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Un départ embêtant pour le PLQ

26/08/2013 05:50 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

Raymond Bachand a choisi le bonheur. Son départ de la vie politique est très embêtant pour le Parti libéral du Québec qui perd son porte-parole le plus crédible et le plus redouté en matière d'économie.

Depuis l'an dernier, son parti a été chassé du pouvoir et il a subi une humiliante défaite dans la course au leadership, le dernier des trois candidats avec 19,5% des votes.

Il est resté pour éviter une fracture au sein des libéraux mais, visiblement quelque chose était cassé. En confirmant sa démission en tant que député d'Outremont il a cité ...Pauline Marois qui avait renoncé à la politique en soulignant que «le coeur n'y est plus».

C'est durant ses vacances estivales qu'il aurait pris sa décision, dit-il. À 65 ans, il a le temps de se refaire une après-carrière dans le monde des affaires et il aimerait s'occuper de sa famille bien sûr, comme le disent tous les démissionnaires, et siéger sur des conseils d'administration.

Venu sur le tard en politique, Raymond Bachand est un politicien atypique. Un souverainiste qui a travaillé dans l'ombre de René Lévesque et de Pierre-Marc Johnson et financé le PQ jusqu'en 2003, avant de conclure que, la souveraineté, c'était de l'histoire ancienne.

Son recrutement par Jean Charest avait fait beaucoup de bruit à l'époque. Raymond Bachand se décrit comme un social-démocrate et il avait fait tiquer en présentant son premier budget comme une «révolution culturelle».

Il avait semé la consternation quand il avait affirmé «que la finalité, ce n'est pas d'équilibrer le budget, mais, c'est d'être heureux comme peuple». Dans la bouche du ministre des Finances, cette déclaration jovialiste avait fait sourciller.

Raymond Bachand a présenté trois budgets durs destinés à redresser les finances de l'État. Il a haussé la TVQ, la taxe sur les carburants, le tarif d'électricité, les droits de scolarité, introduit la contribution-santé. etc. et tracé le sillon dans lequel s'est glissé son successeur, Nicolas Marceau.

Il était dans l'oeil de la tempête lors de la crise économique de 2008 que le Québec a traversée sans trop de dégâts. Il faut lui reconnaître le mérite d'avoir conclu une entente avec le fédéral sur l'harmonisation TPS--TVQ qui a rapporté 2,2 milliards$ et permis au Québec de souffler un peu.

Jean Charest a eu le flair de recruter en dehors de la famille libérale et dans le monde des affaires comme Robert Bourassa avec les Paul Gobeil, Pierre MacDonald, Pierre Fortier, André Vallerand. Avant de se présenter, Raymond Bachand faisait partie du Québec Inc, à la direction du Fonds de Solidarité, Culinar, Metro-Richelieu, Secor.

Pierre Paradis fait un retour en force et devient critique en matière de finances.

Il n'a pas le profil de Raymond Bachand mais sa mission sera tout simplement de «chauffer» le gouvernement sur son bilan.

La démission de Raymond Bachand révèle une grosse brèche dans l'équipe économique libérale. Alain Paquet, doit-on rappeler, ex-ministre délégué aux Finances, a été battu par Léo Bureau-Blouin dans Laval-des-Rapides.

Tout ça, au moment où le PLQ donne à gauche et lance de grands débats.

Philippe Couillard aurait intérêt à recruter une grosse pointure dans Outremont ou Viau, il est à découvert sur le flanc économique. L'ex-ministre des Finances a choisi d'être heureux.

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