Élisabeth Émond

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La marche d'un peuple: du printemps érable au changement de paradigme

Publication: 02/03/2013 09:30

Ce billet a été coécrit par Élisabeth Émond, diplômée de science politique de l'UQAM, et Florent Michelot, diplômé de science politique de l'Université Lille 2. En ce jour de congrès d'Option nationale, et en tant que membres fondateurs de ce parti, nous avons cru nécessaire de faire un retour sur les évènements qui ont bouleversé le Québec cette année, et sur la responsabilité, ou les possibles, que portent en eux les acteurs actuels d'un Québec en quête de changement.

Il y a un peu plus d'un an débutait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Québec: le bien nommé «printemps érable». Cette formule reprise par la presse internationale, en référence aux révoltes populaires qui ont secoué le Maghreb quelques mois plus tôt, ouvrait la porte aux plus grandes espérances.

Comme le disait Antonio Gramsci, «il y a crise lorsque le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître». Quoique parfois confus dans son expression, ce mouvement a su fédérer des citoyens de toutes générations aux revendications multiples. Pour paraphraser Nietzsche, «atteindre son idéal, c'est le dépasser du même coup» et c'est pourquoi les revendications d'une société complète ont dépassé la seule question des frais de scolarité: cette indignation était latente et ne cherchait finalement qu'une étincelle pour s'éveiller.

Un point de rencontre unique

Le développement durable, en passe de devenir le grand référentiel qui guidera l'action publique des prochaines décennies, a sans conteste été le cœur d'une convergence quasi naturelle entre les multiples sphères ayant animé le printemps érable. Ses trois pivots (social, écologie et économie) ont effectivement dessiné les contours d'une mobilisation qui allait marquer l'Histoire du Québec.

D'abord, sur le plan social, le mouvement de grève relatif aux frais de scolarité s'inscrivait dans une certaine continuité d'un tremblement social à l'échelle mondiale. Le phénomène «Occupons», de Madrid à Montréal, a contribué aux premiers soubresauts en créant un terrain fertile pour les revendications citoyennes. Ensuite, en réunissant un demi-million de citoyens dans les rues de Montréal pour la Journée de la Terre, la société québécoise exprimait une prise de conscience importante. Elle reconnaissait ainsi faire partie d'un écosystème marqué par une complexe codépendance et s'indignait de la façon inadéquate de gérer nos ressources environnementales.

Le billet d'Élisabeth Émond et de Florent Michelot se poursuit après la galerie

Enfin, dans une conjoncture où le système même du capitalisme financiarisé est de plus en plus critiqué, où les médecines rigoristes n'en finissent plus de montrer leurs effets néfastes, la question de la redistribution des richesses est redevenue une exigence. Le printemps érable a alors permis de faire rejaillir de la société civile, mais aussi des partis émergents, un discours économique progressiste et équitable, faisant ainsi taire l'espace d'un moment les discours misérabilistes et alarmistes des «déclinologues» de profession.

Catalyser la convergence des revendications

Ce point de rencontre était une impulsion tout indiquée pour entreprendre un virage qui aurait permis au Québec de se lancer sur la voie d'une nouvelle révolution tranquille. La sociologie politique nous apprend toutefois qu'une crise, si elle est le produit de ce genre de tensions, est aussi révélatrice de la solidité des institutions, c'est à dire des structures sociales en tant que système de relations sociales.

Les associations et syndicats étudiants ont joué un rôle prépondérant dans la mobilisation de la société. Toutefois, comme le mouvement national dépassait la seule question des frais de scolarité, il est vite devenu clair que ces groupes allaient devenir insuffisants pour canaliser l'ampleur de cette grogne aux multiples facettes.

Or, il est plus qu'évident que les deux grands partis historiques québécois, à la fois produits et facteurs de ces mêmes institutions, n'auraient pu relever le défi immense de ce virage qu'en allant à contre-courant de leur nature profonde. Cette ambition dépassait non pas leurs philosophies qui, autant sociale-démocrate que libérale, sont tout à fait louables et fondamentalement humanistes, mais elle dépassait leur mode de fonctionnement et leur rapport au citoyen, qui ne correspondent plus aux réalités et aux exigences de la société contemporaine. Quand les Québécois se sont levés, habités par cet aggiornamento, certains partis n'ont pu répondre présents.

Opérationnaliser le changement de paradigme

Tant que les partis politiques québécois baseront leur gouvernance sur le modèle technocratique désuet des Trente glorieuses, le Québec ne parviendra pas à se sortir de ce paradigme, dans lequel pourtant il ne se reconnaît plus. Tant que les prises de décisions ne composeront pas avec une refondation citoyenne participative, cette démocratie étouffera, encore, parce que confisquée.

