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La confiance de Gérald Tremblay

25/04/2013 09:31 EDT | Actualisé 25/06/2013 05:12 EDT
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La liste des gens qui ont «trahi» Gérald Tremblay est tellement longue qu'on peut se demander dans quel monde parallèle vivait l'ex-maire de Montréal.

Gérald Tremblay réclamait depuis des mois d'être entendu par la Commission Charbonneau. Voilà qui est chose faite, du moins en partie.

Anxieux de donner sa version des faits, celui qui a perdu son poste dans la foulée des travaux de la commission, a livré un témoignage bourré d'informations et pimenté de nouveaux éléments.

Visiblement, il cherche à se départir de l'image de grand naïf qui lui colle à la peau. «Je ne suis pas naïf, je fais confiance» martèle-t-il.

Dès ses débuts à la mairie, en 2001, Guy Coulombe, le directeur général de la Ville lui mentionne que circuleraient des enveloppes brunes à l'Hôtel de Ville. Faute de preuves, Gérald Tremblay ignore cet avertissement. Quand on sait que Coulombe dirigeait auparavant la Sûreté du Québec...

Ou bien le maire de la métropole a fermé les yeux pendant son administration de 11 ans ou bien il a manqué à son devoir de vigilance.

Il a été trahi par son bras droit, Frank Zampino, qui lui avait caché ses relations avec des entrepreneurs et ses voyages «sur le bras», par Robert Abdallah, son directeur général, qui lui aussi frayait avec des entrepreneurs pendant qu'on discutait du faramineux contrat des compteurs d'eau, par Marc Deschamps, l'agent officiel d'Union-Montrléa, qui a émis un certificat de collecteur de fond qui a permis à Bernard Tépanier de continuer à collecter après son congédiement, par le chef de police, Yvan Delorme, qui aurait refusé d'enquêter sur une tentative d'extorsion de Trépanier...

La commissaire France Charbonneau a lâché à un certain moment au témoin que tout le monde semblait lui jouer dans le dos!

Il faut reconnaître, par contre, que Gérald Tremblay a eu la tête de Zampino, d'Abdallah, de l'ingénieur Robert Marcil, de Bernard Trépanier et résilié le contrat pour les compteurs d'eau, mais on garde l'impression que ce sont les révélations faites par la presse qui, chaque fois, lui ont forcé la main.

Avant de se présenter à la mairie de Montréal, Gérald Tremblay avait fait un passage remarqué en tant que ministre de l'Industrie et Commerce dans le gouvernement libéral à Québec. Il avait développé le fameux concept des «grappes industrielles» .

Durant toutes ses années à la mairie de Montréal, c'est la grappe de la collusion et de la corruption qui a connu ses belles années.

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