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Le pragmatisme québécois

26/10/2014 08:19 EDT | Actualisé 26/12/2014 05:12 EST

Dans le mode de communication organisationnelle, les Québécois optent pour la simplicité dans les messages plutôt que la complexité. Dans la structure organisationnelle, comme dans la vie concrète de tous les jours, les messages sont clairs.

Dans le processus de sélection ou de présélection des candidats, les employeurs n'ont pas le temps de faire une gymnastique intellectuelle en regardant le curriculum vitae. Étant donné qu'ils ont quelques secondes pour regarder le CV, celui-ci doit être précis et adapté aux exigences du poste convoité. La nécessité d'adapter le curriculum vitae aux exigences du poste devient une réalité de la culture entrepreneuriale au Québec.

En entrevue de sélection, il ne faut pas non plus se lancer sur des envolées lyriques à n'en plus finir. Le recruteur québécois pose une question simple et attend aussi une réponse concise et claire. Personnellement, nous avons beaucoup appris de nos erreurs et continuons à en apprendre davantage sur le fonctionnement de la société d'accueil. Lorsque nous venions d'arriver au Québec, nous nous livrions, à nos débuts, lors des entrevues de sélection, à des dissertations parce que nous réclamant de l'école française. Nous amenions le sujet, le posions et le développions par la suite.

Par exemple, dans les mises en situation, nous ne respections pas la démarche STAR (situation, tâches, actions et résultats obtenus : méthode utilisée par Desjardins) ou le simple principe de décrire la nature du problème ou du conflit et la manière dont il a été résolu. Nous appliquions plutôt la conception cartésienne (je pense, donc je suis) versus la conception pragmatique (question simple = réponse brève, concise et claire). La théorie n'enchante guère les Québécois à moins qu'elle ne soit accompagnée de contenu clair et précis, sinon ils déconnectent facilement. Et les linguistes nous ont appris qu'au niveau de la communication, l'importance, dans un message, est qu'il soit compris entre un émetteur et un récepteur.

Nous nous souvenons aussi d'une collègue québécoise qui, au début de notre arrivée au Québec, nous disait que, si nous continuions à parler notre français de France, personne ne ferait attention à notre message. Au début, nous nous disions qu'elle était au bord de la plaque (expression française) ou qu'elle était dans le champ pour reprendre une expression québécoise. Mais au fil des années passées au Québec, nous sommes arrivés à la conclusion que c'est nous qui risquions d'être sur la touche ou sur le carreau si nous ne suivions pas parfois ses conseils. Le message que nous voudrions passer est le suivant : même si les personnes partagent la langue, il peut y avoir des différences énormes au niveau de la compréhension.

Au Québec, comme dans n'importe quelle société au monde, l'apprentissage se fait tout au long de la vie ; on apprend tous les jours et de tout le monde. Toutefois, ce qui fait le charme de la société québécoise, c'est qu'elle ne prétend pas avoir la science infuse.

La gestion relationnelle entraîne une communication entre les différents acteurs impliqués au sein de l'entreprise. Divers programmes permettent de décrypter certains codes culturels et facilitent une meilleure compréhension interculturelle entre les nouveaux arrivants et la société d'accueil.

Le cas du Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) témoigne de l'énorme travail que les intervenants des organismes communautaires accomplissent pour rendre plus flexible leur collaboration avec les directeurs des petites et moyennes entreprises (PME).

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