Ainsi, nous pensons qu'il faut essentiellement deux évolutions au mode de gouvernance contemporain pour que puisse enfin émerger cette mutation, fortement revendiquée l'an passé, et rendue nécessaire par les impératifs du 21e siècle. Ces changements permettront, d'une part, d'activer le transfert de paradigme et, d'autre part, d'en assurer la pérennité sur le plan de nos institutions démocratiques.

Premièrement, la réappropriation du politique par la société civile est nécessaire. Si la mobilisation fut certes un élément prometteur pour un changement politique au Québec, elle est loin d'être suffisante. Ce mouvement doit maintenant s'accompagner d'une maîtrise et d'une compréhension de l'appareil politique. Le contraire supposerait que, de façon un peu hypocrite, on prétende opérer un changement majeur dans le mode de gouvernance de l'État sans jamais aller sur le fond de la chose. Ainsi, la pédagogie et l'éducation populaire seront des leviers primordiaux à une transformation en profondeur.

Deuxièmement, la mise en place d'une réforme devra impliquer un modèle de démocratie participative de standard élevé, visant ainsi à renouer avec les fondements de la démocratie moderne liée à la reddition de compte. Plus que le slogan galvaudé que l'on brandit trop souvent, il s'agirait donc là du plus fidèle garant d'un processus qui vise à redonner confiance dans l'État de droit et à se réapproprier les sphères de pouvoir. Si certains acteurs prétendent s'inscrire dans un nouveau mode de gouvernance, ils devraient être en mesure de proposer concrètement une manière de « faire de la politique autrement », sans quoi leur discours ne servirait au final qu'à masquer un conservatisme méthodologique.

Changer la société, certainement, mais il serait aussi illusoire, pour ne pas dire contre-productif, d'espérer y parvenir en évoluant à sa marge. À cet effet, les conséquences de la crise économique qui s'étend à travers le monde nous rappellent la dangerosité de ceux qui prétendent «faire de la politique autrement» en s'exonérant des règles démocratiques, sous prétexte des vicissitudes passées.

La Révolution tranquille est restée inachevée parce qu'elle n'a pas su remettre en cause le confort de notre indifférence. Le printemps érable est en passe de subir le même sort si les discours ne s'accompagnent pas du cheminement évoqué ici. Qui veut réellement changer la société doit savoir pour quoi et comment le faire. Alors, de l'air pour le Québec moderne!, le printemps revient. Ne reste plus qu'à chacun de nous d'incarner ce changement jusqu'à ce qu'il s'enracine réellement dans un Québec devenu moderne. La révolution civique est la clef du plus grand projet collectif qui soit: la formation d'une nouvelle Cité libre.

 

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Ce billet a été coécrit par Élisabeth Émond, diplômée de science politique de l'UQAM, et Florent Michelot, diplômé de science politique de l'Université Lille 2. En ce jour de congrès d'Opti...
 
 
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Francois Blanchette
08:24 sur 06/03/2013
On aime beaucoup au Québec les formules pompeuses, vides de sens, pour jeter de la poudre aux yeux et réécrire l'histoire : "le printemps érable", "la révolution tranquille VS la grande noirceur", "la nuit des longs couteaux"...
11:06 sur 03/03/2013
''Le développement durable, en passe de devenir le grand référentiel qui guidera l'action publique des prochaines décennies, a sans conteste été le cœur d'une convergence quasi naturelle entre les multiples sphères ayant animé le printemps érable''

Ceci me fait penser au language de technocrate de Marcil à la commission Charbonneau: Processus, problématique, tenant et aboutissants. Le genre de discours que les élèves de l'Uquam doivent régurgiter au prof pour passer le cours de sciences po.


Essayez donc de dire succintement ce que vous voulez sans vous écouter écrire..


1- Les gens en ont plein le casse: d'oû occupy Wall Street. Rien à voir avec nos petits étudiants

2- Mettre en place un démocratie participative: mots un peu vagues. Expliquez donc ce que c'est au lieu de divaguer

3- Il faut avoir un autre ''processus '' (Marcil??) pour gouverner. Lesquels au juste?


