Elaine Michaud

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Eau contaminée à Shannon: pour une solution humaine

Publication: 17/10/2012 14:13

À la suite du revers judiciaire essuyé par les citoyens de Shannon victimes de l'eau contaminée au TCE, le gouvernement du Canada n'a qu'une seule option moralement acceptable devant lui: adopter un projet de loi pour indemniser adéquatement ceux qui ont souffert de cette catastrophe environnementale.

C'est la seule conclusion logique à laquelle on peut arriver en analysant les tenants et aboutissants de ce dossier. Rappelons un peu les faits: en 2001, les résidants de Shannon apprennent que l'eau qu'ils boivent est contaminée au TCE, une substance chimique utilisée par l'armée canadienne qui avait été mal entreposée par les militaires de la base de Valcartier. Les citoyens se sont regroupés et ont entamé un recours collectif afin d'être dédommagés. Selon les chiffres qu'ils ont compilés, le nombre de cas de cancer est anormalement élevé dans leur communauté.

Or, la Cour supérieure a tranché en juin que, bien que la contamination ait été prouvée, il n'en allait pas de même pour le lien de causalité entre le TCE et les cancers. La cause a donc été rejetée et, depuis ce temps, les victimes de ce désastre ne savent plus quoi faire pour obtenir réparation.

Cette semaine, j'ai dévoilé que j'examinais la possibilité de déposer un projet de loi sur l'indemnisation des citoyens de Shannon. Le texte de la loi pourrait s'inspirer du Janey Ensminger Act, un texte législatif américain qui permet aux gens exposés à de l'eau contaminée en Caroline du Nord de recevoir des soins de santé appropriés, et ce, sans avoir à prouver un lien de cause à effet quelconque.

Comme certains le savent, j'ai déjà déposé une motion au Parlement pour demander au gouvernement de répondre favorablement à la demande d'indemnisation des citoyens de Shannon. Les conservateurs, majoritaires, l'ont toutefois rejetée. Ce projet de loi constituerait une étape supplémentaire dans la quête de justice de ces citoyens.

En tant que représentante de mes concitoyens et concitoyennes auprès du gouvernement, je ne peux que les appuyer dans leur quête de justice. Le cancer est une maladie terrible que personne ne devrait avoir à affronter. Le fait que plusieurs cas à Shannon soient liés au TCE est troublant: la moindre des choses serait d'indemniser convenablement les victimes et ainsi leur permettre de retrouver un semblant de qualité de vie. Au-delà des simples considérations environnementales, il s'agit à mon avis de la seule façon pour le gouvernement canadien de jouer le rôle qui lui revient.

 
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À la suite du revers judiciaire essuyé par les citoyens de Shannon victimes de l'eau contaminée au TCE, le gouvernement du Canada n'a qu'une seule option moralement acceptable devant lui: adopter u...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
21:28 sur 18/10/2012
D'après ce que je peux voir, le gouvernement conservateur préfère donner l'argent à leurs amis avocats. À payer les juges qu'ils ont eux-mêmes nommés. Je suis peux-être sarcastique, mais si cela avait été près d'une base militaire dans l'Ouest Canadien, est-ce que le résultat aurait été le même? Après tout, les gens de Shannon n'ont pas voté du bon bord.
20:08 sur 18/10/2012
Vos lecteurs doivent comprendre en vous lisant que le TCE (trichloroéthylène) ne serait pas cancérogène suivant l'avis de justice rendu ("Or, la Cour supérieure a tranché en juin que, bien que la contamination ait été prouvée, il n'en allait pas de même pour le lien de causalité entre le TCE et les cancers. La cause a donc été rejetée et, depuis ce temps, les victimes de ce désastre ne savent plus quoi faire pour obtenir réparation."). Il est évident que le TCE est une substance cancérogène (http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/198-CartableEau/fiche_tce_06_10.pdf). Cependant, il n'a pas pu être prouvé que les cancers dans la population étaient causé par le TCE. Cela met en évidence toute la difficulté dans ce type de cause. Il faudrait vraiment une loi qui revoit le fardeau de preuve en ces matières.
17:01 sur 17/10/2012
Le gouvernement a fait preuve d’une mauvaise foi crapuleuse compte tenu des circonstances. Un lien direct entre une contamination environnementale et un taux plus élevé de cancers est, dans la pratique, extrêmement difficile à établir avec certitude, et ce pour plusieurs raisons. La première et la plus évidente c’est que pour que la preuve irréfutable il faudrait exposer expérimentalement des volontaires au risque d’induire chez eux le même type de cancer. C’est bien sûr inacceptable. On utilise alors les modèles animaux. En général si les tests sont négatifs, les compagnies de produits chimiques ou dans ce cas les ‘toxicologues’ du gouvernement clameront que leur produits n’est pas cancérigène. Mais si les tests sont positifs, ils clameront au contraire qu’une souris, un rat ou un chien n’est pas un homme et que le modèle a ses limites (ces limites sont connues et acceptées par la communauté scientifique). Reste alors les études épidémiologiques. Si le taux de cancer a augmenté partout où le produit est utilisé, il y a fort à parier qu’il pourrait y avoir un lien de cause à effet. Mais encore là, il faut que 1) le produit soit largement utilisé 2) que les études existent. Or le TCE est un produit à usage très restreint. Mais même lorsque les 2 conditions sont rencontrées, pensons à la cigarette : cela a pris des 10aines d’années avant que le lien de cause à effet entre fumer et une augmentation du risque de cancer soit reconnu.