Donald Charette

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Le retour du caribou

Publication: 23/08/2012 00:04

Pauline Marois a dominé la première partie du dernier débat électoral contre Fançois Legault...avant de trébucher sur l'économie et la tenue d'un référendum. Les 2 anciens collègues, séparés par la politique, ont mis du temps à se réchauffer et je ne suis pas convaincu que le chef caquiste aurait du insister tant sur le plafond de dépenses des partis politiques en campagne électorale. Il y a d'autres sujets de préoccupation au Québec que le coût des pubs.

Bien préparée, celle qui aspire à devenir première ministre a opposé son «équipe» au «trio d'incorruptibles» de la CAQ. Elle a affirmé avec force «qu'il n'y a pas d'argent sale au PQ», malgré les prétentions de Jacques Duchesneau.

On a appris ausi que François Legault a quitté la politique parce qu'il refusait de poser certains questions en Chambre, désaprouvant certaines stratégies du «rat pack» et du PQ obsédé par la souveraineté.

Surtout, la chef du PQ a fait valoir ses états de service, et a rappelé les luttes qu'elle a menées durant sa longue carrière de 30 ans. Profitant du fait qu'elle s'adressait directement aux indécis elle a posé comme la leader rassurante qui a fait le ménage «en douceur» sans dresser les syndicats contre elle. C'est elle qui a aussi réduit de moitié le nombre de commissions scolaires au Québec, devait-elle rappeler.

En l'absence de Jean Charest elle a récupéré le thème de la stabilité tranquille face au chaos que provoquerait l'élection d'un gouvernement caquiste. Une travailleuse sociale face à un comptable. Usant de démagogie, elle a décrit son adversaire comme quelqu'un qui hait les syndicats et les agresse sans cesse.

Décidément, ses tirailements avec Jean Charest lui ont appris certains trucs. En contre-partie François Legault lui a asséné qu'elle était «la reine du statu quo», incapable de défier ses alliés naturels. Il lui a reproché à plusieurs reprises. à juste titre, de ne pas avoir fait connaître le cadre financier de ses promesses.

Elle a joué d'audace en proclamant qu'elle ne règlerait pas le problème des urgences en 4 ans. Les patients des hôpitaux pourraient conclure qu'elle met la barre un peu basse, d'autant qu'elle juge impossible de faire travailler les médecins sur un horaire de 7 jours, comme le propose la CAQ.

Sur la question des fonds de pension qui grèvent le budget des municipalités elle s'est montrée évasive et a sorti une solution fourre-tout: un consensus. On s'attendait à ce que Mme Marois sorte l'artillerie lourde sur la question nationale pour dénoncer le retournement de son ancien frère d'armes devenu un partisan du NON.

Mais voilà qu'elle s'est embrouillée dans le segment qui devait l'avantager. On ne savait plus si un gouvernement péquiste serait lié ou non par un référendum d'initiative populaire inscrit dans le programme. A la fin du débat elle a d'abord indiqué qu'elle ne bloquerait pas une telle initiative. En point de presse quelques minutes plus tard elle a été contrainte de préciser que ce référendum serait purement consultatif, ajoutant que le gouvernement garde toute sa latitude!

«Vous voulez nous projeter dans le ravin avec les caribous, c'est la pire chose qui peut nous arriver, perdre un autre rérendum» de se scandaliser François Legault qui a repris l'avantage du débat...

Selon lui, Mme Marois a laissé le contrôle du calendrier référendaire aux purs et durs du parti. Dans l'histoire chaotique du PQ les «caribous» désignaient les souverainistes pressés qui défendaient une stratégie jugée suicidaire. On avait découvert que des milliers de caribous avaient plongé vers la mort dans le Grand Nord. L''image est restée dans le discours politique.

Jacques Parizeau aurait conclu sans doute que Mme Marois s'est «autodepelurebananisée» sur ce sujet explosif. Aux électeurs maintenant de juger la partie du débat qu'ils retiendront pour la suite des choses.

 

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