LES BLOGUES

Futsal: ces jeunes font briller le Québec

21/06/2017 09:09 EDT | Actualisé 21/06/2017 09:09 EDT

Les jeunes. Les milléniaux. Un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre récemment dans notre petite sphère médiatico-publique. Les uns les trouvent paresseux, exigeant d'avoir le tout cuit, prémâché de surcroît, dans la bouche, les autres qu'ils paient déjà assez les erreurs de leurs parents dont, faut-il le rappeler, ils ont reçu l'éducation. Loin de moi l'idée d'en rajouter ou de prendre parti, mais voici une histoire de jeunes qui n'attendent après personne pour bâtir leur succès.

Cette histoire, c'est celle du Sporting Outlaws F.C, une équipe de futsal de Montréal qui, au grand étonnement de tous, a remporté en février dernier à Kingston le championnat canadien de futsal. C'est la première fois qu'une équipe du Québec remporte le championnat national dans ce sport.

futsal

Qu'ils s'appellent Alex, Fernando, Shaquille et Mohamed, ou Khalil, Oussama, Manuel et Brandon, ou encore Diyaeddine, Ibrahim, Anas, Alberto et Ilyas, ces jeunes de tous les horizons, ont décidé de conjuguer leurs efforts pour bâtir une équipe et entrer dans la Première ligue de futsal du Québec (PLFQ).

À leur première présence dans la ligue, ces Montréalais, âgés entre 17 et 25 ans, remportent le championnat québécois au grand dam de leurs rivaux plus expérimentés. Ce qui aurait pu paraître comme de la chance est devenu une confirmation à Kingston. C'est ce qui fait dire à l'entraîneur de l'équipe nationale canadienne de futsal à qui j'ai parlé, Kyt Selaidopoulos : « le Québec est aujourd'hui le meneur en matière de futsal au Canada. »

J'ai rencontré certains de ces jeunes dans le Vieux-Montréal pour préparer ce billet, et c'est avec beaucoup d'émotion qu'ils reviennent sur leur exploit. « Nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli, me raconte Shaquille Michaud, le capitaine de la formation montréalaise. Personne ne nous attendait là. » Le fait d'avoir été sous-estimé a été pour lui et les siens une source de motivation supplémentaire.

Son jeune coéquipier de 18 ans, Diyaeddine Abzi, nommé à la fois meilleur joueur et meilleur buteur du championnat, abonde dans le même sens : « Quand je disais à mes parents que je jouais au futsal, je savais qu'ils étaient contents sans savoir exactement ce que ça représentait pour moi, se souvient-il. C'est quand nous sommes rentrés avec le titre de champions du Canada que j'ai vu la fierté dans leurs yeux. »

Nous avons à l'œil trois des joueurs du Sporting Outlaws que nous souhaitons inviter prochainement à rejoindre l'équipe nationale. Ça veut dire que ce club est sur la bonne voie et doit continuer à l'être.
-- Kyt Selaidopoulos, entraîneur de l'équipe nationale canadienne de futsal.

Le Sporting Outlaws F.C a rencontré beaucoup de difficultés sur son chemin. Le jeune président du club Enrique Benavidez affirme que son équipe n'a pas de salle d'entraînement. C'est grâce à la cotisation des membres, autant les joueurs que le personnel d'encadrement, qu'ils arrivent à louer les locaux du SportXpo à Laval pour des heures de pratique très tard le soir entre 22 heures et minuit. L'un des défis du président est de trouver rapidement une solution à ce problème en s'appuyant sur ses deux partenaires Passion Soccer Boutique et Parcours Persévérance Scolaire.

En écrivant ce texte, j'ai pensé à Hésiode que j'ai étudié dans mes très jeunes années au collège. Il disait, paraît-il, des centaines d'années avant Jésus-Christ : « je n'ai plus aucun espoir pour l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. »

En pensant donc à Hésiode, pour un instant je me suis dit que c'était peut-être cela le cours normal des choses, que les plus vieux, dans un élan d'inquiétude pour la conservation de la race humaine, provoquent les plus jeunes par des mots et que les plus jeunes y répondent par des actes, sans mot dire.

Qu'est-ce que le futsal ?

C'est du soccer qui se joue à cinq contre cinq dans une salle de gymnase selon des règles propres au sport. Une partie officielle dure 2 x 20 min avec une pause à la mi-temps. Les changements sont illimités et un même joueur peut rentrer et sortir de l'aire de jeu à plusieurs reprises.

Deux grandes associations rivales gèrent le futsal au niveau international : l'Association mondiale de futsal (AMF) et la FIFA. La Colombie (2015) et L'Argentine (2016) sont, respectivement, les champions en titre des deux fédérations.

La particularité du futsal par rapport au soccer traditionnel est que le jeu y est plus intense et spectaculaire avec des buts à profusion. Pour exemple, le Sporting Outlaws a marqué 86 buts et en a encaissé 53 en 18 parties cette saison dans la Première ligue de futsal du Québec.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter