Ce billet a été coécrit par Élisabeth Émond, diplômée de science politique de l'UQAM, et Florent Michelot, diplômé de science politique de l'Université Lille 2. En ce jour de congrès d'Option nationale, et en tant que membres fondateurs de ce parti, nous avons cru nécessaire de faire un retour sur les évènements qui ont bouleversé le Québec cette année, et sur la responsabilité, ou les possibles, que portent en eux les acteurs actuels d'un Québec en quête de changement.
Il y a un peu plus d'un an débutait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Québec: le bien nommé «printemps érable». Cette formule reprise par la presse internationale, en référence aux révoltes populaires qui ont secoué le Maghreb quelques mois plus tôt, ouvrait la porte aux plus grandes espérances.
Comme le disait Antonio Gramsci, «il y a crise lorsque le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître». Quoique parfois confus dans son expression, ce mouvement a su fédérer des citoyens de toutes générations aux revendications multiples. Pour paraphraser Nietzsche, «atteindre son idéal, c'est le dépasser du même coup» et c'est pourquoi les revendications d'une société complète ont dépassé la seule question des frais de scolarité: cette indignation était latente et ne cherchait finalement qu'une étincelle pour s'éveiller.
Un point de rencontre unique
Le développement durable, en passe de devenir le grand référentiel qui guidera l'action publique des prochaines décennies, a sans conteste été le cœur d'une convergence quasi naturelle entre les multiples sphères ayant animé le printemps érable. Ses trois pivots (social, écologie et économie) ont effectivement dessiné les contours d'une mobilisation qui allait marquer l'Histoire du Québec.
D'abord, sur le plan social, le mouvement de grève relatif aux frais de scolarité s'inscrivait dans une certaine continuité d'un tremblement social à l'échelle mondiale. Le phénomène «Occupons», de Madrid à Montréal, a contribué aux premiers soubresauts en créant un terrain fertile pour les revendications citoyennes. Ensuite, en réunissant un demi-million de citoyens dans les rues de Montréal pour la Journée de la Terre, la société québécoise exprimait une prise de conscience importante. Elle reconnaissait ainsi faire partie d'un écosystème marqué par une complexe codépendance et s'indignait de la façon inadéquate de gérer nos ressources environnementales.
Le billet d'Élisabeth Émond et de Florent Michelot se poursuit après la galerie
Photo: Victor Diaz Lamich.
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Enfin, dans une conjoncture où le système même du capitalisme financiarisé est de plus en plus critiqué, où les médecines rigoristes n'en finissent plus de montrer leurs effets néfastes, la question de la redistribution des richesses est redevenue une exigence. Le printemps érable a alors permis de faire rejaillir de la société civile, mais aussi des partis émergents, un discours économique progressiste et équitable, faisant ainsi taire l'espace d'un moment les discours misérabilistes et alarmistes des «déclinologues» de profession.
Catalyser la convergence des revendications
Ce point de rencontre était une impulsion tout indiquée pour entreprendre un virage qui aurait permis au Québec de se lancer sur la voie d'une nouvelle révolution tranquille. La sociologie politique nous apprend toutefois qu'une crise, si elle est le produit de ce genre de tensions, est aussi révélatrice de la solidité des institutions, c'est à dire des structures sociales en tant que système de relations sociales.
Les associations et syndicats étudiants ont joué un rôle prépondérant dans la mobilisation de la société. Toutefois, comme le mouvement national dépassait la seule question des frais de scolarité, il est vite devenu clair que ces groupes allaient devenir insuffisants pour canaliser l'ampleur de cette grogne aux multiples facettes.
Or, il est plus qu'évident que les deux grands partis historiques québécois, à la fois produits et facteurs de ces mêmes institutions, n'auraient pu relever le défi immense de ce virage qu'en allant à contre-courant de leur nature profonde. Cette ambition dépassait non pas leurs philosophies qui, autant sociale-démocrate que libérale, sont tout à fait louables et fondamentalement humanistes, mais elle dépassait leur mode de fonctionnement et leur rapport au citoyen, qui ne correspondent plus aux réalités et aux exigences de la société contemporaine. Quand les Québécois se sont levés, habités par cet aggiornamento, certains partis n'ont pu répondre présents.
Opérationnaliser le changement de paradigme
Tant que les partis politiques québécois baseront leur gouvernance sur le modèle technocratique désuet des Trente glorieuses, le Québec ne parviendra pas à se sortir de ce paradigme, dans lequel pourtant il ne se reconnaît plus. Tant que les prises de décisions ne composeront pas avec une refondation citoyenne participative, cette démocratie étouffera, encore, parce que confisquée.
Ainsi, nous pensons qu'il faut essentiellement deux évolutions au mode de gouvernance contemporain pour que puisse enfin émerger cette mutation, fortement revendiquée l'an passé, et rendue nécessaire par les impératifs du 21e siècle. Ces changements permettront, d'une part, d'activer le transfert de paradigme et, d'autre part, d'en assurer la pérennité sur le plan de nos institutions démocratiques.
