Donald Charette

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Équipe Marois: et l'économie?

Publication: 19/09/2012 21:03

Le conseil des ministres de Pauline Marois annonce un gouvernement résolument souverainiste, plutôt vert, dont le parent pauvre est l'économie.

La nouvelle première ministre a choisi de nommer ses disciples, ceux qui lui ont permis de traverser la tempête, dans des postes de ministres stratégiques. Nicolas Marceau aux Finances, Marie Malavoy à l'Éducation, Stéphane Bédard au Trésor, Bertrand Saint-Arnaud à la Justice, Sylvain Gaudreault aux Transports ET Affaires municipales...tout en faisant monter une nouvelle génération (Ouellet, Drainville, Duchesne, Lisée..) au cabinet.

C'est la structure même de ce nouveil conseil des ministres qui m'embête. Le Parti québécois au pouvoir a toujours la manie de refaire le monde et de changer ce qui marche plutôt bien.

Par exemple, il est hasardeux pour le moins de mettre sur les épaules de Sylvain Gaudreault, qui n'a jamais été ministre, deux gros ministères: Transports et Affaires municipales et Régions tout en lui confiant le mandat, c'est une surprise, de transformer les Transports en une Agence.

Nicolas Marceau sera responsable des Finances ET de l'Économie. Ce sont généralement deux fonctions distinctes et sous les libéraux nous avions un ministre du Développement économique (Sam Hamad). Le PQ a toujours eu un faible pour les Superministères. Le job des Finances consiste surtout à vendre un budget et M. Marceau, quoique compétent, n'est pas un communicateur-né.

Elaine Zakaib, une néophyte en politique qui vient du Fonds de Solidarité, l'épaulera comme ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de Développement économique du Québec annoncée durant la campagne.

Cela constitue, à première vue, une ligne d'attaque assez faible sur le front économique. Quant au Commerce extérieur, tout comme le dossier Montréal, il relèvera de J-F Lisée aux Relations internationales.

Aux Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, sera le négociateur du Québec pour les affaires régulières de la fédération mais il aura le mandat, en même temps, de mettre en place la gouvernance souverainiste, ce qui peut sembler un tantinet contradictoire.

A la Culture et Communications, Maka Kotto a reçu le mandat de Mme Marois de rapatrier tout son secteur sous contrôle d''Ottawa. Cela ressemble à un voeu pieux dans un gouvernement minoritaire.
L'Éducation a été scindée pour permettre à un nouveau-venu, Pierre Duchesne, de s'occuper des dossiers brûlants, frais de scolarité, sommet sur l'Éducation. Associée au carré rouge, Marie Malvoy pouvait difficilement négocier avec les étudiants.

Tout à fait à sa place à l'international, Jean-François Lisée n'est pas nécessairement le meilleur ambassadeur auprès des anglo-québécois.

Un autre jeune loup, Bernard Drainville, hérite du dossier de l'identité et de la «participation citoyenne»,, Le père des référendums d'initiative populaire, qui a contredit sa chef sur cette question, sera à surveiller.
Nomination-surprise de Stéphane Bédard au Trésor, un poste capital. Suprenant aussi qu'il demeure leader en Chambre alors qu'on lui reprochait de faire monter la tension à l'Assemblée nationale! Il devra négocier avec le PLQ et la CAQ.

Sous un gouvernement Marois, l'Économie sera subordonnée à l'Environnement. Dans son discours Mme Marois a accolé le mot «durable» à celui de «prospérité». À l'Environnement elle a choisi un écologiste pur jus, Daniel Breton, flanqué de Scott Mackay, issus du Parti vert.

L'un des ministères les plus importants, les Ressources naturelles, a été remis à Martine Ouellet, une ingénieure qui a fait carrière à Hydro-Québec mais a été active dans Eau Secours et en combattant férocement l'exploitation des gaz de schiste.

Dans l'opposition elle a critiqué durement le Plan Nord et le «bradage» de nos ressources .A prévoir une revision des projets au-délà du 49ème parallèle alors que le Plan Nord sera revisité.

En formant son équipe, Pauline Marois a envoyé le message qu'elle maintenait toutes ses positions, bien que minoritaire, y compris son agenda souverainiste. Elle dit qu'il existe des «chemins de traverse» dans la démarche du Québec à la fin de son discours mais ces chemins devront être négociés, à la pièce, avec l'opposition.

 

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