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Le budget et le <em>pudding</em> libéral

01/06/2014 06:15 EDT | Actualisé 01/08/2014 05:12 EDT

Christian Dubé, le député caquiste, doute de la volonté du gouvernement libéral, de bouger rapidement sur l'annonce de compressions budgétaires. Il n'est pas le seul.

Depuis que le premier ministre Philippe Couillard a fait du redressement des finances la priorité des priorités, les attentes sont grandes et les décisions plutôt minces. La nouvelle administration a cherché rapidement à se débarrasser de l'étiquette de régime d'austérité pour le remplacer par, celui plus positif, de régime épris de rigueur administrative.

Le premier budget de ce gouvernement sera déposé mercredi et il devrait donner les premiers signaux qu'attendent tant la fonction publique que l'ensemble de la société. Déjà, il est qualifié de budget de transition qui préparera le vrai budget qui va cogner, celui du printemps prochain.

Un an c'est bien long et le risque c'est de laisser passer cette occasion de donner un coup de barre significatif. Tous les gouvernements ont misé sur la révision des programmes et les Québécois ont été des figurants dans ces films-là.

L'État-Provigo sous Robert Bourassa (1986), «Vivre selon ses moyens» en 1993, le déficit zéro avec Lucien Bouchard en 1996, le rapport Facal en 2005 (disparition de 200 organismes), la réingénierie avortée de Jean Charest en 2003.

Il y a donc des raisons d'être sceptiques tant les forces de résistance sont bien organisées.

Une bonne partie du travail de redressement sera confié à deux comités, celui sur la fiscalité et celui qui, de façon permanente, questionnera l'utilité des programmes. Celui sur la fiscalité est peut-être le plus important des deux, car il touchera à l'impôt et aux formes de taxation.

Durant la course au leadership du PLQ, Philippe Couillard insistait sur la nécessité de revoir la fiscalité québécoise. Les comités seront présidés par des experts qui feront des recommandations au gouvernement. Le Parti québécois n'a pas tardé à canarder ces «comités fantômes formés de non-élus». Cela laisse l'automne à ces comités pour faire le tour de la question si on veut être prêt pour un budget en février-mars.

Le gouvernement libéral compte sur son trio économique (Leitao, Coiteux, Daoust) pour passer son message de rigueur, mais il sent le besoin, à chaque fois, de se faire endosser par des experts neutres.

Dans les jours suivant sa prise du pouvoir, on a eu droit, par exemple, au rapport Godbout-Montmarquette.

Le budget de mercredi sera précédé, mardi, par la publication du rapport du Vérificateur général sur l'état des finances publiques, un mandat confié par le gouvernement au «Verif».

Cela démontre à quel point les citoyens doutent de la parole et surtout des chiffres véhiculés par les politiciens, au point d'avoir recours à des gens neutres pour soutenir le message.

Le budget de mercredi est donc important, car il devrait, normalement, concrétiser la volonté de réforme du gouvernement québécois. Le ministre de la Santé le Dr Gaétan Barrette a mentionné aux «Coulisses du Pouvoir» qu'il y aurait certaines annonces dans son secteur (le PLQ promettait de réduire la bureaucratie de 10%)

On chuchote, par ailleurs, que les commissions scolaires goûteront à la rigueur, elles qui préparent des hausses de taxes.

Comme le signalait le premier ministre Philippe Couillard en Chambre : «The proof is in the pudding». On verra si les sceptiques, tel le critique de la CAQ en finances, seront confondus par la détermination du gouvernement à réussir son pudding.

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