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Le gouvernement Couillard et la machine

14/10/2014 06:48 EDT | Actualisé 14/12/2014 05:12 EST

Le gouvernement Couillard se heurte à une forte résistance au changement dans la machine gouvernementale. C'est dans cette optique qu'il faut analyser le dépôt, la semaine dernière, du projet de loi 15 par le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux. Ce projet de loi met fin à une ère de décentralisation et fait du Trésor le vrai boss dans l'ensemble de l'État québécois.

La législation vise à contrôler l'ensemble des effectifs dans la fonction publique, les réseaux de la santé et l'éducation, les universités, les cégeps, Hydro-Québec,la Caisse de Dépôt et de Placement... rien ne semble échapper au regard inquisiteur du Trésor.

Sur une base régulière, les ministres, les présidents, les directeurs-généraux devront transmettre une liste de leurs employés et justifier les embauches. On veut mettre fin, par exemple, aux astuces administratives qui permettent à des employés de quitter et d'être réembauchés par la porte d'en arrière. Le Conseil du Trésor se donne le pouvoir de vérification et d'enquête, celui de renverser une décision, et pourra imposer la tutelle à un récalcitrant.

Tous les gouvernements québécois ont promis de réduire le nombre de fonctionnaires ou d'employés du Québec, sans y parvenir. On se surprend à dénombrer plus d'ETC (employés à temps complet) à la fin de chaque exercice. Les deux gros réseaux, Santé et Éducation, ne sont pas soumis actuellement aux directives du Trésor ce qui explique, en partie, cette croissance.

Le gouvernement ignore combien il a d'employés sur sa liste de paie. Les estimations varient de 500 000 à 650 000. La nébuleuse gouvernementale serait constituée, selon des relevés du Vérificateur général qui datent un peu, de quelque 500 entités. L'occasion est belle avec le départ à la retraite de 15 000 fonctionnaires de réduire cette liste.

On a vu la semaine dernière les commissions scolaires refuser d'appliquer une directive votée par l'Assemblée nationale et initiée par le Parti québécois! Les commissions scolaires ne seront pas abolies, mais une fois les élections passées, il y aura des fusions obligées. L'attitude des commissions scolaires est symptomatique de la rebellion qui couve dans certaines officines ou on considère avoir beaucoup donné.

Le gouvernement Couillard s'attendait à ce que l'appareil se braque devant des décisions difficiles, mais visiblement, la résistance est plus forte que prévu. On soupçonne que plusieurs compressions potentielles impopulaires ont été coulées aux médias par des hauts fonctionnaires.

Ajoutons au tableau le fait que certains ministres «à clientèle» sont sensibles aux pressions qu'ils subissent et cherchent à échapper au couperet. Martin Coiteux, un nouveau venu en politique, deviendra, avec la loi 15, le préfet de discipline du gouvernement.

Le but avoué du gouvernement est d'éliminer des «microroyaumes» et de mettre la machine au pas de l'austérité.

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