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Drainville s'est disqualifié

03/05/2014 03:38 EDT | Actualisé 03/07/2014 05:12 EDT
PC

Bernard Drainville veut se distancier de la Charte des valeurs. On le comprend. Son comportement dans cette saga devrait le disqualifier comme aspirant-chef du Parti québécois.

La chronologie des évènements démontre ce que beaucoup de gens avaient subodoré, une opération politique montée par le gouvernement Marois pour faire grimper son appui populaire, quitte à provoquer des déchirements dans la société et à exacerber des sentiments xénophobes.

Que le gouvernement n'est pas demandé d'avis juridique et, pire, fait croire qu'ils existaient, est carrément scandaleux.

Le projet de loi sur la Charte des valeurs a été présenté sans qu'aucune étude ne vienne justifier son existence. Pour faire passer cette limitation des droits, l'ex-ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne (???), avait enrobé son discours de justifications fumeuses sur les droits des femmes notamment.

Il a mené une consultation bidon à l'automne qui a recueilli des milliers de commentaires dont on ignorera toujours le contenu réel. Ce qui a été rendu public, c'est un résumé statistique qui a permis au ministre de se péter les bretelles en Chambre sur cet exercice dit sans précédent.

La commission parlementaire sur la Charte a tourné à la bouffonnerie. On a sciemment placé des mémoires costauds, mais défavorables, plus loin dans le calendrier parlementaire. Ce sont des fuites dans les médias qui ont permis de connaître le point de vue du Barreau, de la Commission des droits de la personne, des hôpitaux....Pendant ce temps, la commission accordait de la visibilité aux Pineault-Caron, aux druides, aux citoyens qui ont peur des zombies.

On avait sans doute calculé que le déclenchement des élections hâtives allait repousser des témoignages embarrassants.

Du haut de sa brève carrière politique, l'ex-ministre ministre a traité avec dédain les mises en garde adressées par Lucien Bouchard, Jacques Parizeau, Gilles Duceppe sur l'interdiction des signes ostentatoires. D'ailleurs, dès le début des travaux de la commission parlementaire, il avait indiqué qu'il n'avait pas l'intention de «diluer» son projet de loi.

Les deux débats télévisés de la campagne électorale ont démontré, de façon convaincante, que le gouvernement péquiste aurait pu aisément donner une Charte au Québec et que tout le reste n'est que calcul politique nauséabond.

Après avoir maintenu que la Charte était légale, Pauline Marois concédait, en fin de campagne, que son gouvernement pourrait utiliser la clause dérogatoire!

Pauline Marois a tiré un trait sur sa carrière politique et a emporté avec elle ses manigances.

Le soir du 7 avril, Bernard Drainville s'est positionné, dans un discours marqué par le déni, comme l'un des prétendants au leadership péquiste.

Dans les coulisses du Parlement, plusieurs le désignaient comme le ministre de la Démagogie. La suite des choses leur donne raison.

Dans la recherche d'un chef, les péquistes devraient y penser deux fois avant de se jeter dans les bras d'un politicien retors qui nous a menti avec tant de suffisance.

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