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La session de la petite révolution

14/09/2014 06:46 EDT | Actualisé 14/11/2014 05:12 EST

La session parlementaire qui reprend mardi à Québec définira le gouvernement Couillard.

Après le 7 avril, le nouveau gouvernement a mis en place son administration et annoncé une ère d'austérité, ou de rigueur, aux contours peu définis. Tout cela demeure encore bien virtuel.

Au sein du gouvernement, on affirme maintenant que les Québécois sont à l'aube d'une «petite révolution». Pour démontrer le sérieux de la démarche, on n'hésitera pas à s'attaquer à certains «symboles», fait-on valoir.

Le principal adversaire du gouvernement libéral, c'est le scepticisme des électeurs. Les différents partis leur ont tellement fait miroiter qu'on allait réduire la taille de l'état, «brasser la cabane», que les gens n'y croient plus. La «réingénierie» de Jean Charest en 2003 a fait long feu tout comme la volonté bien éphémère de Pauline Marois de mettre fin à l'État-providence.

C'est dire, par conséquent, que le cabinet Couillard n'attendra pas les recommandations des deux commissions sur les programmes et sur la fiscalité pour agir. Le gouvernement s'est fait reprocher par l'opposition de «sous-contracter» des décisions difficiles et de nature politique à des groupes de travail. Il veut démontrer qu'il n'est pas paralysé entre-temps et que c'est lui qui décide.

Il faut s'attendre à des annonces de réduction de dépenses dans les prochains jours. Trois ministères sont sur le grill: la Santé, l'Éducation et la Famille. La forme des annonces n'est pas définitive, mais elles se feront par tranches, si on veut, et non en bloc, comme cela se fait dans un budget par exemple. L'objectif est de disséminer la grogne qui ne manquera pas de se manifester.

Les compressions à venir ont été abordées au caucus des députés au Manoir Richelieu et ont passé l'étape du conseil des ministres. La situation budgétaire du Québec ne s'est pas améliorée et les agences de crédit soufflent dans le cou du gouvernement pour qu'il réalise ses prévisions à court terme.

Si aucune entente ne survient avec les médecins spécialistes - l'étalement de leur rémunération a été budgété - une loi spéciale est envisagée.

La contestation du projet de loi 3 sur les régimes de retraite des policiers et pompiers donne un avant-goût de la mobilisation des lobbies.

Il sera intéressant, par ailleurs, d'observer le comportement de certains ministres plus chancelants.

Yves Bolduc, ministre de l'Éducation, a tout fait durant l'été pour se coiffer du bonnet d'âne. Il sera sous surveillance.

Incidemment, c'est la première fois, depuis bien des années, qu'un gouvernement du PLQ n'a pas à vivre avec une commission d'enquête sur la construction et ses révélations. La commission Charbonneau n'a pas porté ce coup mortel aux libéraux que leurs adversaires appelaient de tous leurs vœux.

Le Québec a frappé le mur budgétaire en 1982 et 1997, comme l'a rappelé Philippe Couillard. En 1982 le PQ de René Lévesque a réduit brutalement de 20% le salaire des fonctionnaires et renié sa signature, une décision qui a provoqué des manifestations violentes. En 1997, Lucien Bouchard, confronté à une impasse financière, a misé sur un consensus social pour faire avaler le déficit zéro lors d'un Sommet socio-économique. L'erreur a été, dans ce cas, de laisser filer à la retraite des milliers d'infirmières et de médecins, un exode qui a déstabilisé le système de santé.

Cette session imprimera la marque du gouvernement libéral pour les quatre prochaines années. Les libéraux sont persuadés que les Québécois sont mûrs pour une «petite révolution». L'automne s'annonce venteux si cela se concrétise.

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