits québécois décrit le mieux ce pays de la Corne de l'Afrique. En fait, pas le mieux, le seul.

L'Éthiopie, comme plusieurs autres pays d'Afrique, peine à effacer ces vieilles images qui lui collent à la peau. Comme si le temps s'était figé en 1983. Que la famine n'avait jamais pris fin, que la dictature du Derg n'avait pas été renversée et que le pays ne s'était jamais mis en marche.

Pourtant, l'Éthiopie qui se dévoile sous nos yeux à la descente de l'avion est à mille lieues de ces clichés. Addis Abeba, capitale du pays et du continent, est une ville grouillante de vie où les chantiers se comptent par milliers. Les vieilles bâtisses datant de l'occupation italienne (1936-1941) côtoient les baraques en tôle et les grandes tours de verre modernes. L'économie explose (le taux de croissance pour 2012, estimé à 7% par le FMI, serait le plus bas des cinq dernières années) et entraine l'émergence d'une classe moyenne de plus en plus importante.

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Mais tout n'est pas rose au pays du café. L'Éthiopie revient de loin. Les vingt-cinq années de dictature ayant pratiquement mis à terre l'économie éthiopienne, une importante partie de la population vit encore dans des conditions précaires. Malgré une croissance impressionnante, le revenu par habitant demeure parmi les plus bas au monde, le taux d'inflation alarmant achevant d'étouffer la population. Dans les rues d'Addis Abeba, la pauvreté omniprésente en est le témoin le plus frappant. Les nombreux mendiants (jeunes et vieux, hommes et femmes) y côtoient ceux qui survivent au jour le jour en nettoyant les chaussures des passants ou en vendant quelques articles étalés sur une couverture.

De plus, bien que l'Éthiopie soit officiellement une démocratie, la société évolue toujours sous le contrôle étroit de l'État. La presse y est surveillée et la liberté d'expression limitée.

Un patrimoine culturel unique

C'est peut-être du point de vue de sa culture que l'Éthiopie surprend le plus. Du nord au sud, de l'immense complexe d'églises troglodytes de Lalibela aux multiples tribus de la basse vallée de l'Omo, le patrimoine culturel du pays est aussi riche que varié. Un pays de près de quatre-vingt-dix millions d'habitants divisé en plus de quatre-vingts ethnies et langues officielles (et quelque deux cents dialectes). Un pays où orthodoxie, protestantisme, islam et animisme se côtoient dans une relative paix sociale.

Une population, de surcroît, très fière de sa culture et de son histoire. Chaque année, les Éthiopiens célèbrent avec ferveur la victoire à la bataille d'Adoua qui mit fin, en 1896, aux ambitions coloniales de l'Italie. Unique pays africain jamais colonisé, l'Éthiopie a ainsi su préserver en grande partie sa culture des influences européennes. L'année, par exemple, y est toujours divisée en treize mois et la journée en deux cycles de douze heures débutant à six heures et dix-huit heures.

Consciente de sa singularité et jouissant d'une stabilité politique rare dans la région, l'Éthiopie mise de plus en plus sur le développement du secteur touristique. L'État oeuvre actuellement à développer les infrastructures (routes, aéroports, etc.) permettant un meilleur accès aux attraits touristiques du pays. Mais les visiteurs ne se bousculent pas encore aux portes et l'agriculture demeure la principale activité économique de cette contrée à la population très majoritairement rurale.

C'est donc une Éthiopie en ébullition que nous sommes venus découvrir et couvrir. Une Éthiopie entre tradition et modernité, développement et pauvreté. Une Éthiopie aux mille visages et aux millions d'histoires que nous nous efforcerons de vous conter au fil de ce blogue.

 
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