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Premier bilan de fin de session : une semaine de trop pour le gouvernement

16/06/2014 09:53 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

La courte session de l'Assemblée nationale aura duré une semaine de trop pour les libéraux, qui se sont barré les pieds dans l'affaire de l'évasion de trois dangereux criminels, ou plutôt dans la façon dont la vice-première ministre responsable de la Sécurité publique, Lise Thériault, a géré ce fait divers.

Ce cafouillage a permis aux oppositions de semer un doute : le premier ministre Philippe Couillard a-t-il nommé les bonnes personnes aux bons postes?

Jusqu'alors, le nouveau gouvernement avait bien fait et démontré un bon contrôle de l'agenda. Hormis quelques petites hésitations (gel des places en garderie, SLR sur le pont Champlain...), les libéraux ont suivi leur plan de match. Ils peuvent miser, également, sur la période de grâce qui accompagne le parti qui prend le pouvoir.

Ils ont livré un message inaugural, un budget avec des crédits, lancé les deux comités sur la révision des programmes et la fiscalité. Il est vrai, aussi, qu'ils ont reculé sur certaines promesses, comme celle de ne pas hausser taxes et impôts, mais qui croit maintenant les promesses faites en campagne électorale?

En Chambre, les échanges sont plus respectueux et des projets de loi majeurs ont été adoptés (soins de fin de vie) ou déposés (régimes de retraite).

Le conseil des ministres est en période de rodage, mais on constate que le trio économique (Jacques Daoust, Carlos Leitao, Martin Coiteux) communique bien. On chuchote, toutefois, que le ministre des Finances a encore tendance à réfléchir tout haut comme s'il avait conservé ses habits d'analyste.

Martin Coiteux est définitivement l'homme à surveiller au cours des prochains mois. Cet économiste chevronné a pris rapidement le pli politique. Chez les libéraux, certains le surnomment le «carcajou» en raison de sa combativité.

À la Santé, le Dr Gaétan Barrette est crédible, mais on peut lui reprocher de ne pas avoir obtenu, à ce jour, une entente d'étalement de salaire avec les médecins spécialistes dont le Québec a cruellement besoin.

À L'Éducation, Yves Bolduc est égal à lui-même, technocratique, et inutilement partisan en Chambre.

On a peu vu les autres ministres, mais Pierre Moreau, aux Affaires municipales, sera sur la sellette tout l'été avec la commission parlementaire sur les régimes de retraite.

Au Travail, Sam Hamad a le mandat d'éviter un nouveau conflit de la construction qui scierait les jambes d'une économie chancelante.

Fait à noter, l'étude des crédits des ministères se poursuivra jusqu'à la mi-juillet, les vacances parlementaires seront donc courtes.

Au cours de cette session, on a observé le PQ et la CAQ se disputer le rôle de vraie opposition. Décapité et désorienté, le Parti québécois s'est replacé avec l'affaire Thériault et a fini en force. En symbiose, bien souvent, avec le gouvernement, la Coalition cherche ses marques.

Tous s'accordent pour dire que la «vraie» session sera celle de l'automne, alors que l'installation du gouvernement sera terminée et sa période de grâce également.

Dans les officines, on doit implorer les cieux pour que l'économie se remette à rouler. On est bien conscient que la rigueur administrative sera «vendable» seulement si elle vient avec des investissements et une vraie reprise.

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