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GND, un révolutionnaire au salon (bleu)

09/06/2017 01:07 EDT | Actualisé 09/06/2017 01:07 EDT

Le député Gabriel Nadeau-Dubois a fait son entrée à l'Assemblée nationale en décrivant l'austérité budgétaire comme une chose «illégitime» infligée au bon peuple.

Voici ce qu'il a dit lors de son premier discours à titre de député de Gouin: «mais, certains ont décidé, de leur propre initiative, d'infliger aux gens d'ici une cure d'austérité tout aussi illégitime».

Auparavant, il avait parlé de la Grèce et du dégraissage imposé à ce pays par la Troïka de ses créanciers.

Illégitime? De leur propre initiative? Faut-il rappeler au nouvel élu que le thème dominant de la campagne électorale de 2014 a été la nécessité de retrouver l'équilibre budgétaire ? Le PLQ, la CAQ et même le PQ, qui avait raté l'objectif durant ses 18 mois au pouvoir, se sont engagés sur la voie du déficit zéro durant la campagne électorale.

Ils ont récolté, ensemble 90% du vote (QS- 7%) et les libéraux ont formé un gouvernement majoritaire. Les électeurs savaient pertinemment qu'il y aurait des pleurs et des grincements de dents après cette élection.

On peut ergoter sur la manière libérale de comprimer les dépenses, mais l'objectif était clair et démocratiquement exprimé. Peu importe quel parti allait gouverner le Québec, le coup de barre était inéluctable.

Quant au déficit zéro et à sa loi, il n'a pas surgi du néant. C'est le premier ministre péquiste Lucien Bouchard qui a sifflé la fin de la récréation en 1996, un an après le référendum. Pour y parvenir, le Québec a organisé 2 sommets socioéconomiques avec la société civile, incluant la Troïka syndicale. Dans un jeu de «give and take», les participants ont fixé un objectif de 3 ans pour équilibrer les finances du Québec.

QS et GND, qui ne jurent que par l'assemblée constituante, devraient apprécier cette forme de démocratie élargie qui a donné des résultats à court terme.

Le nouveau député de Gouin a également justifié cette semaine le recours à la désobéissance civile. Ce faisant, iI sape l'autorité de l'Assemblée nationale, une institution dans laquelle il s'est fait élire. GND est maintenant un législateur et sa responsabilité est de faire respecter les lois. Les partis d'opposition vont dénoncer une législation, une loi spéciale par exemple, mais une fois adoptée, ils vont demander aux citoyens de s'y conformer.

À moins, bien sûr, que nouvel élu ne soit tout simplement à la recherche d'une tribune pour pousser son discours de gauche.

D'aucuns voient en GND la réincarnation de René Lévesque. Lui-même a terminé son laïus sur l'avènement de la République du Québec qui fera de nous «quelque chose comme un grand peuple», phrase célèbre de l'ex-premier ministre.

Lévesque était, d'abord et avant tout un démocrate, qui a encaissé dignement le NON du référendum de 1980. Il n'a jamais hésité à prendre de front le parti qu'il avait fondé pour défendre ses idéaux, notamment quand il a observé une dérive felquiste.

Durant le printemps de 2012, GND s'est toujours présenté comme le porte-parole docile de la CLASSE, incapable de dénoncer les gestes de violence.

Durant le printemps de 2012, GND s'est toujours présenté comme le porte-parole docile de la CLASSE, incapable de dénoncer les gestes de violence.

Les libéraux ont rapidement tiré parti de l'élection du nouveau député solidaire pour embêter Jean-François Lisée. À sa toute première question sur le dossier constitutionnel, le premier ministre Philippe Couillard a bondi sur ses pieds s'est fait le plaisir de lui répondre.

Les jours suivants, le premier ministre soulignait l'arrivée «d'un nouvel acteur très éloquent qui parle de son sujet avec beaucoup plus d'habileté»... soulignant «ils (le PQ) ne sont plus seuls dans l'arène, il y a une autre voie, une voie plus jeune, une voie plus large».

Les libéraux vont donner au GND toute la glace dont il a besoin pour embêter le PQ, espérant que QS ramène le débat sur le référendum.

Le rebelle de 2012 siège donc dorénavant avec ceux qui, à ses dires, ont trahi le Québec depuis 30 ans. Il a connu sa première récupération politique.

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