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Couillard, la faille dans l'armure

07/06/2016 08:51 EDT | Actualisé 09/06/2017 05:12 EDT

La session parlementaire qui tire à sa fin à Québec aura démontré que le premier ministre Philippe Couillard est soudain vulnérable aux attaques de l'opposition.

Son style impérial faisait merveille jusqu'à tout récemment. Les choses se sont mises à déraper après Anticosti et, surtout, après le remaniement raté du début janvier. Pourquoi récompenser Jacques Daoust avec les Transports alors qu'il a déçu à l'Industrie et au Commerce? Robert Poëti s'est fait tasser dans ce remaniement, mais les révélations sur les «irrégularités» au ministère des Transports continuent d'embarrasser le gouvernement.

Le premier ministre a lui-même démantelé le trio économique qui était la caution «business» de son administration, le seul survivant étant Carlos Leitao, discret, aux Finances. Le trio médical (Couillard-Barrette-Iglesias) est demeuré intact pendant que l'économie était confiée à une outsider (Dominique Anglade). Quant à Rita de Santis qu'est-ce qui lui a valu un siège au conseil des ministres?

Depuis il y eu l'affaire Hamad, la crise au MTQ, la saga Uber, la vente de Rona, le projet de loi 59. Les libéraux ont été obligés de larguer deux de leurs projets majeurs, soit le projet de loi 59 sur les discours haineux qui faisait l'unanimité contre lui, et la réforme des commissions scolaires.

Dans le cas d'Uber, c'est la pression populaire qui le force à ouvrir la porte à un projet-pilote.

Ajoutons le torpillage en règle de l'entente avec Pétrolia pour compléter le portrait. Les libéraux que je rencontre disent tous, consternés, qu'ils ne se reconnaissent plus dans ce PLQ qui s'attire les éloges de Guy Chevrette et de Manon Massé.

On a même senti un vent de rébellion chez les jeunes libéraux et des députés ministériels ont osé élever la voix après la comparution de la sous-ministre Dominique Savoie en commission parlementaire.

La vente de Rona à l'américaine Lowe's est revenue à la surface et le ministre Jacques Doust est de moins en moins convaincant quand il affirme qu'il n'a pas autorisé la vente d'actions détenues par Investissement-Québec (il a rencontré le CA le jour de la vente).

Le premier ministre n'a rassuré personne en soutenant, en Chambre, il y a quelques jours que vendre c'est «se libérer d'un risque».

Pressé de questions mardi par le PQ et la CAQ, Philippe Couillard les a invités à aller chercher les réponses... en commission parlementaire. Quoi? Personne n'a vérifié et n'est en mesure de fournir les informations aux élus en Chambre?

Les partis d'opposition ont trouvé la faille dans l'armure de Philippe Couillard et dénoncent son leadership. François Legault, chef de la CAQ, martèle que le PLQ n'est plus le parti de l'économie et cherche à coller l'étiquette de «nonchalant» au chef du gouvernement.

La seule bonne nouvelle au cours de cette session pour le parti au pouvoir aura été la hausse de la cote de crédit du Québec. On comprend le premier ministre Couilard de s'en faire un bouclier.

Philippe Couillard peut profiter du fait que l'opposition officielle n'a pas de chef et que Pierre Moreau (il combat la maladie) n'est pas là pour lui souffler dans le cou. Dans le cas contraire, bien des libéraux se demanderaient s'ils ont choisi le bon champion.

Le gouvernement libéral ne pourra se permettre une autre session aussi calamiteuse.

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