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PLQ, un premier débat entre copains

13/01/2013 06:49 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT
SRC

L'après-Charest a débuté dimanche pour le Parti libéral du Québec qui tenait le premier de 5 débats entre Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau.

Un PLQ bien amoché nous révélait un sondage Crop-La Presse alors que 62% des francophones ont une mauvaise opinion du parti qui a dirigé le Québec pendant 9 ans.

Ce premier débat portait sur le thème de la relève et les questions assez crues de l'animatrice Dominique Poirier ont produit d'assez bons échanges entre les 3 prétendants au poste de chef.

Des questions du genre «auriez-vous gérer la crise étudiante de la même manière?», «adopter la loi 78? ou «le PLQ a-t-il perdu son âme?».

Un débat sous le signe de la courtoisie où les points de rencontre étaient plus nombreux que les divergences profondes.

Une rencontre entre copains qui parlent politique.

Pas de KO bien sûr, pas de prises de bec, et donc pas de gagnant dans un débat où chacun tentait de se faire connaître des militants libéraux qui enverront des «slates», comme à la belle époque, lors du congrès au leadership de mars.

Les 3 aspirants s'entendent sur le non-renforcement de la loi 101, le maintien du niveau d'immigration actuel (54,000 nouveaux arrivants par année) même si les nouveaux venus ont de la difficulté à trouver un emploi, sur la hausse inévitable des frais de scolarité, sur la modulation de ces frais selon la faculté, sur le drame du décrochage scolaire.

Considéré comme le négligé dans cette course, Pierre Moreau, ex-ministre des Transports,a lancé 2 idées audacieuses: questionner la pertinence des cégeps et ouvrir l'immigration aux diplômés du Portugal et de l'Espagne, en réduisant les points attribués à la connaissance du français.

Sur les cégeps il s'est fait rembarrer par ses 2 adversaires. Selon Philippe Couillard, les collèges sont une «belle invention», même si le modèle n'est appliqué nulle part au monde, et sont des outils de développement en région.

Raymond Bachand a démontré une certaine fougue et a fait preuve de lucidité dans son laïus de départ en invitant les libéraux à «prendre bonne note du message du 4 septembre». Sur la question de la reconnaissance des diplômes il a laissé tomber qu'il fallait «casser les ordres professionnels», avant d'atténuer ses propos. Il a défendu la loi 78 qui a stoppé « d'un coup sec» la violence sur les campus.

Philippe Couillard- qui a l'avantage de ne pas avoir été au gouvernement au moment de la crise étudiante- a marqué des points en disant que la partie de la loi 78 qui encadrait les manifestations était «superflue».

Il a également provoqué des applaudissements quand il chargé le gouvernement Marois qui s'est «peinturé dans le coin» avec les carrés rouges.

Il propose, par ailleurs, que le PLQ se dote d'un code d'éthique.

Fait à noter, le nom de Jean Charest a à peine été évoqué durant ce débat. Quand Raymond Bachand affirme qu'il se serait impliqué personnellement avec les leaders étudiants, qu'il faut agir immédiatement quand des accusations sont portées contre un élu, et que la Commission Charbonneau aurait pu être mise sur pied 6 mois plus tôt, on comprend qu'il vise son ancien chef.

En concluant le débat, Pierre Moreau s'est défini comme le candidat des jeunes prêts aux remises en question Raymond Bachand celui de l'économie forte, et Philippe Couillard, du renouveau.

Les libéraux n'ont pas pour habitude se déchirer sur la place publique et le débat d'hier en une belle illustration. J'ai trouvé, toutefois, le ton de Philippe Couillard un peu trop professoral.

Les choses pourraient se corser lors des 4 prochains débats alors que débutera la sélection des délégués au congrès. La menace, pour l'image du PLQ, vient peut-être aussi de la Commission Charbonneau qui va entrer de plein pied dans le financement des partis.