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Pour en finir avec le mystère Québec

20/05/2015 10:57 EDT | Actualisé 20/05/2016 05:12 EDT

Il n'y a pas de «mystère Québec» et octroyer un contrat de 24 500 $ comme l'a fait l'ex-première ministre Pauline Marois pour tracer un portrait des médias de la Capitale nationale, c'est gaspiller de l'argent public.

Le mouvement souverainiste ne s'explique pas pourquoi la région de Québec lui tourne le dos depuis des années. Le Bloc québécois avait commandé, doit-on rappeler, le rapport Alarie pour comprendre ce qu'il qualifiait de mystère.

On apprend maintenant que Mme Marois a donné un contrat à Dominique Payette, prof de journalisme et ex-candidate de son parti, pour lui fournir un «panorama» de la presse régionale de Québec. Ce contrat a été attribué à même l'enveloppe attribuée à l'ex-chef du Parti québécois après sa défaite retentissante.

On doit comprendre que ce sont les radios dites poubelles qui sont visées, d'autant que Mme Payette n'avait pas hésité l'an dernier à leur attribuer la mauvaise performance du PQ.

Les électeurs de la grande région de Québec votent de façon stratégique et ils ont embrassé le Parti conservateur au fédéral, avant de voter NPD. Ils ont préféré l'ADQ de Mario Dumont, avant de voter CAQ et PLQ. Seule Agnès Maltais (Taschereau) a défié la tendance générale.

Un important conseiller politique me confiait récemment qu'il était épaté de voir que,dans la grande région de Québec, les électeurs votent de façon «sophistiquée», selon leurs intérêts ou la conjoncture politique. L'élection partielle dans Chauveau illustre ce phénomène. Le comté n'est pas acquis pour la CAQ bien que Gérard Deltell y écrasait la concurrence par 9000 voix. François Legault et ses députés sillonnent le comté depuis des semaines pour faire passer Jocelyne Cazin.

Le candidat péquiste lors de l'élection partielle dans Jean-Talon, Clément Laberge, a fait preuve de lucidité en affirmant, au cours d'un débat au FM93, qu'il ne croit pas au mystère Québec et que c'est un prétexte utilisé par son parti pour justifier sa déconvenue. Il faut se rebrancher, disait-il en substance, sur les gens de la Capitale.

Lors de la dernière campagne électorale, la première ministre a systématiquement refusé toute entrevue avec les gens de la radio de Québec. Il faudrait, d'ailleurs, se débarrasser de cette étiquette trop facile et trop réductrice de radio-poubelle qui remonte à l'époque de Jeff Filion et de ses énormités. À Québec il y a des radios d'opinion voilà tout. Ces radios ont de l'influence mais ne forgent pas toute l'opinion publique et ne transforment pas leurs auditeurs en moutons bêlants.

Les sondeurs confirmeront que les citoyens de la région de Québec sont plus conservateurs, plus à droite, sur l'échiquier politique et que cette donnée resurgit avec force chaque fois qu'ils font une enquête d'opinion. Les animateurs collent donc à leur public et non l'inverse.

Visiblement, Pauline Marois n'a pas compris cette réalité, à moins que le contrat de 24 500 $ ne soit qu'un simple retour d'ascenseur.

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