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Hydro, c'est trop

07/08/2013 09:06 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

Les contribuables sont en voie de se faire rattraper par deux décisions du gouvernement Marois: la hausse des taxes scolaires et celle, à venir, de l'électricité.

L'augmentation du compte de taxe scolaire était inévitable. Québec a pelleté une partie de son problème budgétaire dans la cour des commissions scolaires qui se sont empressées de nous refiler la facture. Marie Malavoy, ministre de l'Éducation a réagi avec une grande désinvolture devant la grimace affichée par des gens qui venaient d'ouvrir leur courrier. En entrevue, elle se réjouissait presque de constater que les administrations scolaires touchent le plafond prévu par la loi.

Par ailleurs, l'éolien a un coût qui se retrouvera tôt ou tard sur notre facture d'hydroélectricité. Le gouvernement péquiste a décidé de poursuivre la politique des libéraux et de soutenir cette filière en subventionnant indirectement les emplois.

Il a donc lancé 2 appels d'offres pour acheter des kilowatts produits par le vent. Hydro-Québec, qui doit composer avec d'importants surplus, a dû acheter de l'électricité à 10 cents du kilowattheure alors qu'elle vend son courant à 4 cents aux USA. Cette année seulement, c'est une perte de 500 millions$.

La politique énergétique du Québec tenait la route quand le prix du kilowatt était élevé mais la situation a changé dramatiquement. L'exploitation du marché du gaz de schiste a fait tomber le prix du gaz naturel, ce qui rend l'électricité moins concurrentielle dans un avenir prévisible.

Hydro demande à la Régie de l'énergie de lui accorder une hausse de 3,4% le 1er avril auquelle il faut ajouter un 2%, déjà demandé, pour une facture haussée potentiellement de 5,4%.

C'est trop et, pour utiliser une expression coutumière au PQ, c'est régressif.

Même s'il jouissent de tarifs exceptionnels, les Québécois sont réfractaires à toute hausse déraisonnable car ils savent que ce monopole a été bâti avec leur argent et s'attendent, donc, à un traitement de propriétaire.

Avec sa politique éolienne le Québec a, dirait-on, une danse de retard sur l'évolution du marché. Le but est de soutenir l'économie de la Gaspésie qui s'était mobilisée au printemps pour forcer le gouvernement à lancer ces appels d'offres.

Ce soutien est peut-être justifiable (on fait souvent le parallèle avec les alumineries) mais il a un prix déjà élevé pour l'ensemble des Québécois.

Soulignons que les 5 comtés, à l'est de la péninsule, ont voté pour le PQ qui leur a fait bien des promesses.

Québec se retrouve aussi en pleine contradiction: il a annulé tous les projets de minicentrales, pour des motifs de surplus énergétiques et de non-rentabilité, mais maintenu le seul, Val-Jalbert, situé dans une région «bleue»à souhait.

Le PQ s'est fait élire sur des promesses de baisses d'impôt (impôt-santé) et un gel des tarifs (le bloc patrimonial par exemple) mais, un an plus tard, la facture continue d'augmenter.

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