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Ayons un peu d’amour propre et refusons d’être sous-payés

Je suis encore tombée sur une offre d’emploi ridicule. Une de trop. Il s’agit d’un poste de « Responsable du service éducatif » pour lequel on demande une formation de niveau universitaire, en offrant un salaire horaire de 12$.

29/06/2017 10:12 EDT | Actualisé 29/06/2017 10:24 EDT
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Je me suis même fait dire, par une propriétaire de galerie d’art, qui m’offrait entre 15 000$ à 18 000$ annuellement pour gérer sa galerie à temps plein, qu’il fallait être passionnée!

Professionnels des arts et de la culture, unissons-nous pour de meilleures conditions de travail!

Je suis encore tombée sur une offre d'emploi ridicule. Une de trop. Il s'agit d'un poste de « Responsable du service éducatif » pour lequel on demande une formation de niveau universitaire, même de cycle supérieur et de l'expérience, en offrant un salaire horaire de 12$. C'est un salaire d'étudiant! On demande même d'avoir une voiture. À ce salaire, comment cela peut-il être possible d'en assumer les frais? Je ne veux pas m'attarder sur cette offre en particulier. Ce n'est qu'un exemple d'un problème global dans le domaine des arts et de la culture. Des offres d'emplois comme celle-là, j'en vois fréquemment. C'est sans parler de tous les autres avis de recrutement qui demandent d'être admissible à une subvention d'emploi Québec ou au programme Jeunesse Canada au travail.

Je me suis même fait dire, par une propriétaire de galerie d'art, qui m'offrait entre 15 000$ à 18 000$ annuellement pour gérer sa galerie à temps plein, qu'il fallait être passionnée!

Au moins, cette offre, elle a l'honnêteté d'annoncer tout de suite le salaire. Dans les dernières années, j'ai refusé à plusieurs reprises des postes, car ils payaient trop peu. Je me suis même fait dire, par une propriétaire de galerie d'art, qui m'offrait entre 15 000$ à 18 000$ annuellement pour gérer sa galerie à temps plein, qu'il fallait être passionnée! Je suis sincèrement désolée que ma passion ne me permette pas de pourvoir aux besoins de ma famille. La fois d'après, je me suis enquise du salaire au téléphone, lors de la convocation en entrevue. Pourquoi perdre mon temps et faire perdre le leur aux recruteurs? On n'a pas voulu me le dévoiler avant l'entrevue! Je trouve cela hautement frustrant, voire insultant, puisqu'il s'agit, pour moi, d'un point crucial. C'est comme si les employeurs ne considéraient pas cela comme un gros enjeu, que de payer décemment quelqu'un pour un poste avec de grosses responsabilités et pour lequel on demande une formation universitaire et de l'expérience. Ou alors ont-ils honte? Ils savent qu'ils ont peu à offrir, mais espèrent nous vendre un poste stimulant que l'on déciderait d'accepter quand même.

Pour ma part, étant maman, il m'est impensable de travailler à temps plein en échange d'un salaire annuel d'à peine 20 000$.

Peut-être qu'un jeune professionnel fraîchement diplômé, qui commence dans la vie, serait prêt à travailler dans de telles conditions, temporairement, le temps de prendre de l'expérience. Lorsque l'on est un peu plus avancé dans la vie et dans notre carrière, cela devient de plus en plus difficile. Pour ma part, étant maman, il m'est impensable de travailler à temps plein en échange d'un salaire annuel d'à peine 20 000$. Je ne travaillerais que pour payer la garderie! Peut-être y en a-t-il des chanceux qui ont un conjoint avec un bon salaire et qui peuvent se le permettre. Dans tous les cas, je trouve cela discriminatoire, même irrespectueux envers l'intelligence et le talent des gens, que d'offrir de telles conditions de travail pour ce genre de poste.

Étant au fait des pauvres budgets dont dispose une majorité d'organismes culturels, j'ai du mal à leur jeter le blâme. La source du problème est dans le financement, ou devrais-je dire le non financement, des différents paliers de gouvernement. J'ai quand même envie de lancer un appel à tous mes collègues qui travaillent dans le milieu des arts et de la culture. Ayons un peu d'amour propre et refusons d'être sous-payés. Notre expertise vaut bien plus que cela. S'il y a toujours des gens qui acceptent ces postes, nous n'avancerons pas. Cela nuirait possiblement, au début, aux organismes qui ne sont que les victimes du sous-financement en culture, mais peut-être y aura-t-il éventuellement une prise de conscience qui mènera plus loin.

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