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La quête de la majorité

04/03/2014 08:30 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Si la majorité parlementaire est à portée de main du Parti québécois, cela tient au fait que Pauline Marois a repris l'initiative du débat et unifié son parti comme peu de chefs péquistes l'ont fait auparavant. Cette élection sera en effet celle de la majorité recherchée. On peine à croire que le PQ était au bord du précipice il y a deux ans et décrié il y a 6 mois.

Après un début de mandat catastrophique, le gouvernement péquiste s'est resaisi à l'automne et a joué la carte identitaire tout en se lançant dans un activisme économique. La Charte des valeurs a battu le rappel des nationalistes et des fédéralistes mous dont plusieurs s'étaient stationnés à la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Il faut reconnaître que la stratégie a fonctionné. Dans cette logique de contrôle de l'agenda, la première ministre minoritaire n'attendra pas d'être renversée par l'opposition sur le budget mais ira chez le lieutenant-gouverneur dissoudre le Parlement, 18 mois après son élection.

Les deux grands partis, PQ-PLQ, feront donc campagne «sur le cadavre de la CAQ» comme le disent crûment des organisateurs politiques.

Une poignée de comtés, cinq en fait (54-49), départagent les péquistes et les libéraux et des comtés prenables sont dans les zones caquistes.

Le Parti libéral de Philippe Couillard a marqué des points cette semaine avec les candidatures de Hélène David dans Outremont, François Blais (ex-doyen de la faculté des Sciences sociales) dans Charlesbourg et le controversé Dr. Gaétan Barrette dans LaPinière.

«On fonctionne par trio», note une source libérale «en éducation, santé et économie».

Le trio santé est connu, celui de l'éducation reste à compléter, celui de l'économie inclut Jacques Daoust (ex-président Investissement Québec), Martin Coiteux, économiste de renom, et, surtout, Carlos Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne qui a l'avantage d'avoir ses entrées dans les médias.

Les libéraux jubilent, convaincus d'avoir corrigé leur principale faiblesse sur le flanc économique. Ils estiment que la candidature de Leitao est plus forte que celle de Raymond Bachand ou de Monique Jerome-Forget, c'est-à-dire les espoirs qu'il place en celui qui a hérité du comté de Robert-Baldwin.

Le PLQ conserve donc son pouvoir d'attraction, pouvoir couplé à un mouvement ABP (Anybody But Pauline) qui fait du millage dans certains milieux.

La CAQ a perdu successivement sa présidente, son organisatrice, son champion de l'intégrité (Jacques Duchesneau) et le Dr. Barrette leur a fait un pied-de-nez cette semaine.

Dommage pour ce parti qui a démontré un grand sens des responsabilités dans son rôle ingrat de troisième voie politique. Nous allons mener une anti-campagne sans promesses mirobolantes disait cette semaine François Legault mais «est-ce que les Québécois vont nous croire» (quand la CAQ promet des décisions impopulaires).

Bonne question mais les vautours rôdent si bien que ce parti se battra avec l'énergie du désespoir.

Une campagne électorale est faite d'imprévus et de rebondissements en temps normal et il faut ajouter ce printemps le travail de la Commission Charbonneau et de l'UPAC qui peut changer la donne pour les vieux partis de manière brutale.

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