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L'erreur Daoust

19/08/2016 08:07 EDT | Actualisé 19/08/2016 08:09 EDT

La démission forcée du ministre Jacques Daoust survient beaucoup trop tard pour épargner le premier ministre Philippe Couillard.

Ce fut une erreur de nommer ce politicien incompétent au ministère des Transports et de le garder en poste malgré de nombreuses controverses. Jacques Daoust n'a pas brillé en tant que titulaire de l'Économie (Investissement Québec n'avait pas de plan stratégique 18 mois après l'élection parce que le ministre l'avait rejeté), et pourtant, on l'a mis en charge du plus gros donneur d'ouvrage au Québec tout en tassant Robert Poëti sans justification.

L'ex-banquier a conclu un «deal» discutable d'un milliard de dollars avec Bombardier pour le C Series. Il a ignoré la grave crise interne qui couvait au MTQ depuis longtemps. Il a tout fait pour nuire à Uber. À la fin de la session parlementaire, le premier ministre Couillard le défendait bec et ongles à la suite de la vente du quincailler Rona à des intérêts américains.

La version officielle, maintenue par l'ex-ministre jeudi soir, c'est qu'on ne l'avait pas informé de la décision du conseil d'administration de Rona de vendre les 12 millions d'actions détenues par le gouvernement. C'était la barrière qui empêchait justement que l'entreprise passe sous la coupe de Lowe's (un mécanisme de défense mis au point par Raymond Bachand).

En juin dernier la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, écrivait pourtant que le C.A. du géant de la quincaillerie n'avait pas la «latitude» pour vendre ce bloc d'actions sans autorisation du politique. On apprenait, aussi que le ministre participait à la réunion du C.A. le 17 novembre dernier.

L'ex-PDG de Rona, Robert Dutton, a raconté publiquement avec quelle désinvolture Jacques Daoust a accueilli les efforts pour conserver la propriété québécoise de Rona.

Les indices ne manquaient pas pour retirer le portefeuille au ministre.

Sur le fond, je ne crois pas qu'une entreprise, aussi stratégique que Rona puisse être vendue à l'étranger sans que le ministre responsable, et le bureau du premier ministre, ne soient informés. Sinon, il y des coups de pied au cul qui se perdent.

À moins, bien sur, comme le soutient Québec solidaire, que Jacques Daoust ait servi de bouc-émissaire au bureau du premier ministre.

À la suite des révélations de TVA, un premier ministre, tout étonné, demande des «explications sérieuses et rapides» à son ministre. Pourquoi est-ce que cela ne s'est pas produit plus tôt?

La déclaration de Philippe Couillard était une condamnation à mort pure et simple et il a fallu attendre quelques heures avant qu'elle ne soit exécutée.

Ce gouvernement vieillit mal. Son trio économique qui avait donné la crédibilité qui manquait au gouvernement des docteurs est démantelé. Monsieur Rigueur, Martin Coiteux, a été tranféré aux Affaires Municipales et Sécurité publique après avoir purgé ses 2 ans au Conseil du Trésor.

Les libéraux profitent du fait que l'opposition officielle est en plein désarroi, mais leurs erreurs finiront par les rattraper.

Le premier ministre va-t-il rappeler des anciens au cabinet? Robert Poëti? Sam Hamad (j'en doute)? En profitera-t-il pour faire monter un député et calmer la grogne nourrie par l'arrivée des caquistes Sébastien Proulx et Dominique Anglade?

Le docteur Couillard démontre dans cette affaire qu'il est incapable de couper un membre quand la gangrène est prise.

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