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Un gouvernement rattrapé par ses promesses

28/05/2014 09:03 EDT | Actualisé 28/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement Couillard se fait rattraper par des promesses électorales qui apparaissent, oh surprise, moins réalisables.

Les libéraux avaient promis d'atténuer la hausse de tarif de 4,3% d'Hydro-Québec du 1er avril. Mais voilà que le premier ministre a indiqué, mercredi, qu'il faudra attendre le retour à l'équilibre budgétaire avant de soulager la dette et le contribuable (dans une proportion de 50-50).

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, évoque maintenant une hausse «raisonnable» de la taxe scolaire qui avait bondi, en moyenne, de 14% l'an dernier. Le gouvernement Marois avait fait du théâtre sur cette question en présentant un projet de loi qui aurait forcé les commissions scolaires à rembourser 100 millions $. Le projet de loi n'a pas été adopté, mais cela a permis à l'ancienne administration de faire un peu de millage.

Le PLQ et la CAQ exigeaient alors le remboursement des trop-perçus.

Le Parti libéral du Québec s'est prononcé, lors de la toute récente campagne, contre la hausse de 2$, sur deux ans, des frais de garderie. C'est une erreur grossière, car cette augmentation avait bien été avalée par le milieu. Le premier ministre essaie de corriger cette mauvaise lecture en laissant planer l'idée de moduler les frais de garde en fonction du revenu.

C'est une avenue tentante, en théorie, mais je redoute qu'elle soit annihilée par la difficulté de l'appliquer en pratique. Faut-il mobiliser des fonctionnaires pour calculer les seuils d'admissibilité? Tout compte fait, il aurait mieux valu se ranger derrière l'augmentation de 2$ et la mettre en vigueur.

À l'Assemblée nationale, François Legault, chef de la CAQ, dénonce les reculs successifs du nouveau gouvernement.

À cette liste, il faut ajouter, bien sûr, la remise en question de la cimenterie de Port-Daniel. Il y a quelques semaines, cette cimenterie était, aux dires du PLQ, une bonne affaire.

La dure réalité des finances publiques dicte la conduite du gouvernement. On ne cache pas que les agences de crédit soufflent dans le cou du Québec qui attend le dépôt du premier budget libéral et, surtout, du livre des dépenses des ministères.

Les péquistes avaient déposé un budget amputé du livre des crédits, ce qui n'est pas de nature à rassurer nos banquiers.

Le budget du 4 juin marquera donc la fin de certaines illusions, dans la mesure où les électeurs prennent encore les promesses pour du cash.

Faire de la politique «autrement» devrait s'appliquer aux campagnes électorales. Cela signifie arrêter de traiter les citoyens comme des cons.

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