Donc votre grande diahrrée de motes se résume à trois lignes: pour votre travail de composition française, je vous colle donc 30%.
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Francois Blanchette
08:26 sur 03/03/2013
Wow, tout un "grand mouvement social", animé surtout par la jalousie dont le seul mot d'ordre réel est : faisons payer les autres. Et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif, dont la violence.
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Pedro Individuo
07:57 sur 03/03/2013
.Il y a un peu plus d'un an débutait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Québec"

"mouvement social"... laissez-moi rire. Ce n'était qu'une crise d'insatisfaction contre Charest financée par les syndicats.

pour le reste : ce ne sont que des élucubrations collectivistes. Il n'y a pas de "nous"; il n'y a que des individus
09:31 sur 04/03/2013
C'est quand même étrange Pedro, depuis que l'aube de l'humanité, le cerveau le plus primitif a compris qu'à 2, 5, 25, 100,...bref en formant un groupe, ils étaient plus fort qu'un individu isolé. Cela impliquait bien sûr la mise en commun du produit de la chasse et des prises de décisions COLLECTIVES. J'imagine que de tout temps il y a eu des esprits un peu obtus qui n'ont pas voulu voir les avantages que procurait la collectivité. L'homme étant ce qu'il, la sélection naturelle a fait sont œuvre et ils se sont fait éliminer, incapables de se défendre contre les groupes organisés. Heureusement pour vous, nous sommes plus civilisés. Autrement dit, vous ne devez votre survie qu'à ce que vous abhorrez le plus: l'État. Ironique non ?
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Pedro Individuo
17:39 sur 04/03/2013
"bref en formant un groupe, ils étaient plus fort qu'un individu isolé"
ça demeure des individus groupés ensemble, pas une masse indistincte. Sans compter que l'intérêt égoïste de chacun mène à se regrouper pour travailler plus efficacement
"Autrement dit, vous ne devez votre survie qu'à ce que vous abhorrez le plus: l'État. "
L'État a développé la science et toutes les améliorations de la vie quotidienne?
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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07:33 sur 03/03/2013
La gauche est en train de tuer l'idée d'indépendance. Le mouvement indépendantiste n'aura aucune chance s'il ne se recentre pas.
07:26 sur 03/03/2013
bondieuseries socials démocrates ...
La ''grand mouvement social'' a accouché d'une souris.
Il aurait d'abord fallu que ceux qui y participent sachent pourquoi il le faisait.
J'ai l'impression d'écouter les laius du parti socialiste francais, on a vu ce que cà a donné ...
quand est venu le temps de la confronter avec la réalité.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
21:24 sur 02/03/2013
Vous dites : « Changer la société, certainement, mais il serait aussi illusoire, pour ne pas dire contre-productif, d'espérer y parvenir en évoluant à sa marge.»

Mais, madame, vous vous placez justement dans la marge en utilisant un langage, que dis-je, un jargon que seuls les profs d'université à 150,000$ pas année utilisent pour justifier leur salaire.
Votre langage est complètement contre-productif lorsqu'il s'agit de communiquer au plus grand nombre. Les concepts les plus complexes doivent s'exprimer avec les mots les plus simples.

Drôle de «paradigme» que d'utiliser un langage d'initiés dans un média populaire.
17:29 sur 02/03/2013
Pour les intéressés, je vais en profiter pour pousser mon livre : "Le Printemps érable : les fondements d'un changement"

http://www.lulu.com/shop/yanick-barrette/le-printemps-%C3%A9rable-les-fondements-dun-changement/paperback/product-20524144.html
16:22 sur 02/03/2013
Madame Émond,
Je ne doute point que vous soyez fort brillante, plus que moi probablement. J'ai lu votre texte et je me suis demandé à qui vous vous adressiez. Certainement pas au Québécois moyen, très certainement pas à la majorité des gens de notre province, qui sont ceux que j'ai rencontrés et traités dans les hôpitaux pendant 40 ans. Votre plume est ésotérique, touffue, vos phrases trop longues, beaucoup des mots que vous choisissez sont incompréhensibles pour l'homo quebecensis de tous les jours. J'ai pris le temps de vous écrire ceci, non pour vous froisser, mais pour que vous expliquiez votre façon de voir. Je vous cite Montaigne: "Le langage que je préfère, c'est un langage simple et naturel, tel sur le papier qu'à la bouche..." et Léonard de Vinci: "La simplicité est la sophistication extrême." Très peu de roseaux-pensants québécois peuvent donner la définition d'un paradigme...
Claude Dufour
Chirurgien
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Fineyoung
17:14 sur 02/03/2013
Ce que j'ai compris c'est que les programmes de partis politiques c'est pas bon. Ça ne sert plus d'aller voter car des groupes d'intérêts vont prendre la rue pour parler au nom du peuple et se substituer à la voix de l'électorat et ainsi faire dérailler un train qui fait fausse route.... à leur yeux. La participation citoyenne, c'est quoi ça quand t'es pas affilié à un syndicat ou une corporation professionnelle? Qui va t'écrouler ?
07:30 sur 03/03/2013
Je me demande bien comment la ''participation citoyenne' peut bien se gérer autrement que par la démocratie. On n'a pas réinventé le bouton à 4 trous.