Dr. John Keyserlingk

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La radiothérapie: une autre arme dans notre combat contre le cancer du sein

Publication: 19/10/2012 11:44

Au début du 20e siècle, on croyait fermement que la chirurgie à elle seule suffisait pour vaincre le cancer du sein. Les chirurgiens enlevaient complètement le sein et les structures avoisinantes, y compris presque tous les ganglions lymphatiques. Les séquelles d'une telle procédure étaient souvent très sérieuses et pouvaient entre autres provoquer un gonflement extrême du bras.

Fort heureusement, la découverte du radium par Pierre et Marie Curie a révolutionné la médicine et modifié les méthodes de traitement du cancer. Les deux scientifiques ont découvert que cet élément produit des rayons capables de pénétrer les cellules malignes d'un corps cancéreux. Ce qu'ils ignoraient encore, c'est que ces rayons peuvent également interrompre la reproduction frénétique des cellules malignes déjà fragilisées et couper l'apport sanguin qu'exige une croissance tumorale.

Dès les années 1930, quelques publications parurent décrivant la façon dont la radiothérapie pouvait faire « fondre » une tumeur maligne au sein. Pourtant, l'attente d'une Seconde Guerre mondiale imminente et la fidélité du corps médical pour la mastectomie ralentirent le développement de nouvelles méthodes de traitement du cancer du sein. Dans les années 1980,des essais cliniques ont démontré que la combinaison d'une mastectomie partielle et de la radiothérapie, qui détruisait les cellules malignes qui avaient jusqu'alorsrésisté à la chirurgie, permet d'obtenir le mêmecontrôle local que la mastectomietotale pour la majorité des tumeurs Ainsi, la radiothérapie a été enfin admise dans l'arsenal thérapeutiqueofficiel du combat contre le cancer du sein.

La radiothérapie est une technique qui coute cher. Elle exige la construction de salles blindées souterraines et l'acquisition d'ordinateurs et de technologies d'imagerie complexes qui sont nécessaires pour bien viser le tissus mammaire corrompuet éviter des dommages collatéraux aux structures avoisinantes du sein, comme le cœur et les poumons.

Puisque les tissus résiduels du sein visés par la radiothérapie ne peuvent tolérer un dosage trop concentré de rayons, les radiooncologues doivent administrer le dosage total prévu en plusieurs séances. Cela exige des patientes qu'elles se soumettent habituellement à de 20à 25 visites consécutives sur une périodede 5 à 6 semaines.

Ce va-et-vient quotidien peut représenterun obstacle important pour les patientes qui ont déjà subi une mastectomie partielle et qui onthâte d'en finir avec les traitements pour enfin reprendre lavie normale. C'est surtout difficile pour celles qui habitent loin d'un centre de radiothérapie. Il arrive même que certaines femmes optent pour une mastectomie totale afin d'éviter ce va-et-vient. Une solution de traitement plus commode serait la bienvenue...

Après avoir revu les dossiers de milliers de patientes ayant uniquement subi une chirurgie, la communauté médicalea établi que la majorité des récurrencesavaient lieu près de la zone opérée. Ce constata motivéla création deplusieurs nouvelles techniquesde soins- comme la curiethérapie (ou brachythérapie), la mammosite ou la radiothérapie externe partielle - qui peuvent toutes livrer des sources (ou semences) de radiothérapie localementet de manière plus intense autour la zone opérée, mais le tout en une semaine ou deux.

La technique élaborée le plus récemment, appeléeradiothérapie intra-opératoire-IORT, permetde livrer la dose nécessaire de radiothérapie dans la salle d'opération à l'intérieur de la cavité laissée tout juste après l'exérèse de la tumeur. Ça ajoute une heure à la chirurgie, mais ça éviteentre 4 et6 semaines d'aller-retour.

Toutes ces nouvelles techniques sont réservéesauxtumeurslocales et plus petites.Grâce aux outils dedépistageprécoce, la majoritédes patientes qui vont confronter le cancer du sein pourront donc bénéficier de ces avancées en radiothérapie.

Il faut toutefois noterque la chirurgie et la radiothérapie peuvent toutes deux provoquer des séquelles physiques etpsychologiques. C'est pourquoi je vous recommande fortement de puiser conseil auprès de votre médecin, psychologue, nutritionniste, etc. afin de vous donner tous les moyens nécessaires pour surmonter cette épreuve.

Dans mon prochain billet, je compte démystifier la chimiothérapie, l'hormonothérapie, et les agents moléculaires ciblés. Avez-vous des questions sur ces sujets?

Portez-vous bien!

 
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