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La chirurgie dans le traitement du cancer du sein

09/10/2012 04:58 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST
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Au début du 20esiècle, la mastectomie radicale était le dogme et on pratiquait systématiquement l'ablation complètedu sein, des muscles sous-jacents, parfois même dessections du thorax, de tous les ganglions lymphatiques possiblement atteints et souvent d'une quantité assez importante de peau.

Cette approche plutôt barbare a persisté pendant cinq décennies, jusqu'à ce qu'elle soit enfin contestée par quelques chirurgiens plus éclairés, ainsi que par les patientes ayant souffert des séquelles de cette chirurgie,souvent sans évidence scientifique d'une survie accrue. Graduellement, la mastectomie radicale a été remplacéepar la mastectomie radicale modifiée, qui se limitait à l'ablation totale du sein avec une excision plus limitée des ganglions lymphatiques avoisinants.

Au milieu des années 1970, il existait déjà une école de chirurgiens progressistes, dont faisait partie Dr Norman Béliveau, mon professeur de chirurgie à l'Université McGill et mon cofondateur du Centre du sein de VM Medical. Celui-ci ne retirait que la tumeur et une marge limitée de tissu mammaire environnant, laissant donc intacte la majorité du sein.Cette technique, appeléemastectomie partielle, limitait enfin l'impact psychologique lié à la perte d'un sein complet. Par contre, une certaine inquiétude subsistait, alors qu'on se demandait si cette chirurgie plus ciblée amènerait une réduction de taux de survie des patientes.

Dans les années 1980, afin de résoudre cette question de manière scientifique, le milieu médical international a organisé une série d'essais cliniques pour comparer la mastectomie partielle et la mastectomie totale.

La tendance actuelle en faveur d'une thérapie de conservation du sein doit son existence aux milliers de femmes courageuses et progressistes ayant gracieusement accepté de participer à ces essais, incluant plusieursdes patientes du Centre du sein de VM Medical. Ces essais cliniques ont permis de conclure que la mastectomie partielle, accompagnée de radiothérapie, ne compromettait pas la survie en autant que la tumeur était localisée et limitée.

Puisque l'accent actuel est mis sur un diagnostic précoce la grande majorité des patientes ayant récemment été diagnostiquées d'unun cancer du sein sont éligibles à une thérapie de conservation du sein. Avec l'arrivéede la mammographie numérique plein champ, de l'échographie 4D et de l'imagerie par résonance magnétique (IRM) , le chirurgien peut mieux évaluer l'étendue tumorale avant la chirurgie et ainsi minimiservoiremême éliminer leseffets secondaires et séquellesdésagréables.

Bien que la réduction de l'étendue de la chirurgie soit un objectif digne de mention, chaque cas nécessite une approche sélective tenant compte autant des priorités personnelles de la patiente que des recommandations de son équipe soignante. Dans certains cas précis, il est encore nécessaire de retirer le sein en entier pour avoir une maîtrise optimale du cancer.

Heureusement pour ces patientes, la reconstruction mammaire par prothèse ou par transplantationde tissus peutpermettre d'atteindred'excellents résultats esthétiques. Lorsque cette procédure est pratiquée simultanément avecl'ablation du sein, le traumatisme psychologique lié à la perte d'un sein peut être réduit voireévité.

Dans mon prochain billet, je parlerai de la radiothérapie et de la chimiothérapie. N'hésitez pas à me faire parvenir vos questions par Twitter (@DrK_VMMed) ou en commentant ce billet.

Portez-vous bien!