Les sondages laissent entrevoir une courte victoire du PQ et de Pauline Marois mardi. On comprend la chef péquiste de chercher à rallier tous les votes souverainistes car, privé d'une majorité, le PQ au pouvoir sera édenté. Que ce soit sur la charte de la laïcité, la citoyenneté québécoise, le renforcement de la loi 101, l'annulation de la hausse des frais de scolarité, la hausse des redevances minières, l'élimination de la taxe-santé....un gouvernement péquiste a besoin d'un endossement populaire et, dans certains cas, de l'appui de l'opposition.
On voit mal les libéraux ou les caquistes supporter certains articles de la plateforme péquiste et François Legault a déjà indiqué qu'il actionnerait la trébuchette. Au plan constitutionnel, le PQ sera bien seul pour enclencher sa «gouvernance souverainiste» et ouvrir de nouveaux fronts avec Ottawa sur le rapatriement de certaines juridictions (l'assurance-chômage par exemple).
Les libéraux ont très peu d'appétit constitutionel et la CAQ a mis la chose au congélateur pour 10 ans..
Pire, le dernier sondage CROP démontre que l'appui à la souveraineté est en perte de vitesse et le OUI ne fait plus que 28%! Jean-François Lisée et Bernard Drainville devront déployer des trésors d'imagination pour faire monter la fièvre souverainiste.
On a beaucoup souligné que les libéraux de Jean Charest redoutent les révélations de la Commission Charbonneau au point de précipiter les élections. Est-ce que le PQ ne risque pas, lui aussi, d'être égratigné quand on dévoilera comment se financent les partis politiques depuis 30 ans?
Le PQ qui a dénoncé à juste titre les magouilles libérales a intérêt à laver plus blanc que blanc, sinon il va en payer le prix à son tour.
En 1994, Jacques Parizeau devait balayer le Québec et battre Daniel Johnson, le successeur de Robert Bourassa, qui portait lui aussi l'usure du pouvoir. Dans le camp souverainiste on parlait de la stratégie des 3 périodes: victoire du Bloc à Ottawa avec Lucien Bouchard, mandat fort à Québec du PQ et référendum sur le pays.
Au Capitole le soir du 12 septembre Lucien Bouchard avait la face longue, malgré la victoire péquiste. Le Parti québécois avait fait élire 77 députés, mais avec 44,75% du vote devançant par un poil (44.40%) le PLQ. Cela n'a pas empêché le premier ministre Parizeau de lancer son offensive référendaire malgré bien des objections. On oublie souvent que c'est Bouchard qui a épargné aux souverainistes une défaite cuisante.
Le Québec disait NON pour une deuxième fois et perdait son «bargaining power».Pauline Marois aura-t-elle, si elle gagne, à négocier avec la CAQ, le PLQ, Québec Solidaire, Option nationale pour réaliser son plan de match? Minoritaire, le PQ incarnera le changement avec un petit "c".
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Une fois au pouvoir, même minoritaire, elle aura beau jeu de faire adopter les mesures de son programme qui feront le plus consensus. Par exemple, la CAQ ne pourra certainement pas s'objecter à des mesures efficaces contre la corruption.
Bref, PQ édenté? Peut-être. Mais il sera, s'il est capable de dompter son aile radicale, en mesure de séduire pour se bâtir une vraie majorité, pas une avec seulement 34-36% du vote. une gouvernance plus nationaliste sera forcément bien vue, quitte à faire baisser la CAQ.
Je fais entièrement confiance EN la capacité de Pauline de "fourvoyer" SON peuple. Seule place où je peux lui faire confiance d'ailleurs.
Ces rigolos qui se moquent de l'intérêt supérieur économique du Québec pourront continuer à rêver avec des lunettes roses.
Il est temps qu'un vrai Parti de Centre Gauche se pointe le nez !
Allez Mulcair...l'organisation est là et d'autres élections sont à prévoir bientôt !
Ce sera la même chose pour le PQ. Le PLQ devra se reconstruire et se trouver un nouveau chef, après la dégelée qu'ils subiront. Ils joueront "low profile" pour un bon moment. Je pense qu'il y aura beaucoup d'absentéisme dans ce camp, lors de votes à l'Assemblée nationale... Legault aura beau vouloir actionner la trébuchette, il y réfléchira deux fois plutôt qu'une, au risque de porter l'odieux d'avoir replongé le Québec en campagne électorale dans quelques mois, chose que la population ne lui pardonnerait pas.
Il y a aussi la possibilité que les partis progressistes détiennent la balance du pouvoir. Dans ce cas, je pense que Mme Marois pourrait s'entendre assez facilement avec l'opposition, sur beaucoup de points de son programme.
Certes, le PQ perdrait un peu de son mordant, mais de là à parler de parti édenté, rien n'est moins sûr.
Comme après la cuisante défaite de Boisclair, le PQ avait le profil très bas. Sur les questions importantes qui risquaient de faire tomber le gouvernement minoritaire de Charest, un nombre suffisant de députés n'allaient pas voter. J'imagine très bien le PLQ, devenu à son tour 3e parti, faire de même.
Quant à la CAQ, ce ramassis de personnes sans expérience se tiendra bien tranquille, surtout si le chef et quelques grosses légumes ne sont pas parmi les élus.
Drainville, Lisé, Hébert. Tous de pleutres.