Elizabeth Plank

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Boxer en mini-jupe. Vraiment?!

Publication: 11/02/2012 11:30

Élizabeth est responsable d'une pétition ayant recueilli plus de 55 000 signatures, exigeant que L'AIBA reconsidère sa décision suggérant le port de la jupe pour les athlètes féminines aux Jeux olympiques de Londres.

Avec les olympiques qui approchent à grands pas, c'est avec impatience que j'attends l'inauguration de la boxe féminine comme discipline officielle. Malgré son entrée plutôt tardive sur la scène olympique, la présence de boxeuses fera certainement des vagues dans un terrain encore dominé par les détenteurs du chromosome XY. Ayant tout récemment entrepris la boxe dans un gym londonien, je ressens d'autant plus l'excitation et l'impatience de finalement voir des femmes défiler en gants de boxe à l'occasion du plus grand évènement sportif de l'année.

En préparation pour les Jeux de Londres, l'Association Internationale de Boxe (AIBA) vient tout juste de se réunir pour déterminer, entre autres, l'uniforme des athlètes. Pour l'instant, aucune décision n'a été prise, mais tout porte à croire que l'AIBA va maintenir une position obligeant le port de la mini-jupe pour les athlètes de sexe féminin, afin de préserver leur (attention) "élégance" et assurer qu'elles soient "différenciables" (vous avez bien lu) de leurs camarades masculins.

La position de l'AIBA est complètement dépassée. Insister sur la délicatesse et la grâce d'une boxeuse ne rime certainement pas avec la nature de la discipline, ni avec le climat social actuel stipulant la soi-disant égalité des sexes. Qu'est-ce que l'élégance vient faire dans un sport comme la boxe de toute façon? À part être le parfait exemple d'une antithèse, je ne vois pas l'utilité de combiner ces deux concepts contradictoires dans le même ring.

La boxe est une discipline rigoureuse, épuisante qui entraîne un nombre incalculable d'ecchymoses, d'égratignures et de dégoulinades de sueur. Il serait complètement absurde de demander aux athlètes masculins de faire preuve d'élégance et de grâce -- alors pourquoi se permet-on de l'exiger aux femmes?

À ce jour, mon corps refuse toujours de me pardonner mon premier entraînement de boxe. La douleur fut si aiguë que le simple fait de taper un mot de trois lettres sur mon clavier était devenu une tâche quasi-olympique. La boxe a sa façon bien à elle d'animer et d'éveiller chacune des cellules de mon corps. Sans oublier que l'agressivité renferme une certaine beauté. Je n'oublierai jamais la stupéfaction de mon entraîneur lorsqu'il a pris conscience du niveau de ma force.

Nécessairement, une question me brûle les lèvres: qu'est-ce qui continue de choquer chez une femme qui démontre de la puissance?

Pourquoi une femme en pleine possession de ses moyens est-elle une menace qui motive l'AIBA à la restreindre dans une mini-jupe? Si une boxeuse en shorts dérange, ça veut dire que quelque part, il y a encore quelque chose qui dérange chez une femme en pleine maîtrise de ses compétences. Alors qu'on enseigne aux hommes de s'excuser pour leurs faiblesses, on enseigne encore aux femmes de s'excuser pour leurs forces.

En fait, la boxe englobe un système de références sociales dont on décourage souvent les filles à adopter. Et ça tombe bien, parce qu'il n'y a rien de plus satisfaisant que d'aller à l'encontre des attentes des autres.

Lorsqu'on vous suggère donc la fragilité, démontrez le courage d'être forte. Lorsqu'on vous exige la complaisance, démontrez la ténacité de résister. Lorsqu'on vous recommande de ralentir, faites preuve d'audace et allez plus vite. Lorsqu'on vous dit que vous méritez d'être regardée plutôt que d'être entendue, il devient impératif de crier plus fort.

Puisqu'on nous instruit souvent à obéir, il est temps de symboliquement enfiler nos gants de boxe et de métaphoriquement botter des derrières. Cette pétition n'est pas simplement à propos d'un morceau de tissu, mais plutôt à propos des athlètes qui pourraient y être contraints. Ce n'est pas leur uniforme qui est en jeu, mais bien leur crédibilité.

S'il y a une leçon que j'ai pu tirer de mon expérience dans le ring, c'est que lorsqu'on est la cible d'une volée, se replier en position fœtale n'est pas une option. Il faut garder la tête haute et se battre. Le respect, ça ne se demande pas, ça s'exige.

Signez la pétition d'Élizabeth et suivez-la sur Twitter.



 

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