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PKP le néophyte

03/10/2014 05:06 EDT | Actualisé 03/12/2014 05:12 EST

Pierre Karl Péladeau a le vent en poupe dans la course au leadership au Parti québécois mais on oublie, parfois, qu'il est un néophyte en tant que politicien.

PKP a surgi durant la dernière campagne électorale en tant que candidat dans Saint-Jerôme. Cette candidature, destinée à démontrer que le milieu des affaires appuie aussi la souveraineté, a contribué à faire dérailler la campagne de Pauline Marois.

Depuis une semaine, le critique péquiste en matière d'économie fait une tournée médiatique. L'entrevue qu'il a donnée à RDI-Économie a donné lieu à des réponses louvoyantes ponctuées de «au moment opportun» ,«si les circonstances se présentent»... Le message du PQ sur l'austérité libérale n'a pas occupé beaucoup de place.

Le journaliste Gérald Filion a mené une entrevue serrée au cours de laquelle le grand patron de Québécor était constamment sur la défensive. Une révélation toutefois: quand on lui a demandé si un chef de parti pouvait posséder un empire de presse, Pierre Karl Péladeau a lâché «clairement, je dirais que non», avant de se réfugier derrière un rapport très attendu du Commissaire à l'éthique et de parler d'une situation «hypothétique».

Désolé mais la situation n'est pas hypothétique et la question se pose avec acuité. Il est déjà malaisant qu'un député contrôle les médias les plus influents du Québec, mais la situation deviendra intenable si PKP devient chef de l'opposition officielle et aspirant premier ministre. Ses adversaires, y compris, dans son parti, ont rallumé le débat et Jean-François Lisée a raison.

Durant cet entretien à RDI, le député péquiste a repris son thème sur la «dramatisation» de la situation budgétaire par le gouvernement Couillard. Gérald Filion lui a demandé de justifier alors la série le «Québec dans le rouge» qui a beaucoup fait parler à TVA et dans les journaux de son empire. Le propriétaire de contrôle de Québecor estime qu'on a utilisé des «formules simples» pour «récupérer une clientèle, un auditoire», comme s'il s'agissait d'une simple opération marketing et non le produit du travail fouillé de journalistes.

Doit-on reporter le déficit zéro? Pas de réponse claire non plus de la part du porte-parole économique. Par ailleurs, il s'est montré évasif sur la tenue, ou non, d'un référendum s'il est couronné chef du PQ («je ne suis pas au pouvoir» , «je ne suis pas là»..).

Interrogé sur ses relations avec les syndicats, le porte-parole du PQ a patiné, rappelant qu'il avait signé des dizaines de conventions collectives et parlé à beaucoup de chefs syndicaux. «Donc, ça va bien aller?» de lui demander le journaliste. «Pas nécessairement, mais je pense que oui» dixit PKP.

Depuis son entrée en politque, celui qu'on désigne par ses initiales domine beaucoup de conversations et suscite l'espoir d'un renouveau. C'est normal tant il est rare que le dirigeant d'un imposant groupe industriel emprunte le parcours du combattant.

S'il saute dans la course au PQ, ce dernier devra préparer des réponses plus convaincantes sur bien des sujets et dire qu'il vend ses actions de Québécor ou les confie à une fiducie sans droit de regard. PKP est apparu il y a 6 mois, tel un astre, dans le firmament politique. Il a des choses à apprendre s'il ne veut pas être vu comme un météorite.

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