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Pas de quartiers à Québec

15/09/2013 09:49 EDT | Actualisé 15/09/2013 09:49 EDT

Les partis ne se feront pas de quartiers au cours de la session parlementaire qui débute mardi à l'Assemblée nationale.

L'opposition affirme que cette reprise des travaux est névralgique, car elle conduit à des élections en décembre ou mars au plus tard, les 2 fenêtres identifiables à l'heure actuelle.

Le débat qui fait rage sur la Charte des valeurs québécoises a sérieusement réchauffé l'atmosphère. Autant les libéraux que les caquistes insistent pour dire que la priorité ira à des questions plus pressantes comme le ralentissement économique et les pertes d'emploi, les finances publiques, la hausse des taxes scolaires...

Difficile de consacrer la période des questions à la Charte alors qu'on plaide que l'urgence est ailleurs et, n'oublions pas, le projet de loi ne sera pas déposé avant un certain temps.

Par contre,comment ignorer l'éléphant qui est dans la pièce? Comment ne pas tabler sur le fait que le mouvement d'opposition divise les souverainistes? sur le fait que le Bloc s'est tiré dans les pieds avec un bazooka?

L'opposition officielle a des doutes sur la constitutionnalité du projet de Charte. Les juristes leur avait servi des mises en garde lorsqu'ils ont présenté le projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables (mort au feuilleton). La clause sur la nécessité d'avoir le visage découvert ( bien loin des signes ostentatoires) dans le service public avait été encadrée de balises sur la sécurité et le besoin d'identification, par exemple.

Pour les libéraux toutefois le moment décisif sera la mise à jour financière présentée obligatoirement tous les 6 mois. Ils sont convaincus que la baisse des revenus autonomes, et la mauvaise performance des sociétés d'État, à qui on a demandé dans le budget de trouver 600 millions$ de plus, a plombé le déficit zéro.

La loi 14 sur les mines sera à nouveau au centre d'une partie de bras de fer.

Quant au ton, on est prévenus, il sera plus agressif et on «coupera le banc», seuls les bons marqueurs seront envoyés sur la glace.

À la Coalition Avenir Québec on est bien tenté d'être conséquent et d'ignorer le débat sur la Charte en Chambre. La CAQ dispute aux libéraux le thème de l'économie. «Étant donné qu'on pourrait être en élection en novembre, ça va brasser» de confier une source.

L'an dernier, le tout nouveau gouvernement minoritaire de Pauline Marois a bénéficié d'une certaine collaboration en Chambre et a fait passer plusieurs législations. Cette accalmie semble tirer à sa fin.

En terme de calendrier électoral, le gouvernement Marois a le choix d'attendre au printemps, lors du vote qui suit le budget, ou de précipiter les choses. L'Opposition dispose, pour sa part, de motions de non-confiance qui peuvent être débattues à tout moment et faire chuter le gouvernement..avec les risques que cela comporte pour celui qui «tire la plug».

La CAQ n'aurait pas le choix d'emboîter le pas aux libéraux, analyse-ton dans certaines officines, même si les sondages leur concèdent une lointaine 3e place. «Les rouges vont décider et on va suivre» souligne une source fiable.

Cette courte session, 9 semaines, est la rampe de lancement pour des élections. Une session d'hiver, fin février, est toujours possible, mais ne durerait que quelques semaines, le temps de présenter un second budget.

La politique a toutefois le don de nous surprendre, mais le ton est donné.

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