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La gestion de crise sans faute du gouvernement Marois

11/07/2013 03:23 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

Pauline Marois et son équipe de ministres ont fait preuve de beaucoup d'aplomb depuis que Lac-Mégantic a été frappé par un train fou en fin de semaine.

Jusqu'à présent, la première ministre a démontré qu'elle sait gérer une crise majeure. Elle s'est rendue rapidement sur le lieu de la tragédie avant de mobiliser ses ministres et mettre en place certaines initiatives.

Il n'y a rien comme la visite d'un premier ministre pour démontrer aux victimes qu'ils ne sont pas seuls dans le malheur. Par ailleurs, le message à l'administration publique devient alors clair: voilà LA priorité.

D'autres chroniqueurs ont souligné qu'elle avait trouvé le ton juste. Et c'est vrai. Empathique avec les gens qui ont perdu des proches, en colère à peine contenue contre ceux qui seraient à l'origine de la catastrophe. On retrouvait la travailleuse sociale qu'elle a toujours été, doublée d'une politicienne de carrière qui utilise la somme de ses connaissances.

Elle a aussi indiqué qu'elle ne laisserait pas la bureaucratie s'interposer dans l'aide directe aux gens de Lac-Mégantic.

Chacun dans leur secteur, les ministres de son gouvernement ont joué leur rôle et n'ont pas cherché à faire du capital politique «cheap» en tablant sur une querelle fédérale-provinciale, même si on constate qu'Ottawa aurait dû intervenir dans le transport ferroviaire.

Si, du côté fédéral, Stephen Harper et Christian Paradis ont su trouver les mots, le ministre des Transports, Denis LeBel, a démontré son insensibilité et son manque de sens politique habituel (Paradis, ministre de la région, était visiblement ébranlé). Faudrait pas s'étonner si le remaniement à Ottawa était l'occasion d'un nouveau défi pour le ministre LeBel.

Les relevailles à Lac-Mégantic passent par une étroite collaboration entre les deux gouvernements, car les sommes impliquées sont astronomiques. Combien de villes et villages demanderont des voies ferrées de contournement pour rassurer leurs citoyens?

La première tranche de 60 millions$ libérée par le Québec n'est qu'une première tranche, une aide de dépannage, et la facture pour décontaminer et reconstruire sera à la hauteur de la tragédie.

On serait bien mal venu d'en faire une querelle de drapeaux.

Lucien Bouchard avait marqué le Québec en s'imposant comme chef d'orchestre durant la crise du verglas et Mme Marois semble en avoir tiré des leçons.

L'insoutenable tragédie de Lac-Mégantic a révélé une autre dimension de Pauline Marois et d'un gouvernement qui sait où il va, du moins dans les circonstances actuelles.

Les libéraux avaient analysé que le congé de l'été leur procurait, automatiquement, un bonus de 4 points dans les sondages, sans raison apparente, sinon de se faire oublier durant les beaux jours.

Pour le moment c'est un sans faute du gouvernement en terme de gestion de crise.

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