Premièrement, la réappropriation du politique par la société civile est nécessaire. Si la mobilisation fut certes un élément prometteur pour un changement politique au Québec, elle est loin d'être suffisante. Ce mouvement doit maintenant s'accompagner d'une maîtrise et d'une compréhension de l'appareil politique. Le contraire supposerait que, de façon un peu hypocrite, on prétende opérer un changement majeur dans le mode de gouvernance de l'État sans jamais aller sur le fond de la chose. Ainsi, la pédagogie et l'éducation populaire seront des leviers primordiaux à une transformation en profondeur.
Deuxièmement, la mise en place d'une réforme devra impliquer un modèle de démocratie participative de standard élevé, visant ainsi à renouer avec les fondements de la démocratie moderne liée à la reddition de compte. Plus que le slogan galvaudé que l'on brandit trop souvent, il s'agirait donc là du plus fidèle garant d'un processus qui vise à redonner confiance dans l'État de droit et à se réapproprier les sphères de pouvoir. Si certains acteurs prétendent s'inscrire dans un nouveau mode de gouvernance, ils devraient être en mesure de proposer concrètement une manière de « faire de la politique autrement », sans quoi leur discours ne servirait au final qu'à masquer un conservatisme méthodologique.
Changer la société, certainement, mais il serait aussi illusoire, pour ne pas dire contre-productif, d'espérer y parvenir en évoluant à sa marge. À cet effet, les conséquences de la crise économique qui s'étend à travers le monde nous rappellent la dangerosité de ceux qui prétendent «faire de la politique autrement» en s'exonérant des règles démocratiques, sous prétexte des vicissitudes passées.
La Révolution tranquille est restée inachevée parce qu'elle n'a pas su remettre en cause le confort de notre indifférence. Le printemps érable est en passe de subir le même sort si les discours ne s'accompagnent pas du cheminement évoqué ici. Qui veut réellement changer la société doit savoir pour quoi et comment le faire. Alors, de l'air pour le Québec moderne!, le printemps revient. Ne reste plus qu'à chacun de nous d'incarner ce changement jusqu'à ce qu'il s'enracine réellement dans un Québec devenu moderne. La révolution civique est la clef du plus grand projet collectif qui soit: la formation d'une nouvelle Cité libre.
Suivre Élisabeth Émond sur Twitter: www.twitter.com/elisemond
Ceci me fait penser au language de technocrate de Marcil à la commission Charbonneau: Processus, problématique, tenant et aboutissants. Le genre de discours que les élèves de l'Uquam doivent régurgiter au prof pour passer le cours de sciences po.
Essayez donc de dire succintement ce que vous voulez sans vous écouter écrire..
1- Les gens en ont plein le casse: d'oû occupy Wall Street. Rien à voir avec nos petits étudiants
2- Mettre en place un démocratie participative: mots un peu vagues. Expliquez donc ce que c'est au lieu de divaguer
3- Il faut avoir un autre ''processus '' (Marcil??) pour gouverner. Lesquels au juste?
Donc votre grande diahrrée de motes se résume à trois lignes: pour votre travail de composition française, je vous colle donc 30%.
"mouvement social"... laissez-moi rire. Ce n'était qu'une crise d'insatisfaction contre Charest financée par les syndicats.
pour le reste : ce ne sont que des élucubrations collectivistes. Il n'y a pas de "nous"; il n'y a que des individus
ça demeure des individus groupés ensemble, pas une masse indistincte. Sans compter que l'intérêt égoïste de chacun mène à se regrouper pour travailler plus efficacement
"Autrement dit, vous ne devez votre survie qu'à ce que vous abhorrez le plus: l'État. "
L'État a développé la science et toutes les améliorations de la vie quotidienne?
La ''grand mouvement social'' a accouché d'une souris.
Il aurait d'abord fallu que ceux qui y participent sachent pourquoi il le faisait.
J'ai l'impression d'écouter les laius du parti socialiste francais, on a vu ce que cà a donné ...
quand est venu le temps de la confronter avec la réalité.
Mais, madame, vous vous placez justement dans la marge en utilisant un langage, que dis-je, un jargon que seuls les profs d'université à 150,000$ pas année utilisent pour justifier leur salaire.
Votre langage est complètement contre-productif lorsqu'il s'agit de communiquer au plus grand nombre. Les concepts les plus complexes doivent s'exprimer avec les mots les plus simples.
Drôle de «paradigme» que d'utiliser un langage d'initiés dans un média populaire.
http://www.lulu.com/shop/yanick-barrette/le-printemps-%C3%A9rable-les-fondements-dun-changement/paperback/product-20524144.html
Je ne doute point que vous soyez fort brillante, plus que moi probablement. J'ai lu votre texte et je me suis demandé à qui vous vous adressiez. Certainement pas au Québécois moyen, très certainement pas à la majorité des gens de notre province, qui sont ceux que j'ai rencontrés et traités dans les hôpitaux pendant 40 ans. Votre plume est ésotérique, touffue, vos phrases trop longues, beaucoup des mots que vous choisissez sont incompréhensibles pour l'homo quebecensis de tous les jours. J'ai pris le temps de vous écrire ceci, non pour vous froisser, mais pour que vous expliquiez votre façon de voir. Je vous cite Montaigne: "Le langage que je préfère, c'est un langage simple et naturel, tel sur le papier qu'à la bouche..." et Léonard de Vinci: "La simplicité est la sophistication extrême." Très peu de roseaux-pensants québécois peuvent donner la définition d'un paradigme...
Claude Dufour
Chirurgien