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Sortie en bout de piste pour Bombardier

11/05/2017 05:03 EDT | Actualisé 11/05/2017 05:03 EDT

L'affaire Bombardier a fait piquer du nez l'image de l'avionneur québécois.

En termes de relations publiques, c'est un désastre dont Bombardier aura peine à se remettre.

Malgré le désaveu des gros fonds de pension (Caisse de dépôt et placement, Teacher's) et de la société québécoise, l'assemblée des actionnaires a maintenu grosso modo les hausses de rémunération de ses 6 dirigeants. Ces derniers auront empoché 36 millions de dollars après avoir été secourus de la faillite par le gouvernement québécois, qui y a injecté, in extremis, 1,2 milliard.

Seule concession, Pierre Beaudoin (qui avait renoncé à une prime de 5,2 millions) ne sera plus impliqué dans la gestion au quotidien de Bombardier. Big deal.

Seule concession, Pierre Beaudoin (qui avait renoncé à une prime de 5,2 millions) ne sera plus impliqué dans la gestion au quotidien de Bombardier. Big deal.

Voyons les conséquences de cette saga économico-politique:

- Jadis admirée, la compagnie Bombardier traînera dorénavant une image de profiteuse de fonds publics auprès des contribuables. Ses dirigeants ont manqué totalement de jugement par leur goinfrerie alors que leur entreprise s'accrochait aux mamelles de l'État.

- Le conseil d'administration, face à la grogne populaire, aurait dû jeter du lest et renoncer à ses bonis. L'assemblée des actionnaires leur a donné raison... mais à quel prix? C'est comme si le CA ne vivait pas sur une autre planète, mais dans une autre galaxie.

- Pierre Beaudoin est devenu le dirigeant d'entreprise le plus méprisé du Québec et la famille Beaudoin-Bombardier (qui contrôle près de 53% de l'actionnariat) en sort écorchée.

- La saga rejaillit sur le gouvernement Couillard qui a mal négocié avec Bombardier. Visiblement, l'ex-ministre Jacques Daoust, dit le «banquier», expulsé du conseil des ministres par la suite, n'a pas su obtenir certaines garanties de l'avionneur.

- Bombardier pourra difficilement, à partir de maintenant, revenir à la charge et solliciter à nouveau l'aide du Québec si la C Séries tarde à décoller.

- Le gouvernement canadien apparaît plus avisé que celui du Québec. Il s'est fait tirer l'oreille pendant un an avant de consentir un prêt à Bombardier de 372 millions.

- Les derniers mois vont conforter le Canada anglais dans son opinion que l'avionneur est un quêteux de haut vol branché sur les subsides gouvernementaux.

Plusieurs commentateurs ont fait remarquer, à juste titre, que la composition de l'actionnariat de Bombardier constitue un rempart contre une vente de l'entreprise à des intérêts étrangers. Cela ne devrait pas devenir le seul argument pour soutenir l'avionneur. Bombardier a largué nombre de ses défenseurs au cours des derniers mois.

Le premier ministre Philippe Couillard demande aux Québécois de continuer «d'aimer» Bombardier.

Plus difficile d'aimer quand on a été abusé.

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