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Le tango de Jean Charest

07/05/2012 11:23 EDT | Actualisé 07/07/2012 05:12 EDT
CP

Le premier ministre s'est défendu dimanche de s'être traîné les pieds dans le dénouement du conflit étudiant car, dit-il, il faut être deux pour danser le tango.

Soit, mais faut-il attendre que les libéraux se réunissent pour trouver une sortie de crise? En octobre dernier c'est devant ses militants, réunis à Québec, que le premier ministre avait concédé des vrais pouvoirs à la commission Charbonneau sur la corruption dans la construction, ce qui avait provoqué un soupir de soulagement collectif.

Après plus de 80 jours d'une crise sociale, l'entente de principe conclue avec les associations étudiantes est venue d'une suggestion des centrales syndicales et, indirectement, de Gilles Duceppe!

Les frais afférents! il fallait y penser. C'est l'implication des grandes centrales syndicales qui a changé la donne. Bien encadrés par leurs «grands frères» syndicaux, les leaders étudiants n'ont pas eu d'autre choix que de retourner sur la piste de danse.

Reconnaissons toutefois que c'est le gouvernement qui, à la surprise générale, a invité les CSN-FTQ-CSQ aux négociations de la dernière heure. C'est la marque d'un bon syndicaliste de faire rentrer son monde et les «pros» de la négociation ont bien compris que le désordre ne pouvait plus durer.

Le premier ministre a (tentativement) fermé en fin de semaine le dossier étudiants et (résolument) celui des élections hâtives.

On a soigneusement évité dimanche à Victoriaville tout triomphalisme. Le gouvernement est demeuré ferme sur la hausse des frais de scolarité mais convenu de réduire la facture totale des étudiants...si on trouve du gras dans la gestion des universités d'ici décembre.

Tout ça pour 125$ par session

Le gain pour les groupements étudiants se situe nettement du côté de l'amélioration du régime des bourses et du remboursement proportionnel, un gain déjà obtenu. Ils pourront, aussi, s'ils disent oui, sauver leur session et leur diplôme.

Le contribuable quant à lui ramassera la facture de la reprise, du temps supplémentaire des profs, des locaux... des frais afférents en quelque sorte.

Par ailleurs, Jean Charest a mis court à un certain emballement médiatique sur la tenue d'élections printanières. Pas d'élections avant la Saint-Jean-Baptiste, après on verra, aurait pu dire un autre chef.

Attendez-vous à beaucoup de spéculations sur l'avenir politique du premier ministre. Après 9 ans de pouvoir, 14 ans à la tête du PLQ, et une impopularité profonde, on le comprendrait de passer à autre chose. Il a répété à la fin de son conseil général qu'il dirigerait ses troupes lors de la prochaine bataille.

Samedi, pendant que les péquistes se mobilisaient à Québec pour une élection, certains d'entre eux évoquaient le scénario suivant: Jean Charest accepte un poste prestigieux (remplacer Abdou Diouf à la Francophonie par exemple), lance une course au leadership à l'automne, pour des élections le printemps prochain.

C'est sans doute un forme de reconnaissance des talents de danseur de leur adversaire.


LES PHOTOS DES AFFRONTEMENTS

La manif du 4 mai à Victoriaville


LES VIDÉOS DE LA MANIF

Les vidéos de la manif du 4 mai à Victoriaville