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L'avenir de Pauline Marois

06/04/2014 03:26 EDT | Actualisé 07/06/2014 05:12 EDT

L'élection de lundi marquera peut-être la fin de la très longue carrière politique de Pauline Marois.La chef du Parti québécois a besoin d'une victoire majoritaire qui semble, si les sondages disent vrai, hors de portée.

Si elle formait un gouvernement minoritaire, ce serait l'équivalent d'une quasi-défaite et son leadership serait remis en cause rapidement ne serait-ce pour avoir échappé cette campagne électorale.

Après avoir choisi de retarder les élections au printemps, provoqué la chute de son gouvernement, dépensé 80 millions$, outrepassé la loi sur les élections à date fixe, la première ministre sortante ne peut se contenter de se retrouver à la même place que le 5 mars, jour du déclenchement des élections.

Sans compter qu'elle aurait les mains attachées avec les partis d'opposition. Intenable politiquement..

Une défaite du PQ ,après seulement 18 mois aux affaires de l'État, scellerait le sort la première femme premier ministre du Québec. En 2012 Pauline Marois l'a emporté de justesse, 4 comtés au final, contre un gouvernement Charest usé par 9 ans de pouvoir, miné par la corruption et affaibli par sa gestion de la crise étudiante.

La campagne du PQ de 2014 passera à l'histoire comme le modèle de ce qu'il ne faut pas faire durant une campagne ou comment saboter une avance dans les sondages en 33 jours.

Seule la tenue du scrutin semble vouloir freiner la chute du PQ qui serait à 29%, selon un Léger qui date de quelques jours.

Le PQ a atteint son plancher historique aux élections de 2007, sous la houlette d'André Boisclair, avec un score de 28,35% et 36 députés. Ce dernier avait bien tenté de se maintenir en poste mais avait été évincé suite à une fronde de son caucus.

Le fait d'être relégué comme troisième parti à l'Assemblée nationale avait provoqué un électro-choc au sein de cette formation politique. Pauline Marois n'a eu qu'à cueillir la direction du PQ qui lui avait été refusée en 2005. Elle profite alors du luxe de mettre ses conditions: pas de calendrier référendaire et une remise en question de l'État-Providence.

La Coalition Avenir Québec effectue une sérieuse remontée et nul ne peut dire ou elle s'arrêtera.

La CAQ gruge du vote au PQ. Au début de la campagne la situation était inversée, PQ et PLQ se disputant le «cadavre de la CAQ».

Qui est le cadavre en cette fin de course...

L'avenir des autres chefs de parti est plus certain. Philippe Couillard peut se satisfaire d'un gouvernement minoritaire surtout s'il renverse le vote dans Roberval (5912 voix) et s'y fait élire. Défait, il demeurerait en poste pour la prochaine fois.

Assez curieusement, François Legault pourra se péter les bretelles, même s'il a moins d'élus qu'en 2012, soit 19. Quand on frôle l'extinction!

L'élection de cette année a indéniablement un caractère référendaire et démontre que les Québécois sont allergiques à un référendum ou très attachés au fédéralisme canadien.

Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour le PQ qui, disent les sondeurs, séduit les 55-64 ans (37%) mais indiffère les 18-24 ans (19%).

Le post mortem sera douloureux au PQ s'il est battu. Le ciment électoral qui a permis de faire cohabiter PKP et la gauche en son sein risque d'éclater.

La campagne électorale en citations

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