Donald Charette

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Pauline en Écosse

Publication: 29/01/2013 20:03

Les premiers ministres du Québec qui voyagent à l'étranger ont toujours tendance à gonfler la portée de leurs rencontres avec les dirigeants des autres pays, mesurant les retombées économiques ou politiques.

C'est sans doute ce qui est arrivé avec la «rencontre historique» entre la première ministre Pauline Marois et Alex Salmond, premier ministre de l'Écosse qui a été ramenée à une simple rencontre «de courtoisie».

Finalement, la presse a été tenue à l'écart, il n'y a pas eu de conférence de presse conjointe après leur entretien et le premier ministre écossais n'a pas voulu se faire photographier avec Mme Marois!
Selon The Guardian, l'événement ne figurait même me pas à l'agenda officiel du premier ministre de l'Écosse!

La tournée européenne de Mme Marois s'est donc terminée sur un flop diplomatique. Elle a pris une chance en ajoutant un volet plus politique à son voyage et en paie le prix. Edimbourg n'est pas Paris.

Les explications alambiquées de Mme Marois après sa rencontre avec Alex Salmond - elle tentait de justifier la froideur de l'accueil - étaient bien peu convaincantes.

Si la première ministre du Québec s'est rendue en Écosse, c'est pour rassurer la base militante du Parti québécois à qui elle va présenter un énième plan d'action pour ranimer la ferveur souverainiste au début du mois de février.

Empêtré dans la gestion du Québec, le gouvernement Marois, minoritaire de surcroît, a bien peu poussé la gouvernance souverainiste depuis son élection. Le crochet par l'Écosse était destiné d'abord à la famille péquiste mais visait, par ailleurs, à démontrer que le Québec n'est pas seul à vouloir sortir d'un régime politique.

On doit en conclure que le gouvernement écossais n'est pas chaud à l'idée de se faire voir avec une leader dont la formation a perdu deux référendums, en 15 ans, sur une question «molle».

On sait que le Scottish National Party (SNP) s'est engagé à tenir un référendum sur son indépendance en 2014. Vaut mieux éviter de fréquenter des perdants, des «losers» en termes référendaires, d'autant que la partie n'est pas gagnée d'avance pour Alex Salmond.

Un sondage publié le 15 janvier dans le «Scotsman» créditait le Oui à l'indépendance de 28% d'appuis. On notait, par contre, un recul de 5% du Non, ces électeurs ayant rejoint les indécis.
S'il y a des similitudes entre la démarche écossaise et l'expérience québécois il y a des différences de taille. L'Écosse a signé avec la Grande-Brtetagne une entente qui fixe les conditions de la tenue du référendum qui sera supervisé par une commission électorale.

Le libellé de la question doit être approuvé et doit exclure l'option d'une nouvelle entente négociée, la dévolution maximale ou «devmax». Cette question rédérendaire serait: «Acceptez-vous que l'Écosse devienne un pays indépendant?».

Le premier ministre britannique, David Cameron, a insisté lors de la signature de l'entente sur la nécessité d'avoir une question claire et «décisive». On redoute le «neverendum» et l'instablité.
On imagine mal Jean Chrétien et Jacques Parizeau scellant un tel accord en 1995 avant le référendum. La loi sur la clarté référendaire est apparue après une quasi-défaite des forces fédéralistes.

Aux Communes, le Bloc québécois tente actuellement de relancer le débat sur cette législation. Si ion comprend l'intérêt du Bloc qui se cherche une niche, on comprend mal celui du NPD à réouvrir ce débat.

Parions qu'au PQ on sera moins emballé, dorénavant, par le modèle écossais.

 

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