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La police et le pouvoir

15/04/2016 05:31 EDT | Actualisé 16/04/2017 05:12 EDT

Il y a lieu de s'interroger sur le rôle récent du pouvoir policier dans la politique québécoise.

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a été créée pour traîner les corrompus et les magouilleurs devant les tribunaux et c'est ce qu'il fallait faire pour changer un système gangréné.

Des événements récents soulèvent des doutes sur l'étendue du pouvoir policier.

D'abord, l'UPAC a choisi de saboter la présentation du budget Leitao en portant des accusations, le jour même, soit le 17 mars, contre l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté et compagnie.

Le dépôt de ces accusations aurait pu se faire le lendemain sans que la Justice en souffre.

En parallèle, on suivait l'invraisemblable saga du renouvellement du mandat de Robert Lafrenière à la tête de l'UPAC. Celui-ci cherchait à ce moment-là à conserver son poste.

Il indique entre autres, en conférence de presse, que son Unité mène des enquêtes dans 46 dossiers, une donnée de nature à foutre les jetons à toute la classe politique. Après des jours de flottement, le mandat du superpolicier à été prolongé.

Si le gouvernement Couillard avait décidé de le remplacer, il aurait été accusé de vouloir étouffer les enquêtes sur le financement des partis politiques.

Par la suite, des journalistes de la Tribune de la presse ont été contactés par un certain «Pierre» qui affirmait détenir la preuve qui sera soumise en cour dans l'affaire Nathalie Normandeau: un CD avec 1500 pages. Ce dernier était prêt à remettre le tout à des journalistes.

Cette histoire n'est pas allée plus loin parce que la source à craint d'être identifiée dit-on. Certains y ont vu une manœuvre pour faire dérailler le procès très attendu de Nathalie Normandeau.

L'ex-ministre Sam Hamad est tombé après que l'émission Enquête ait dévoilé des courriels qui ont circulé entre la compagnie Premier Tech et le personnel politique du ministre (ces courriels n'émanaient pas de Sam Hamad). Comment ces courriels ont-ils été obtenus? La logique veut que ce soit lors de perquisitions policières.

Sam Hamad a été coprésident de la campagne au leadership de Philippe Couillard qui, incidemment, a fort mal géré cette crise.

À ma connaissance il n'y a pas eu d'enquête déclenchée sur ces fuites.

Si les policiers ont des preuves solides contre des élus ou des organisateurs, ils doivent les soumettre aux tribunaux qui vont les sanctionner. Il ne faudrait pas qu'un élément de preuve faible serve à recourir, en lieu et place, au tribunal de l'opinion publique.

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