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La motion PKP

08/10/2014 10:21 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

Trois des partis à l'Assemblée nationale ont tout intérêt à étirer le débat sur Pierre Karl Péladeau et le fait qu'il refuse de se départir de son groupe de presse.

La motion qui sera votée jeudi rassemblera les 70 libéraux, les 20 caquistes et les 3 solidaires. Cela fait beaucoup de monde et la pression sera forte sur le député péquiste.

Il est déjà acquis qu'une commission parlementaire se penchera sur les modifications à apporter au code d'éthique des élus et siègera en novembre. Il faut prévoir, par la suite, un projet de loi, des consultations. Le cas PKP demeurera dans le paysage politique durant la majeure partie de la course au leadership du Parti québécois, à moins bien sûr, que l'on réussisse à concocter une solution qui ferait l'affaire de tous, y compris le député de Saint-Jerôme.

Les libéraux et les caquistes savaient que le fait que PKP contrôle un conglomérat qui domine l'information au Québec constituait une bombe à retardement, comme l'a souligné Jean-François Lisée. On préparait des arguments de part et d'autre.

Les libéraux auraient sans doute souhaité qu'elle éclate plus tard, en plein milieu de la course, ou mieux, une fois PKP, président du PQ. Mais voilà que Lisée a voulu jouer le rôle de démineur (ce qui sert ses intérêts bien évidemment) et la Coalition avenir Québec a saisi l'occasion pour présenter une motion au caractère solennel.

Dans cette affaire, le Parti québécois fait preuve d'un aveuglement affligeant lui qui a forcé le ministre David Whissel à quitter la politique. Pour mémoire, Whissel avait confié à une fiducie sans droit de regard ses parts dans l'entreprise d'asphaltage appartenant à sa famille. Cette solution a été jugée insuffisante par le PQ qui, Agnès Maltais en tête, a sommé le ministre de choisir entre la politique et l'entreprise familiale, ce qu'il a fait. Julie Boulet et Pierre Arcand ont aussi vendu des actifs.

Agnès Maltais, leader parlementaire de l'opposition officielle, croit que c'est la popularité de PKP qui explique l'alliance PLQ-CAQ. Inversement, on peut se demander si ce n'est pas cette popularité qui empêche le PQ de constater qu'un élu, candidat possible au poste de chef et aspirant premier ministre ne peut continuer d'exercer un tel pouvoir d'influence dans les médias.

Durant sa courte allocution mercredi, Pierre Karl Péladeau a lâché une phrase révélatrice : «Je dois avouer que je n'avais pas envisagé le scénario que fut le 7 avril...», ajoutant «ma réflexion est ouverte», comme s'il avait des regrets. Il se voyait sans doute ministre dans un cabinet Marois, bien placé pour être candidat à sa succession. Les électeurs en ont décidé autrement.

Quant à Jean-François Lisée, il a réussi en une semaine, à placer PKP et Bernard Drainville sur la défensive.

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Pierre Karl Péladeau à Saint-Jérôme

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