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Sans gouvernail

16/06/2012 12:04 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT
PC

La session parlementaire vient de se terminer à Québec, mais bien des électeurs auront l'impression qu'on les a laissés en plan. Il demeure de grandes inconnues au moment où les élus se retirent dans leur terres pour les vacances estivales.

Quelle sera la situation au Québec à la reprise des cours dans les Cégeps et universités à la mi-août? La belle saison aura-t-elle fait évaporer la mobilisation étudiante? Nul ne peut le prédire, et ne tablez pas sur une reprise des négociations avec les associations. Entre-temps subsiste, avec moins d'acuité il est vrai, une tension sociale.

L'autre grande inconnue, ce sont les élections générales qui repousseraient la prochaine session de l'Assemblée nationale.

Selon certaines informations, le premier ministre Jean Charest était prêt à «tirer la plug» au cours des derniers jours pour un scrutin le 15 août. Il escomptait ainsi aller chercher un mandat, avant la reprise dans les institutions d'enseignement en conflit. La défaite inattendue dans Argenteuil, lundi, a refroidi les ardeurs de certains et jeté un doute sur la préparation de la machine à gagner des comtés.

Le problème, c'est que le gouvernement semble complètement paralysé et qu'on ne discerne plus son plan de match. A l'intérieur du caucus libéral, plusieurs proposaient que le gouvernement reprenne l'initiative du jeu, lui qui a passé les derniers mois sur les talons avec la crise étudiante. Après tout, il pourrait se maintenir en poste jusqu'en décembre 2013.

Ça n'a pas marché.

Le gouvernement n'a pas osé, par exemple, imposer le bâillon parlementaire sur trois projets de loi (14, 25 et 73) qui sont pourtant jugés prioritaires. Le projet de loi sur les mines et celui qui créé la Société du Plan Nord sont morts au feuilleton. Le Plan Nord, c'est le dada du PM et cette société jouerait le même rôle que la Société de la Baie James.

Ces deux législations se sont enlisées en commission parlementaire, le PQ exigeant des amendements pour, notamment, forcer la transformation ici. Or, on n'a pas eu le «guts» de mettre un terme au débat. Même chose sur un projet de loi qui donnait suite à certains engagements du budget Bachand. Raison donnée: on a déjà mis un bâillon sur la loi 78. Big deal. Malgré les hauts-cris, c'est souvent la seule façon de faire adopter une loi, en fin de session.

Les députés ont produit il y quelques semaines un rapport unanime sur le Droit de mourir, après avoir étudié ce qui se fait ailleurs. Dans une rare unanimité, les députés de tous les partis ont fait des propositions sensées. Frileux, le gouvernement a annoncé qu'il confiait à un comité d'experts le soin de se pencher sur le cadre juridique du droit médical à mourir.

Le mot d'ordre semble être de ne rien brusquer.

Par ailleurs, tout le monde se doutait que la Commission Charbonneau allait agiter les eaux troubles de la corruption à l'automne. Le témoignage de Jacques Duchesneau, qui se poursuit la semaine prochaine, a ramené à la surface un système gangrené plus tôt que prévu.

Dans son bilan, vendredi, le premier ministre Charest a pu faire état des résultats remarquables de l'économie québécoise, données perdues dans le tintamarre et ce sentiment d'impuissance à sortir d'une crise.

Le gouvernement Charest a-t-il lâché le gouvernail? Sort-il de la crise étudiante tétanisé?

Vivement, une reprise en main ou des élections.

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