Dr. John Keyserlingk

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Dr. John Keyserlingk
 

La guerre contre le cancer du sein, d'hier à aujourd'hui

Publication: 27/09/2012 16:38

Je suis très heureux de me joindre à l'équipe de blogueurs du Huffington Post Québec à l'occasion du Mois de la sensibilisation au cancer du sein. Au cours des prochaines semaines, j'ai le mandat de partager avec vous l'histoire de notre guerre contre le cancer, et plus spécifiquement en matière de prévention, de détection et de traitement du cancer du sein.

Commençons tout d'abord par recadrer le propos. Le cancer est une maladie très complexe et est aujourd'hui la plus redoutée.Si on en parle surtout du cancer depuis le milieu du 20e siècle, il existe d'anciens manuscrits qui datent de 2000 ans avant Jésus-Christ qui décrivent en détail des cas de cancer du sein. Le mot « cancer » nous vient du mot grec « karkinos », qui veut dire « crabe ».Cette appellation fut choisie par Hippocrate, le père de la médecine, pour tenter de décrire les masses qu'il découvrait chez ses patients. Ces masses étaient souvent accompagnées d'extensions locales.

Pendant plusieurs siècles, le cancer était une maladie dont on parlait peu, surtout parce qu'il semblait résister à toute forme de « traitement ». Les médecins d'antan suivaient alors le dogme faussé de Galen, une« sommité »du milieu médical au début de l'ère chrétienne,qui avançait que le cancer était dû à un déséquilibre d'une des quatre humeurs corporelles, plus spécifiquement la « bile noire » qui provoquerait selon lui la mélancolie (« melan »signifie « noire », et « colie» la « bile »). Galen établissait donc déjà un rapport intéressant - bien que simpliste -entre la dépression et l'apparition d'un cancer. Donc, pas de question d'enlever les tumeurs, car la bile noire réapparaîtrait aussitôt.

Le cancer a donc été relégué aux oubliettes pour les prochaines 15 siècles, pendant lesquels de nombreuses épidémie sont menacé la survie de l'ensemble de la population. En effet, à cette époque une personne survivait rarement au-delà de la quarantaine, notamment l'âge où le cancer commence surtout à frapper ses victimes.

Il faudra attendre la publication des ouvrages détaillés de Vesalius sur l'anatomie humaine(1543)pour enfin rejeter le concept loufoque des humeurs de Galen. Suivront ensuite les percées scientifiques de Hunter et Lister, les pères respectifs de la chirurgie et de l'asepsie chirurgicale, et l'arrivée de l'anesthésie générale par éther au 19e siècle pour enfin élaborer d'une méthode chirurgicale et scientifique pour traiter le cancer.

Malgré la combinaison prometteuse de la chirurgie et de la radiothérapie,introduite par Marie et Pierre Curie au tout début du 20e siècle, il est vite devenu évident dans les années 1950 que le cancer allait être beaucoup plus complexe à maîtriser que les autres maladies, dont la typhoïde, la polio, la tuberculose et la pneumonie, qui avaient toutes déjà été quasi-éliminées grâce à l'élaboration de médicaments tels que la pénicilline.

Trouver le « médicament miracle » contre le cancer pressait puisque le nombre de cas de cancers augmentait aussi rapidement que le taux de survie, qui a augmenté de 25 ans juste pendant la première moitié du 20e siècle! C'est Sidney Farber, un pathologiste et hématologue de Boston, qui a injecté pour la première fois en 1950 un agent anti-acide folique par voie intraveineuse pour traiter le cancer.Cette technique a fait reculer des milliards de cellules cancéreuses, les tumeurs, et la mort certaine de plusieurs patients. C'était la naissance de la chimiothérapie :la troisième arme de notre guerre soutenue contre le cancer.Depuis,nos patientes bénéficient de plusieurs autres victoires importantes

Dans mes prochains billets, je vous propose d'aborder divers sujets reliés au cancer du sein, entre autres l'évolution des traitements ainsi que les nouvelles technologies pour promouvoir la prévention et une détection précoce. Je vous invite à m'interpeller en laissant un commentaire sur ce billet ou sur Twitter pour toute question précise sur le cancer du sein.

Portez-vous bien!

 
Suivre Le HuffPost Québec