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Le doute référendaire

02/03/2014 06:45 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement péquiste maintient, en cette veille électorale, un certain flou sur ses intentions référendaires, advenant qu'il obtienne sa majorité parlementaire.

Le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, affirme qu'il n'est pas question de brusquer les Québécois et de les précipiter dans un automatisme. Du même souffle, il précise que «ce référendum nous le tiendrons que lorsque nous jugerons qu'une majorité de Québécois veulent faire ce vote» (les Coulisses du pouvoir). Comment juger cette volonté populaire, voilà la grande question en l'absence d'une crise politique du type échec de l'Entente du Lac Meech.

Au pouvoir, le PQ a tenu deux référendums, mais ils avaient été clairement annoncés. René Lévesque s'était engagé à en tenir un dans le premier mandat, ce fut chose faite en 1980. En 1994, Jacques Parizeau a fait campagne en bonne partie sur «l'enclenchisme» et a initié le référendum à l'automne de 1995.

L'élection du gouvernement Parizeau, une victoire plus courte que prévu, n'a pas suscité une ferveur référendaire. Le n°2 du gouvernement, Bernard Landry, avait stoppé net le référendum au printemps précédent en affirmant qu'il n'irait pas au massacre.

Jamais à court d'idées, des stratèges péquistes, dont J-F Lisée, ont lancé différentes opérations politiques, notamment une Commission itinérante sur l'avenir du Québec, pour mousser l'option. Il est vrai que le Oui est parti de 40% d'appuis pour terminer à 49%, mais ce score tient à la présence du charismatique chef du Bloc, Lucien Bouchard, qui a tiré la campagne.

La première ministre Pauline Marois a annoncé que s'il est élu, son gouvernement lancera un Livre blanc sur l'avenir du Québec. Simple hochet pour calmer ses troupes ou répétition du conditionnement de l'opinion publique de 1994, difficile à dire. Les plus récentes recrues du PQ, Sylvie Legault, Alexis Deschênes....sont de bons communicateurs capables de porter le message et ils trépignent d'impatience de se lancer en campagne référendaire, selon un article du Devoir.

Le PQ de Pauline Marois est plus pressé que celui de Bouchard et de Landry et plus raide. On n'hésite plus à parler d'indépendance, plutôt que de souveraineté, et on joue sur l'identité avec la Charte des valeurs et le renforcement de la loi 101.

Donnée non négligeable, Mme Marois aura 65 ans bientôt et on peut présupposer que ce serait son dernier mandat. Pourrait-elle passer son tour et renoncer à un référendum dans un cycle péquiste comme disait Yves-François Blanchet.

Si elle obtient la majorité en Chambre, la pression à l'intérieur du PQ pour une consultation référendaire se manifestera avec force rapidement.

Les citoyens ne sont pas friands des référendums: tant en 1980 qu'en1995, il a fallu leur forcer la main. À moins de vivre dans les cercles péquistes, l'appétit pour un référendum est nul. On comprend l'intérêt pour la chef du PQ de maintenir toutes ses options ouvertes, ne serait-ce que pour rameuter ses troupes, mais ce faisant elle maintient le doute dans le reste de la population.

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