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Pauline en beau-père

09/06/2014 07:44 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Pauline Marois redoute une percée de l'extrême droite au Québec. Dans son dernier discours officiel devant les militants du Parti québécois samedi à Drummondville, elle a fait part de ses inquiétudes en faisant un parallèle avec ce qui s'est passé lors des élections européennes.

Ce glissement pourrait se produire, dit-elle, si on touche aux acquis collectifs en menant une politique d'austérité.

«Quand les difficultés budgétaires apparaissent, la tendance est de remettre en question ces grandes mesures qui ont fait que le visage du Québec a changé, que la pauvreté a reculé avec la politique des services de garde...»

Si on suit le raisonnement de l'ex-première ministre, il y a un lien direct entre l'abandon des projets collectifs et la montée de la droite extrémiste. En France, le Front national ne cesse de progresser dans un pays mené par un gouvernement socialiste.

Plusieurs analystes ont souligné que ces partis européens sont très disparates, mais ont en commun de défendre une certaine forme d'identité nationale contre l'Europe ou contre l'immigration. Au Québec, depuis l'ADQ, le seul parti qui a enfourché ce cheval de bataille c'est le PQ de Mme Marois avec sa Charte des valeurs.

Alors que le débat sur la charte faisait rage, elle vantait le modèle d'intégration de la France qui avait réussi, disait-elle, là où l'Angleterre a échoué avec le multiculturalisme.

Poussant le bouchon plus loin devant ses militants, Pauline Marois a enchaîné et fait un lien avec la gestion du Parti libéral. «Cela m'inquiète quand je vois la façon dont gère, à très courte vue, le gouvernement actuel».

Difficile de faire mieux comme raccourci intellectuel.

Le budget Marceau de février annonçait déjà que le retour à l'équilibre budgétaire demanderait des sacrifices et des remises en questions. Mme Marois fait mine de l'oublier.

Reporté au pouvoir, le gouvernement péquiste aurait été contraint de pratiquer une austérité semblable à celle appliquée par Lucien Bouchard en 1996-97 et de mettre les freins brutalement, d'autant que notre économie fait du surplace.

Quoiqu'en disent certains, l'extrême droite a bien peu de prise au Québec. Lors des élections du 7 avril, le parti le plus à droite au plan idéologique, le Parti conservateur d'Adrien Pouliot a récolté 0,39% du vote ou la faveur de 16,429 Québécois et on s'entend qu'on est bien loin du programme du FN.

Les chiffres du Vérificateur et ceux du Budget tracent la route, que le gouvernement soit péquiste, libéral ou caquiste.

On se serait attendu à ce que celle qui a dirigé le Québec pendant 18 mois délaisse les amalgames faciles et profite de sa liberté retrouvée pour livrer un point de vue moins réducteur. Sa carrière de «beau-père», comme elle dit, débute bien mal.

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