Pour réaliser son programme, François Legault aimerait bien jouir d'une majorité de sièges. Au lancement de la plateforme de son parti à Québec il a évoqué le fait que la meilleure façon de changer le modèle québécois c'est d'avoir «l'appui de la population».
La CAQ a survécu aux 2 premières semaines de campagne électorale et, contrairement à ce que redoutaient certains caquistes, n'a pas été mise hors-jeu. Dans le contexte actuel, très volatil, elle pourrait causer une surprise, si elle canalise le besoin de changement.
Le sujet du jour sur le majestueux site de la Promenade-de-Champlain c'était le lancement officiel du programme qui repose sur 94 engagements dans 4 secteurs. Compte tenu du programme de la CAQ les électeurs doivent-ils redouter un an de perturbation sociale si elle est portée au pouvoir le 4 septembre?
Lorsqu'on observe la levée de boucliers provoquée par le dégel des frais de scolarité on peut se demander, en effet, si un nouveau gouvernement, quel qu'il soit, osera prend des décisions impopulaires ou lancer des réformes qui vont bousculer bien des lobbies.
Que ce soit en éducation (abolition des commissions scolaires, évaluation des profs, abolition du cours d'éthique, prolongation des heures à l'école...) ou en santé (abolition des Agences, assignation de patients aux omnipraticiens...) ce ne sont pas les foyers de contestation qui manqueraient avec un gouvernement Legault. «Ça prend l'appui de la population», répond le chef caquiste, d'autant qu'il rappelle que toutes ses grandes réformes seraient initiées dans les 100 premiers jours!
La force de persuasion ferait le reste soutient François Legault qui sous-estime sans doute la force de résistance des réseaux québécois et de leurs alliés. Un gouvernement caquiste minoritaire devrait compter sur le jeu des alliances avec le PQ ou le PLQ pour passer certaines de ses propositions. Après le référendum de 1995 et la démission de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard est devenu chef du PQ et premier ministre en janvier 1996.
Il a rapidement annoncé ses couleurs: un régime d'austérité budgétaire qui devait conduire au déficit zéro. Lucide, il avait déclaré qu'il s'attendait à vivre bien des manifs et il ne s'est pas trompé. Ses années au pouvoir ont été marquées par plusieurs affrontements, mais Bouchard ne pliait pas facilement. Le candidat Gaétan Barrette croit pour sa part qu'un gouvernement Legault pourrait faire un bon bout de chemin, même minoritaire. Au cours d'une conversation à bâtons rompus sur la promenade qui longe le Saint-Laurent, le ministre de la Santé de la CAQ s'est dit convaincu de pouvoir réaliser son plan ambitieux avec ou sans majorité. «Dans mon secteur, je peux le faire et, comme ce sera bien fait, on sera majoritaire (la prochaine fois) » tranche-t-il. La conférence de presse de la CAQ avait lieu au Quai des Cageux, là ou aboutissaient les «cages» de bois des draveurs. À la CAQ on rêve maintenant d'un courant électoral semblable à celui qui a traversé le Québec aux élections fédérales, courant qui les laisserait sur les rives du pouvoir.
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Même pour les plus nationalistes, la CAQ pourrait être une très bonne option. Au moins temporairement. Le PQ doit se défaire du discours des années 70 s'il veut survivre.
La CAQ offre des réformes à petits pas, requis pour toute évolution.
Autant le PQ que le PLQ, par le passé, n'ont jamais essayé de réformer cet immense système étatique qui nous bouffe tous comme une tumeur chaque jour.
F. Legault a compris que l'on ne fait pas des réformes contre qui que se soit, mais pour l'intérêt à court et moyen terme de tous les Québécois.
Ainsi, si les Syndiqués comprenaient qu'à moyen terme, ils seraient les premiers bénéficiaires d'un Québec plus efficaces, ils voteraient tous pour la CAQ....
mais chaque Parti contrôle bien ses ouailles dans un langage de gourous...avec plein de subliminales comme "la défense du Français" "le rapatriements des pouvoirs" etc...qui ne veulent rien dire, si notre économie est en chute libre.